Rappeler un prospect PAC depuis le 11 août 2026 : la règle des 5 jours ouvrables
Même avec l'accord du client, la prospection téléphonique reste interdite pour les PAC. Hors contrat en cours, seul le rappel d'une demande prouvée est permis.
- Depuis le 11 août 2026, l'article L. 223-1 du code de la consommation interdit de démarcher par téléphone un consommateur qui n'y a pas consenti au préalable : le consentement préalable remplace le régime d'opposition Bloctel.
- Pour les pompes à chaleur, ce consentement ne change rien : l'alinéa 5 du même article interdit toute prospection téléphonique pour les travaux d'économies d'énergie et d'énergies renouvelables, hors contrat en cours.
- Le décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026 (article R. 223-4) autorise seulement le rappel d'une demande d'information prouvée, passé dans les cinq jours ouvrables qui la suivent et limité à son objet.
- La preuve de la demande se conserve trois ans ; un appel hors cadre expose à une amende administrative pouvant atteindre 375 000 € pour une société et à la nullité du contrat conclu.
La réponse : oui, à la demande du client et dans les 5 jours ouvrables
Oui, mais dans un seul cas. Depuis le 11 août 2026, un installateur de pompes à chaleur peut rappeler un particulier qui lui a demandé une information (devis, visite technique, conseil) si la demande est prouvée, si l'appel est passé dans les cinq jours ouvrables qui la suivent et s'il ne porte que sur les biens ou services demandés (article R. 223-4 du code de la consommation, issu du décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026). La preuve de la demande s'archive ensuite trois ans. Hors de ce rappel et hors contrat en cours, tout appel commercial pour une PAC est interdit, même si le particulier a donné son accord (article L. 223-1, alinéa 5, du code de la consommation).
Ce que disent les textes en vigueur depuis le 11 août 2026
Depuis le 11 août 2026, la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 remplace le régime d'opposition (Bloctel) par le consentement préalable, dont le professionnel doit apporter la preuve (article L. 223-1). Le décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026 (Journal officiel du 25 juillet), en vigueur le même jour, en fixe les modalités : acte positif clair, consentement valable un an au plus, preuve archivée trois ans.
Pour un installateur de PAC, ce régime général n'ouvre aucune porte : le secteur relève d'une interdiction spécifique, élargie le 11 août 2026 aux prestations de service et à l'adaptation du logement :
« Toute prospection commerciale de consommateurs par des professionnels, par voie téléphonique, ayant pour objet l'offre de prestations de service, la vente d'équipements ou la réalisation de travaux pour des logements en vue de leur adaptation au vieillissement ou au handicap ou de la réalisation d'économies d'énergie ou de la production d'énergies renouvelables est interdite, à l'exception des sollicitations intervenant dans le cadre de l'exécution d'un contrat en cours au sens du quatrième alinéa du présent article. »
Code de la consommation, article L. 223-1, alinéa 5 (version en vigueur depuis le 11 août 2026)
La seule ouverture vient du nouvel article R. 223-4 :
« Pour l'application du cinquième alinéa de l'article L. 223-1, n'est pas considéré comme une prospection commerciale par voie téléphonique relative aux produits et services mentionnés à cet alinéa, l'appel d'un consommateur par un professionnel en vue de répondre à une demande d'information émanant de ce consommateur, sous réserve du respect des conditions suivantes : 1° Le professionnel peut justifier de la réalité de la demande d'information du consommateur ; 2° L'appel est passé dans les cinq jours ouvrables suivant la demande du consommateur ; 3° L'objet de l'appel ne concerne que les biens ou services pour lesquels le consommateur a demandé à être appelé. »
Code de la consommation, article R. 223-4, dans sa rédaction issue de l'article 2 du décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026
Ce qui change sur le terrain pour un installateur de PAC
Ces règles visent le démarchage de consommateurs (articles L. 223-1 et L. 223-8) ; la prospection d'une entreprise relève d'autres règles.
- Le formulaire de devis de votre site. Un particulier demande un devis pour une PAC air/eau un lundi : vous pouvez l'appeler, pour cette PAC, dans les cinq jours ouvrables qui suivent. Le délai se compte en jours, pas en semaines : rappelé le mardi de la semaine suivante, il est en principe déjà hors délai. Proposer dans le même appel des panneaux photovoltaïques qu'il n'a pas demandés, c'est revenir à la prospection interdite.
- Le lead acheté à une plateforme. Le délai court à compter de « la demande du consommateur », pas de la date à laquelle le contact vous est transmis. Exigez la date, le contenu et la preuve de chaque demande : c'est vous qui devrez la produire. Le texte ne dit pas si une demande faite à une plateforme vaut demande d'être rappelé par vous : vérifiez au minimum que le formulaire annonce le rappel par un installateur. Et si la plateforme appelle elle-même à froid, l'article L. 223-1 présume responsable « tout professionnel ayant tiré profit » de ces appels, sauf s'il démontre qu'il n'est pas à l'origine de la violation.
- Le contact pris sur un salon ou une foire. Un « rappelez-moi » oral se prouve difficilement : faites remplir une demande datée, qui précise l'équipement, et numérisez-la le jour même.
- Le client sous contrat d'entretien. L'interdiction ne vise pas la sollicitation liée à l'exécution d'un contrat en cours et qui a « un rapport avec l'objet de ce contrat », l'alinéa 4 de l'article L. 223-1 précisant : « y compris lorsqu'il s'agit de proposer au consommateur des produits ou des services afférents ou complémentaires à l'objet du contrat en cours ou de nature à améliorer ses performances ou sa qualité ». La visite annuelle se planifie donc sans difficulté. Le remplacement de la PAC ou une installation solaire proposés au titre d'un simple contrat d'entretien restent incertains : le texte ne les cite pas et, à notre lecture, ils en dépassent l'objet ; mieux vaut attendre que le client le demande. Un ancien client dont le contrat a pris fin n'entre plus dans l'exception.
- Les messages, l'e-mail, les réseaux sociaux. Ce n'est pas une porte de sortie : depuis le 2 juillet 2025, l'article L. 223-8 interdit la prospection par message (SMS, messageries), courrier électronique ou réseau social en ligne pour ces mêmes travaux, hors contrat en cours.
Calendrier : qui, quand, quoi
| Quand | Qui | Quoi |
|---|---|---|
| 30 juin 2025 | Législateur | Loi n° 2025-594 (JO du 1er juillet 2025) : consentement préalable au démarchage téléphonique et interdiction sectorielle élargie, applicables à compter du 11 août 2026. |
| 2 juillet 2025 | Professionnels de la rénovation énergétique | Article L. 223-8 en vigueur : prospection par message, e-mail ou réseau social interdite pour ces travaux, hors contrat en cours (amende et nullité, article L. 242-16-1). |
| 23 juillet 2026 | Gouvernement | Décret n° 2026-662 (Journal officiel du 25 juillet 2026) : recueil, preuve et retrait du consentement ; rappel d'une demande sous cinq jours ouvrables (article R. 223-4). |
| 11 août 2026 | Tout professionnel qui démarche des consommateurs | Nouvel article L. 223-1 et décret en vigueur : fin du régime d'opposition ; interdiction sectorielle étendue aux prestations de service et à l'adaptation du logement au vieillissement ou au handicap. |
| À chaque demande reçue | L'installateur | Rappel dans les cinq jours ouvrables, preuve archivée trois ans : une demande reçue le 12 octobre 2026 se conserve au moins jusqu'au 12 octobre 2029. |
Responsabilité et assurance : ce qui reste à votre charge
Un appel passé hors de ce cadre expose l'entreprise à trois niveaux de risque.
- L'amende administrative. L'article L. 242-16 sanctionne tout manquement aux articles L. 223-1 à L. 223-5 d'une amende pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale, avec publication de la décision aux frais de l'entreprise sanctionnée. Elle frappe l'entreprise elle-même et reste à sa charge : les contrats d'assurance excluent généralement les amendes.
- La nullité du contrat. L'article L. 223-1 est explicite : « Tout contrat conclu avec un consommateur à la suite d'un démarchage téléphonique réalisé en violation des dispositions du présent article est nul. » Pour une PAC vendue après un appel non justifié, c'est un argument tout trouvé pour un client déçu par le rendement.
- Le litige qui suit. Ces contestations peuvent s'accompagner d'autres griefs (conseil, dimensionnement, économies annoncées) susceptibles de mettre en cause votre responsabilité civile professionnelle. L'intervention de l'assureur dépend des conditions du contrat : définition du sinistre, exclusions, plafonds, existence d'une garantie défense. Le remboursement du prix de votre propre prestation n'est en principe pas l'objet d'une garantie de responsabilité.
Les preuves archivées trois ans sont aussi des données personnelles : leur fuite est un risque distinct, que peut viser une assurance cyber selon les conditions du contrat.
Ce qu'il faut faire maintenant
- Arrêter les appels sortants à froid, y compris ceux d'un prestataire ou d'une plateforme qui travaille pour vous.
- Horodater chaque demande entrante (formulaire, e-mail, demande de rappel signée) et l'archiver sous forme numérique pendant trois ans.
- Se fixer une règle plus stricte que le texte : rappel sous 48 heures ouvrées. Passé le cinquième jour ouvrable, on ne rappelle plus.
- Limiter le script d'appel à l'objet de la demande.
- Revoir les contrats d'achat de leads : transmission rapide, preuve jointe à chaque contact, engagement de ne jamais démarcher à froid.
- Couper les campagnes de prospection par SMS, e-mail et réseaux sociaux, sauf envers les clients sous contrat en cours.
- Relire votre RC professionnelle : exclusions relatives aux amendes, garantie défense, activités déclarées. Voir la page installateur de pompes à chaleur.
Questions fréquentes
Non. Depuis le 11 août 2026, le consentement préalable est la condition générale du démarchage téléphonique, mais l'alinéa 5 de l'article L. 223-1 interdit toute prospection téléphonique pour les travaux d'économies d'énergie et d'énergies renouvelables, hors contrat en cours. Seul le rappel d'une demande d'information prouvée, dans les cinq jours ouvrables et sur son seul objet, échappe à cette interdiction (article R. 223-4).
À partir de la demande du consommateur : l'article R. 223-4, en vigueur depuis le 11 août 2026, vise un appel « passé dans les cinq jours ouvrables suivant la demande du consommateur », pas la date de livraison du contact. Un lead transmis avec plusieurs jours de retard réduit d'autant votre délai, et un lead ancien ne peut plus être rappelé. Exigez de la plateforme la date et la preuve de chaque demande.
Trois ans à compter de la demande, sous forme numérique, selon l'article R. 223-4 issu du décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026. Une demande de devis reçue le 12 octobre 2026 doit donc rester archivée au moins jusqu'au 12 octobre 2029. Une conservation plus longue n'est admise que pour le temps nécessaire à l'exercice ou à la défense de vos droits en justice.
Pas pour de la prospection. Depuis le 2 juillet 2025, l'article L. 223-8 interdit la prospection par message, courrier électronique ou réseau social pour les travaux d'économies d'énergie et d'énergies renouvelables, hors contrat en cours. L'article L. 242-16-1 prévoit une amende pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale, et la nullité du contrat conclu.
N'y comptez pas. Au 12 octobre 2026, l'amende administrative de l'article L. 242-16, jusqu'à 375 000 € pour une société, sanctionne l'entreprise elle-même, et les contrats d'assurance excluent généralement les amendes. Votre responsabilité civile professionnelle peut en revanche être mise en cause par les réclamations d'un client dans le litige qui suit ; son intervention dépend des conditions, exclusions et plafonds de votre contrat.
Sources et textes de référence
- Décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026 relatif aux modalités de recueil, de conservation et de retrait du consentement du consommateur à des fins de prospection commerciale par voie téléphonique
- Code de la consommation, article L. 223-1 (version en vigueur depuis le 11 août 2026)
- Loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 contre toutes les fraudes aux aides publiques (article 13)
- Code de la consommation, article L. 223-8 (prospection par message, courrier électronique ou réseaux sociaux)
- Code de la consommation, article L. 242-16 (amende administrative en matière de démarchage téléphonique)
Textes et dates vérifiés le 12 octobre 2026.
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