Cabinet EMDR : 6 obligations du local et 72 h après un vol
Aucun texte ne réglemente « le cabinet EMDR » : votre local obéit en réalité à trois régimes empilés, auxquels s'ajoutent les exigences écrites de votre assureur. Voici ce qui est obligatoire, ce qui est contractuel, et ce qui se passe le jour du sinistre.
- Le titre de praticien EMDR n'est pas réglementé : votre local suit le régime de votre titre d'origine (psychologue, médecin, infirmier, psychothérapeute) et, dès qu'il reçoit des patients, celui des établissements recevant du public de 5e catégorie — registre public d'accessibilité inclus, obligatoire dans tout ERP depuis 2017.
- L'article L.113-2 du code des assurances fixe un délai de déclaration qui ne peut être inférieur à 5 jours ouvrés, ramené à 2 jours ouvrés en cas de vol ; en parallèle, la disparition d'un poste ou de dossiers patients est une violation de données de santé notifiable à la CNIL sous 72 heures (article 33 du RGPD).
- La multirisque de cabinet est un contrat professionnel : ni renonciation de 14 jours à distance, ni résiliation infra-annuelle « Hamon », toutes deux réservées aux personnes physiques agissant hors activité professionnelle. La sortie passe par l'échéance annuelle avec 2 mois de préavis (L.113-12) ou par L.113-16 en cas de cessation d'activité.
- En cas de capitaux sous-déclarés, l'article L.121-5 du code des assurances fait de vous votre propre assureur pour l'excédent : l'indemnité d'un sinistre partiel est réduite à proportion du capital déclaré sur la valeur réelle du contenu.
Le local d'un praticien EMDR n'obéit à aucun texte « EMDR »
L'EMDR n'est pas une profession réglementée. C'est une méthode de psychothérapie enseignée par des instituts privés et sanctionnée par une accréditation professionnelle, pas par un diplôme d'État. Aucun texte ne décrit donc « le cabinet EMDR ». Votre local obéit en réalité à trois régimes qui se superposent, et c'est leur empilement qui produit les mauvaises surprises.
Le premier est celui de votre titre d'origine. Psychologue, psychiatre, médecin, infirmier, psychothérapeute au titre réglementé : c'est lui qui impose le secret professionnel, sanctionné par l'article 226-13 du code pénal, et les règles de conservation des dossiers. Ce secret est une contrainte matérielle avant d'être une posture : il se joue dans l'épaisseur d'une porte, dans le meuble où dorment les dossiers papier, dans le chiffrement d'un portable emporté le soir.
Le deuxième est celui du local recevant du public. Dès lors que vous recevez des patients, un cabinet libéral relève en principe des établissements recevant du public (ERP) de cinquième catégorie, celle des petits effectifs.
Le troisième est le titre qui vous donne l'usage des murs : bail professionnel (article 57 A de la loi du 6 juillet 1989 — six ans minimum, congé du locataire à tout moment avec six mois de préavis), bail commercial, convention de mise à disposition en maison de santé, ou votre propre logement. Chacun emporte des obligations d'assurance différentes, et c'est le bail qui dit lesquelles.
Accessibilité, registre, incendie, bruit : ce qui est réellement exigible
Sur l'accessibilité, la règle issue de la loi du 11 février 2005 est simple : un ERP doit être accessible aux personnes handicapées, tous handicaps confondus. Les cabinets de cinquième catégorie installés dans l'ancien ne sont pas tous conformes, et des dérogations existent — impossibilité technique, disproportion manifeste entre le coût des travaux et leurs effets sur l'usage, ou refus de l'assemblée générale de copropriété lorsque le cabinet occupe un immeuble d'habitation. Une dérogation se demande et se motive : elle ne se présume jamais.
Le registre public d'accessibilité, lui, ne souffre aucune exception : obligatoire dans tout ERP depuis 2017, il doit être consultable par le public et décrire les prestations, l'attestation d'accessibilité ou la dérogation obtenue, et les modalités d'accueil.
Côté sécurité, votre cabinet reste un ERP : dégagements libres de tout stockage, moyens d'extinction adaptés et maintenus, consignes affichées. L'information du public sur le prix des prestations est due avant la séance.
Deux points sont propres à votre pratique. Le bruit d'abord : une séance se déroule à voix basse, mais les stimulations sonores et les décharges émotionnelles s'entendent. Le code de la santé publique sanctionne les bruits de voisinage par leur durée, leur répétition ou leur intensité ; le secret professionnel vous impose symétriquement que rien ne franchisse la porte. Le domicile ensuite : un logement transformé en cabinet conserve ses obligations de logement (détecteur avertisseur autonome de fumée), et il faut vérifier le règlement de copropriété, informer le bailleur, et, dans les communes soumises à autorisation de changement d'usage, interroger la mairie avant de recevoir de la clientèle.
Obligation légale, exigence d'assureur ou bonne pratique ?
La confusion la plus coûteuse consiste à traiter de la même façon un texte réglementaire et une clause de contrat. La sanction n'est pas la même : le premier expose à une mesure administrative, la seconde à une indemnité réduite ou refusée le jour du sinistre. Ce tableau range chaque point d'un cabinet EMDR dans sa vraie catégorie.
| Point du local | Nature | Ce qui l'impose | Effet au sinistre |
|---|---|---|---|
| Accessibilité et registre public d'accessibilité | Obligation légale | Loi du 11 février 2005 ; registre obligatoire dans tout ERP depuis 2017 | Sanction administrative ; aucun effet direct sur l'indemnité, mais la RC exploitation reste engagée si un patient chute |
| Moyens d'extinction entretenus | Obligation légale (ERP) et exigence d'assureur | Réglementation ERP applicable ; clause de prévention du contrat | Un extincteur non vérifié depuis trois ans est un argument classique de l'expert |
| Vérification périodique de l'installation électrique | Obligation légale dès le premier salarié ; sinon exigence d'assureur | Code du travail ; conditions particulières | L'origine électrique est la première piste explorée en incendie |
| Serrures et protection des ouvrants accessibles | Exigence d'assureur | Clause de moyens de protection des conditions particulières | Non-respect : garantie vol réduite ou refusée |
| Dossiers papier sous clé | Exigence d'assureur et obligation RGPD | Article 32 du RGPD ; conditions du contrat | Vol aggravé en violation de données notifiable |
| Chiffrement du poste et sauvegarde hors site | Bonne pratique imposée en creux par le RGPD | Article 32 du RGPD | Des données rendues incompréhensibles dispensent souvent d'informer les patients (article 34) |
| Inventaire daté, photos et factures du matériel | Bonne pratique | Aucun texte | Seule preuve de l'existence et de la valeur des biens détruits ou volés |
Retenez la hiérarchie : un texte se négocie devant l'administration, une clause se lit avant de signer.
Vol : les clauses de protection que votre contrat contient déjà
La garantie vol d'une multirisque professionnelle n'est jamais inconditionnelle. Elle est suspendue à une clause de moyens de protection, écrite noir sur blanc dans vos conditions particulières, que la plupart des praticiens découvrent le jour où l'expert la leur lit. Elle fixe trois choses : la nature des fermetures, la protection des ouvrants accessibles, et parfois une durée d'inoccupation au-delà de laquelle des conditions supplémentaires s'appliquent — alarme en service, capitaux garantis réduits.
Pour un cabinet EMDR, cela se traduit très concrètement : porte d'accès équipée d'une serrure de sûreté, fenêtres et baies atteignables depuis un balcon, une cour, un toit de garage ou un échafaudage protégées par des volets ou une menuiserie renforcée, alarme au-delà d'un certain capital contenu, et rangement des espèces et documents sensibles dans un meuble fermant à clé.
Deux limites méritent d'être lues avant le sinistre plutôt qu'après. La première : le vol commis sans effraction ni violence — un objet qui disparaît de la salle d'attente, un sac oublié — n'est en principe pas garanti, sauf extension expresse. La seconde : le matériel électronique et les objets de valeur sont fréquemment plafonnés par sinistre à un montant inférieur au capital contenu global. Un cabinet équipé d'une barre lumineuse de stimulation bilatérale, de stimulateurs tactiles, d'un casque audio dédié, d'un ordinateur et d'un second écran atteint ce sous-plafond plus vite qu'il n'y paraît.
Une exigence d'assureur n'est pas une obligation légale. Sa sanction est simplement plus rapide et plus chère.
Les biens d'un cabinet EMDR que l'on oublie de déclarer
Le capital contenu d'une multirisque couvre le mobilier, les fauteuils, le matériel de stimulation, l'informatique — mais aussi les aménagements que vous avez financés vous-même : cloison acoustique, doublage, faux plafond, revêtements, câblage. Ces embellissements appartiennent au locataire et ne sont jamais assurés par le propriétaire des murs. Ils sont pourtant la première chose détruite par un dégât des eaux venu de l'étage.
Le risque n'est pas d'oublier une garantie, c'est d'oublier un montant. L'article L.121-5 du code des assurances fait de l'assuré sous-assuré son propre assureur pour l'excédent : l'indemnité d'un sinistre partiel est réduite dans la proportion du capital déclaré sur la valeur réelle. À titre d'ordre de grandeur, un contenu réel de 22 000 € déclaré pour 12 000 € ramène un dommage de 6 000 € à environ 3 300 € avant franchise. Vérifiez aussi si votre contrat indemnise en valeur à neuf ou après vétusté : un matériel de stimulation importé, long à remplacer, se rachète au prix du jour, pas à sa valeur comptable.
Trois angles morts fréquents. Les dossiers : l'assureur indemnise le support, pas l'information — c'est la garantie reconstitution d'archives et de médias qui paie la ressaisie. Le cabinet partagé : en société civile de moyens, le contrat couvre les biens communs au nom de la structure, chacun assurant son propre matériel, et le confrère à qui vous louez un créneau doit justifier de sa propre assurance. Le domicile enfin : une multirisque habitation exclut l'activité professionnelle, et un copropriétaire reste tenu de s'assurer en responsabilité civile au titre de l'article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965.
Au sinistre : deux jours pour un vol, soixante-douze heures pour la CNIL
L'article L.113-2 du code des assurances impose de déclarer le sinistre dans le délai prévu au contrat, qui ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés, ramené à deux jours ouvrés en cas de vol. Ce délai court dès que vous avez connaissance du fait. En pratique : dépôt de plainte immédiat, déclaration à l'assureur dans la foulée, aucune réparation ni évacuation des débris avant le passage de l'expert, et photographies systématiques.
La question de la responsabilité se pose en parallèle. Locataire, vous répondez de l'incendie sauf à prouver qu'il ne vous est pas imputable (article 1733 du code civil) ; gardien des lieux, vous répondez du dommage causé par les choses que vous avez sous votre garde (article 1242) — le patient qui chute sur un sol fraîchement lavé ou reçoit une étagère mal fixée. L'indemnité, elle, reste plafonnée par le principe indemnitaire de l'article L.121-1 : elle répare, elle n'enrichit pas. En cas d'arrêté de catastrophe naturelle publié au Journal officiel, la garantie de l'article L.125-1 s'applique avec une franchise légale non rachetable, fixée par arrêté et plus élevée pour les biens professionnels.
Vient enfin le réflexe que peu de praticiens ont : un poste, un disque ou des dossiers patients disparus constituent une violation de données de santé, catégorie particulière au sens de l'article 9 du RGPD. L'article 33 impose la notification à la CNIL dans les 72 heures, et l'article 34 l'information des patients en cas de risque élevé — sauf si les données étaient chiffrées. Si vos dossiers sont hébergés chez un prestataire, l'article L.1111-8 du code de la santé publique exige un hébergeur certifié de données de santé.
Un contrat professionnel : ni rétractation de 14 jours, ni loi Hamon
Trois protections que vos patients connaissent ne vous concernent pas. Le délai de renonciation de 14 jours applicable à l'assurance vendue à distance vise les personnes physiques agissant hors du cadre de leur activité professionnelle. La résiliation infra-annuelle dite « loi Hamon », qui permet de partir à tout moment après un an, vise les mêmes contrats non professionnels. L'avis d'échéance rappelant la date limite de résiliation obéit à la même logique. Une multirisque de cabinet souscrite au nom de votre activité en est exclue : elle relève du droit commun des contrats d'assurance, plus rigide.
Le régime réel tient en trois articles. L.113-12 : résiliation à chaque échéance annuelle, avec un préavis de deux mois, dans la forme prévue au contrat. L.113-16 : en cas de changement de profession, de départ en retraite ou de cessation définitive d'activité, la résiliation devient possible si le contrat garantit des risques en relation directe avec la situation antérieure — vous disposez de trois mois pour agir et la portion de prime non courue vous est restituée. L.113-3 : à défaut de paiement, mise en demeure, suspension de la garantie trente jours plus tard, résiliation dix jours après.
Reste l'obligation permanente de déclarer. Un déménagement de cabinet, une surface qui double, l'arrivée d'un salarié, le partage du local avec deux confrères, l'ouverture de groupes ou de supervisions sur place changent le risque et doivent être signalés — faute de quoi s'appliquent la nullité de l'article L.113-8 en cas de mauvaise foi, ou la réduction proportionnelle de l'article L.113-9. Une multirisque de cabinet pour un praticien seul démarre autour de 12,90 € par mois ; c'est un ordre de grandeur et non un tarif garanti, la prime dépendant de la surface, des capitaux, de la zone et des antécédents.
Questions fréquentes
Dès lors que vous recevez des patients dans un local, oui : un cabinet libéral relève en principe des ERP de cinquième catégorie, celle des faibles effectifs. Cela emporte trois conséquences concrètes : l'obligation d'accessibilité issue de la loi du 11 février 2005 (avec dérogation possible pour impossibilité technique, disproportion manifeste ou refus de l'assemblée générale de copropriété), la tenue d'un registre public d'accessibilité consultable par vos patients, et le respect des règles de sécurité incendie applicables — dégagements libres, moyens d'extinction maintenus, consignes affichées. La classification exacte dépend de la configuration des lieux : faites-la confirmer par la commission de sécurité compétente plutôt que de la déduire.
Non, sauf extension expresse. Une multirisque habitation garantit des biens à usage domestique et une responsabilité civile de la vie privée ; elle exclut l'activité professionnelle. Votre matériel de stimulation, votre poste informatique professionnel, vos archives patients et la responsabilité liée à la réception de patients chez vous en sortent. Trois vérifications s'imposent avant d'ouvrir : le règlement de copropriété (une clause d'habitation bourgeoise stricte peut interdire la réception de clientèle), l'accord du bailleur si vous êtes locataire, et l'autorisation de changement d'usage dans les communes qui la pratiquent. Le logement conserve par ailleurs ses propres obligations, à commencer par le détecteur de fumée.
Seulement s'ils entrent dans le capital contenu déclaré et si les conditions de la garantie sont réunies. Deux limites reviennent systématiquement : le vol sans effraction ni violence n'est pas garanti par défaut, et le matériel électronique est souvent plafonné par sinistre à un montant inférieur au capital global. La casse accidentelle, elle, relève d'une garantie bris de matériel distincte, à souscrire. Vérifiez enfin si l'indemnisation se fait en valeur à neuf ou après vétusté : un matériel importé, long à remplacer, doit se racheter au prix du jour. Conservez factures, numéros de série et photographies : c'est la seule preuve d'existence acceptée par l'expert.
Chacun assure son propre matériel et sa propre responsabilité, quelle que soit la formule de partage. Si vous exercez en société civile de moyens, un contrat au nom de la structure couvre les biens communs — mobilier de salle d'attente, aménagements, informatique partagée — tandis que chaque praticien garantit ses équipements personnels. Si vous louez un créneau à un confrère, exigez son attestation d'assurance et conservez-la : sans elle, un dommage causé pendant sa plage horaire remonte vers vous en tant qu'occupant. Enfin, faites vérifier la présence d'une clause de renonciation à recours entre occupants, sans quoi un sinistre banal se transforme en contentieux entre confrères.
Trois horloges démarrent en même temps. D'abord le dépôt de plainte, immédiat. Ensuite la déclaration à l'assureur : l'article L.113-2 du code des assurances ramène le délai à deux jours ouvrés en cas de vol, contre cinq jours ouvrés minimum pour les autres sinistres. Enfin le volet données : des dossiers de patients constituent des données de santé, et leur perte est une violation notifiable à la CNIL dans les 72 heures au titre de l'article 33 du RGPD. Vos patients doivent être informés si le risque est élevé pour eux, sauf si le disque était chiffré. L'assureur indemnisera le matériel, jamais l'information : c'est la garantie reconstitution d'archives et de médias qui finance la ressaisie.
Souscrivez votre assurance pro en 2 minutes
Toutes nos protections, devis immédiat — attestation immédiate, sans engagement.
* Tarifs indicatifs « à partir de », selon votre profil, votre activité et les garanties choisies. · Voir la fiche →
Article rédigé et vérifié par l'équipe Insurio — Tutassûr, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 22001730. Information à caractère général ne se substituant pas aux conditions de votre contrat.