Chauffeur VTC : depuis le 12 août 2026, un an d'expérience ne remplace plus l'examen
Le décret n° 2026-764 a supprimé la voie de l'expérience. Dossiers déposés avant le 12 août, cartes déjà obtenues, UE, assurance : ce qui change.
- Le décret n° 2026-764 du 5 août 2026, publié au Journal officiel du 11 août 2026, a abrogé l'article R. 3122-11 du code des transports, qui permettait d'obtenir la carte de chauffeur VTC avec un an d'expérience de conducteur professionnel de transport de personnes sur les dix dernières années.
- Depuis son entrée en vigueur, le 12 août 2026, l'examen organisé par les chambres de métiers et de l'artisanat est la voie d'accès de droit commun ; le décret laisse en place la reconnaissance d'une qualification acquise dans un autre État de l'UE ou de l'EEE (article R. 3120-8-1).
- Les demandes de carte déposées avant le 12 août 2026 restent instruites selon les règles en vigueur à leur dépôt, et les cartes déjà obtenues par équivalence ne sont pas remises en cause.
- Depuis le 12 août 2026, comme avant, transporter des passagers sans carte valide est une infraction et peut fragiliser vos garanties en cas de sinistre : la situation exacte de votre carte se déclare à l'assureur.
La réponse : non, l'examen est obligatoire depuis le 12 août 2026
Non. Depuis le 12 août 2026, un an d'expérience de conducteur professionnel de transport de personnes ne permet plus d'obtenir la carte professionnelle de chauffeur VTC : le décret n° 2026-764 du 5 août 2026, publié au Journal officiel du 11 août, a abrogé l'article R. 3122-11 du code des transports qui ouvrait cette voie. L'examen organisé par les chambres de métiers et de l'artisanat (CMA) est devenu le passage obligé. Deux situations échappent à la règle : les demandes de carte déposées avant le 12 août 2026 (instruites selon les règles en vigueur à leur dépôt) et la reconnaissance d'une qualification acquise dans un autre État de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen (article R. 3120-8-1) ; les cartes déjà obtenues par équivalence restent valables.
Ce que dit le décret n° 2026-764 du 5 août 2026
Jusqu'au 11 août 2026 inclus, l'article R. 3122-11 du code des transports offrait une alternative à l'examen :
« Les conditions d'aptitude professionnelle mentionnées à l'article L. 3120-2-1 peuvent être constatées par la production de toute pièce de nature à établir une expérience professionnelle d'une durée minimale d'un an, à temps plein ou à temps partiel pour une durée équivalente, dans des fonctions de conducteur professionnel de transport de personnes au cours des dix années précédant la demande de carte professionnelle. »
Code des transports, article R. 3122-11, version en vigueur du 1er janvier 2019 au 12 août 2026
Le décret n° 2026-764 du 5 août 2026 (NOR : TRAT2609691D, JO n° 186 du 11 août 2026, texte n° 17) supprime cette voie, ainsi que son équivalent pour les conducteurs de véhicules motorisés à deux ou trois roues (VMDTR, les moto-taxis) :
« 4° Les articles R. 3122-11 et R. 3123-2 sont abrogés. »
Décret n° 2026-764 du 5 août 2026, article 1er
Le même article 1er retire les renvois à ces deux articles de l'article R. 3120-6 et précise, à l'article R. 3120-8-1, que l'expérience invoquée par un ressortissant européen doit avoir été acquise « dans l'exercice de cette profession ». Le décret est entré en vigueur le lendemain de sa publication, soit le 12 août 2026. Son article 2 prévoit que les demandes de carte professionnelle déposées avant cette date « demeurent soumises aux dispositions en vigueur à la date de leur dépôt ».
Dans son communiqué du 11 août 2026, le ministère chargé des transports justifie la mesure notamment par des « tentatives de fraudes liées à la production de justificatifs d'expérience professionnelle » et précise que le texte « ne revient pas sur la qualification acquise jusqu'à ce jour par le biais de la voie d'accès par équivalence ».
Ce qui change concrètement pour un chauffeur VTC
- Vous avez conduit un an ou plus comme conducteur professionnel de transport de personnes, sans rien déposer avant le 12 août 2026. Vos bulletins de salaire et attestations d'employeur ne suffisent plus : vous devez réussir l'examen. Il comprend des épreuves théoriques (gestion et comptabilité, négociation commerciale, réglementation du VTC, sécurité routière, français et anglais, notamment) et une épreuve pratique de conduite d'environ 20 minutes. Une session est organisée chaque mois dans chaque département.
- Vous avez déposé votre dossier par équivalence le 6 août 2026 et il est encore en instruction en octobre. Il reste examiné selon les règles en vigueur au jour du dépôt. Gardez la preuve de cette date (accusé de réception, capture de la démarche en ligne) : c'est elle qui vous rattache à l'ancien régime. Tant que la carte n'est pas délivrée, vous ne pouvez pas exercer.
- Vous aviez conduit à mi-temps pendant deux ans. L'ancien texte admettait une durée équivalente à temps partiel, ce qui valait un an à temps plein : cette souplesse a disparu avec l'article R. 3122-11 pour toute demande déposée depuis le 12 août 2026.
- Vous roulez déjà avec une carte obtenue par équivalence. Elle reste valable. Son renouvellement, tous les 5 ans, passe par un stage de formation continue de 2 jours (14 heures) à effectuer au moins 3 mois avant la fin de validité, et non par l'examen.
- Vous êtes exploitant et confiez un véhicule à d'autres conducteurs. Tout nouveau conducteur doit justifier d'une carte obtenue par l'examen, par une demande déposée avant le 12 août 2026 ou par une reconnaissance européenne. Vérifiez la carte et sa date de validité avant la première course.
Les autres conditions sont inchangées : permis B détenu depuis au moins 3 ans (2 ans après une conduite accompagnée), bulletin n° 2 du casier judiciaire sans condamnation incompatible, avis favorable d'un médecin agréé. La carte se demande en ligne après l'examen ; elle relève de la préfecture, ou de la préfecture de police à Paris.
Calendrier : qui, quand, quoi
| Qui | Quand | Quoi |
|---|---|---|
| Gouvernement | 5 août 2026 | Signature du décret n° 2026-764 par le Premier ministre, le ministre des Transports et le ministre de l'Intérieur. |
| Journal officiel, ministère chargé des transports | 11 août 2026 | Publication du décret (JO n° 186, texte n° 17) et communiqué annonçant la fin de la voie par équivalence. |
| Tout candidat à la carte VTC ou VMDTR | Depuis le 12 août 2026 | Articles R. 3122-11 et R. 3123-2 abrogés : l'expérience professionnelle ne permet plus d'accéder à la profession, l'examen est requis. |
| Candidats ayant déposé leur demande avant le 12 août 2026 | Jusqu'à la décision sur leur dossier | Instruction selon les règles en vigueur à la date du dépôt (article 2 du décret). |
| Ressortissants UE ou EEE | Depuis le 12 août 2026 | Reconnaissance maintenue (article R. 3120-8-1) ; l'expérience doit avoir été acquise « dans l'exercice de cette profession ». |
| CMA | Chaque mois | Une session d'examen par département. |
Carte professionnelle et assurance : ce que l'assureur regarde
La carte professionnelle est une condition légale d'exercice. C'est aussi une donnée que vous déclarez à vos assureurs : l'usage VTC du véhicule, la responsabilité civile professionnelle et, le cas échéant, la liste des conducteurs reposent sur une activité exercée en conformité avec la réglementation, donc avec une carte valide. Transporter des passagers sans carte valide, c'est exercer en infraction. En cas de sinistre avec un passager, l'assureur peut opposer à son assuré une exclusion ou une déchéance, ou se retourner contre lui : tout dépend des conditions de votre contrat et de la nature de l'irrégularité.
Service-public indique deux montants : une amende de 1 500 € pour une carte professionnelle non valide et jusqu'à 3 750 € en l'absence d'assurance de responsabilité civile professionnelle. Ce ne sont pas les seules conséquences d'un exercice irrégulier.
Deux erreurs à éviter depuis le 12 août 2026 :
- Croire qu'une attestation d'assurance vaut autorisation. Un contrat souscrit en attendant l'examen ne remplace pas la carte : aucune course avant sa délivrance.
- Déclarer une carte que vous n'avez pas encore. Si votre demande est en instruction, ou si vous préparez l'examen, dites-le tel quel à l'assureur plutôt que d'anticiper un numéro de carte.
Le risque du passager blessé est présenté sur la fiche métier chauffeur VTC ; les garanties de responsabilité civile professionnelle le sont sur la page assurance RC Pro.
Ce qu'il faut faire maintenant
- Aucun dossier déposé avant le 12 août 2026 : inscrivez-vous à l'examen auprès de la CMA de votre région et calez votre projet sur le rythme d'une session par mois et par département.
- Dossier déposé avant le 12 août 2026 : conservez la preuve de la date de dépôt, suivez l'instruction auprès de la préfecture et ne prenez aucune course avant la délivrance de la carte.
- Carte en cours de validité : notez sa date d'expiration pour anticiper son renouvellement.
- Exploitant : gardez une copie de la carte de chaque conducteur, contrôlez sa validité et déclarez vos conducteurs à l'assureur selon les conditions de votre contrat.
- À la souscription ou au renouvellement : décrivez exactement votre situation (carte délivrée, demande en instruction, examen en préparation) et relisez les clauses de votre contrat sur l'exercice de l'activité.
Questions fréquentes
Oui, elle est instruite selon l'ancien régime. L'article 2 du décret n° 2026-764 du 5 août 2026 prévoit que les demandes de carte professionnelle déposées avant son entrée en vigueur, le 12 août 2026, demeurent soumises aux dispositions en vigueur à la date de leur dépôt. Il est donc examiné avec l'ancien article R. 3122-11, ce qui ne préjuge pas de la décision de la préfecture sur les pièces fournies. Conservez la preuve de la date de dépôt et n'exercez pas avant la délivrance de la carte.
Non. Dans son communiqué du 11 août 2026, le ministère chargé des transports indique que le décret ne revient pas sur la qualification déjà acquise par la voie de l'équivalence. Votre carte reste valable jusqu'à sa date d'échéance. Son renouvellement, tous les 5 ans, passe par un stage de formation continue de 14 heures à effectuer au moins 3 mois avant la fin de validité, pas par l'examen.
Pas nécessairement. L'article R. 3120-8-1 du code des transports permet toujours au ressortissant d'un État de l'UE ou de l'EEE de faire reconnaître sa qualification. Depuis le 12 août 2026, l'expérience invoquée doit avoir été acquise dans l'exercice de cette profession. Le préfet peut imposer, au choix du demandeur, une épreuve d'aptitude ou un stage d'adaptation si les compétences ne couvrent pas les matières essentielles.
Non. Depuis le 12 août 2026, sans demande déposée avant cette date et hors reconnaissance d'une qualification acquise dans un autre État de l'UE ou de l'EEE, seule la réussite à l'examen ouvre droit à la carte professionnelle, condition d'exercice. Une attestation d'assurance ne la remplace pas. Rouler sans carte valide vous expose à des sanctions ; en cas de sinistre avec un passager, l'assureur peut opposer à son assuré une exclusion ou une déchéance, ou se retourner contre lui, selon les conditions du contrat.
Sources et textes de référence
- Décret n° 2026-764 du 5 août 2026 portant suppression de l'accès par reconnaissance de l'expérience professionnelle aux professions de conducteur de voiture de transport avec chauffeur et de conducteur de véhicules motorisés à deux ou trois roues
- Code des transports, article R. 3122-11 (abrogé le 12 août 2026)
- Code des transports, article R. 3120-8-1 (version en vigueur depuis le 12 août 2026)
- Parution du décret modifiant les voies d'accès aux professions de conducteur de VTC et de VMDTR
- Devenir chauffeur de VTC
Textes et dates vérifiés le 14 octobre 2026.
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Article rédigé et vérifié par l'équipe Insurio — Tutassûr, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 22001730. Information à caractère général ne se substituant pas aux conditions de votre contrat.