Réglementation 3 septembre 2026 ⏱️ 8 min de lecture

Breathwork : 7 obligations pour votre local de séance

Le breathwork n'a pas de réglementation propre, mais votre salle de séance, elle, est un établissement recevant du public. Voici ce que la loi impose, ce que l'assureur exige en plus, et ce qui décide réellement du montant de votre indemnité.

Par l'équipe Insurio Courtier responsable · ORIAS 22001730
⚡ L'essentiel
  • Recevoir des clients dans une pièce dédiée fait de ce local un ERP : le registre public d'accessibilité y est obligatoire depuis le 30 septembre 2017, même pour un praticien seul dans 25 m².
  • Le délai de déclaration de sinistre est de 5 jours ouvrés en règle générale, mais de 2 jours ouvrés pour le vol et de 10 jours pour une catastrophe naturelle (article L.113-2 du Code des assurances).
  • La garantie catastrophes naturelles est de plein droit dans tout contrat dommages aux biens (L.125-1) ; la franchise légale professionnelle (10 % des dommages, minimum 1 140 €, 3 048 € pour la sécheresse) n'est pas rachetable.
  • En B2B, ni rétractation de 14 jours ni loi Hamon : le régime applicable est L.113-12 (échéance annuelle, préavis de 2 mois), L.113-16 (changement de situation, 3 mois) et L.113-3 (non-paiement).

Votre salle de séance est un ERP, pas un salon

Le breathwork n'a pas de réglementation propre en France : aucun diplôme d'État, aucun texte dédié à la respiration consciente. Ce qui est réglementé, c'est le lieu. Dès que vous recevez un client dans une pièce dédiée — cabinet loué, studio partagé, pièce du rez-de-chaussée avec entrée indépendante —, ce local devient un établissement recevant du public (ERP), et bascule dans un régime que la plupart des praticiens découvrent le jour d'un contrôle ou d'un sinistre.

Un studio de respiration relève presque toujours de la 5e catégorie : l'effectif reçu reste sous les seuils fixés par la réglementation applicable. Le type retenu — cabinet assimilé à des bureaux, salle de réunion, établissement d'activité physique — dépend de l'activité dominante telle qu'elle est appréciée par l'autorité compétente. C'est une question à poser en mairie avant de signer le bail, pas après les travaux.

Trois obligations tombent quel que soit le classement :

  • Accessibilité. La loi du 11 février 2005 impose l'accessibilité des ERP aux personnes handicapées. Des dérogations existent (impossibilité technique, disproportion manifeste des coûts, refus de l'assemblée générale de copropriété), mais elles se demandent et s'obtiennent : elles ne se présument pas.
  • Registre public d'accessibilité. Obligatoire dans tout ERP, toutes catégories confondues, depuis le 30 septembre 2017 : le décret n° 2017-431 du 28 mars 2017, publié le 30 mars, laissait six mois aux exploitants pour l'établir, et l'arrêté du 19 avril 2017 en fixe le contenu et les modalités de mise à jour. Il doit être consultable par le public au principal point d'accueil accessible de l'établissement, le cas échéant sous forme dématérialisée (articles L.164-1 et R.164-6 du Code de la construction et de l'habitation, anciennement L.111-7-3 et R.111-19-60).
  • Affichages. Interdiction de fumer et de vapoter dans les lieux collectifs fermés, consignes en cas d'incendie, et — au titre du Code de la consommation, pas du classement ERP — information sur les prix : l'article 13 de l'arrêté du 3 décembre 1987 relatif à l'information du consommateur sur les prix impose d'afficher le prix de vos séances sur un document unique exposé à la vue du public et parfaitement lisible depuis l'endroit où la clientèle est habituellement reçue. L'affichage lisible depuis l'extérieur n'est imposé que selon des modalités fixées par arrêtés sectoriels (coiffure, restauration, auto-écoles, dépannage automobile), qui ne visent pas votre activité. Une note écrite est due dès 25 € TTC, et en dessous à la demande du client (arrêté n° 83-50/A du 3 octobre 1983).

Aucune de ces obligations ne conditionne directement votre indemnisation. Toutes conditionnent votre tranquillité en cas de contrôle, et plusieurs pèsent lourd si un participant est blessé chez vous.

Un local conçu pour des corps allongés qui lâchent prise

C'est la spécificité que les contrats généralistes ignorent : en séance, vos clients sont allongés, yeux fermés, parfois quarante minutes, et le corps réagit — tétanie des mains, tremblements, mouvements amples, larmes, décharges vocales, et plus rarement un vertige au moment de se relever. Le local doit absorber cela.

  • Les dégagements. Garder les issues et les circulations libres est une obligation ERP, pas un conseil. En clair : on ne remplit pas la salle de tapis jusqu'à la porte parce qu'il y a douze inscrits.
  • Ce qui est dur et à hauteur de chute. Radiateur en fonte, angle de table basse, pied de meuble métallique, plateau en verre, miroir non feuilleté, marche non signalée. Écarter ou capitonner relève de la bonne pratique — mais c'est la première chose qu'un expert regardera après un accident chez vous.
  • Les câbles. Sono, caisson, projecteur : goulottes ou passages plats. Jamais un câble en travers d'un accès dans une pièce éclairée en pénombre.
  • L'air et le bruit. Dix respirants dans une salle aérée par une seule porte, c'est irrespirable en trente minutes. Côté bruit, la musique amplifiée et les décharges vocales relèvent de la réglementation applicable aux bruits de voisinage ; une diffusion habituelle de musique amplifiée à niveau élevé peut faire entrer votre studio dans un régime spécifique aux lieux musicaux. À vérifier avant d'acheter un caisson de basses.

Le traitement acoustique, les cloisons et le sol que vous posez dans un local loué sont des aménagements du locataire. Ils vous appartiennent, ils ne figurent dans aucun capital tant que vous ne les avez pas déclarés, et ils partent en premier dans un incendie.

Obligation légale, exigence d'assureur, bonne pratique : le tri

La confusion la plus coûteuse consiste à mettre au même niveau ce que la loi impose, ce que l'assureur exige en échange de sa garantie, et ce qui relève du bon sens professionnel. Les trois n'ont ni la même sanction, ni les mêmes conséquences sur votre chèque d'indemnité.

Point de contrôle du localStatut réelCe qui se passe si ce n'est pas tenu
Extincteur adapté au risque, contrôlé chaque annéeRègle de sécurité ERP + exigence d'assureurContrôle défavorable ; propagation aggravée discutée en expertise
Installation électrique en bon état et vérifiéeObligation du Code du travail dès le premier salarié ; exigence d'assureur sinonAprès un incendie d'origine électrique, la clause de conformité est opposée
Registre public d'accessibilité à l'accueilObligation légale (tout ERP, depuis le 30 septembre 2017)Sanction administrative, sans effet sur l'indemnisation
Affichage interdiction de fumer et de vapoterObligation légaleAmende
Prix des séances sur document unique, lisible depuis le lieu d'accueilObligation légale (arrêté du 3 décembre 1987, art. 13)Amende administrative
Serrure de sûreté ou porte pleine déclarée aux conditions particulièresExigence d'assureurVol non garanti si le moyen déclaré n'était pas en service
Aucune flamme nue (bougie, encens) pendant les séancesRègle de sécurité ERP + exigence d'assureurExclusion ou déchéance en cas d'incendie
Inventaire chiffré et photographié du matérielBonne pratiqueIndemnité alignée sur ce que vous pouvez prouver

Retenez la logique : une obligation légale non tenue vous expose à une sanction administrative ou pénale, presque jamais à un refus d'indemnisation. Une exigence d'assureur non tenue, elle, se paie directement sur l'indemnité — parce qu'elle figure aux conditions particulières que vous avez signées.

Sono, tapis, coussins : ce que vaut votre matériel au sinistre

Un studio de respiration n'a l'air de rien. Additionnez pourtant à prix de remplacement : vingt tapis, vingt bolsters, quarante plaids, une paire d'enceintes actives, une table de mixage, un micro, un ordinateur, des bols, un chauffage d'appoint, le mobilier — vous dépassez souvent dix mille euros. C'est ce montant, et non votre chiffre d'affaires, qui doit figurer en capital « contenu professionnel ».

  • La règle proportionnelle de capitaux (L.121-5). Déclarez 8 000 € de contenu pour une valeur réelle de 16 000 € et l'assureur peut réduire l'indemnité dans la même proportion : sur un sinistre de 4 000 €, il n'en règle que 2 000 €. Exemple de mécanisme, pas de barème.
  • La vétusté. Mobilier et matériel sont indemnisés en valeur d'usage, sauf clause « valeur à neuf », elle-même bornée à un âge du bien selon les contrats. Des plaids et des tapis utilisés trois fois par semaine se déprécient vite.
  • Le bris et les dommages électriques. Une enceinte tombée de son pied, une table de mixage noyée, une surtension d'orage : ni incendie, ni vol. Sans garantie dédiée, c'est pour vous.

Deux réflexes : tenir un inventaire photographié avec les factures, stocké hors du local — un incendie brûle aussi le classeur —, et lire la définition du vol. Dans un studio partagé, la disparition de tapis sans trace d'effraction n'entre presque jamais dans la garantie.

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Salles louées à l'heure et retraites : le trou de garantie classique

Beaucoup de praticiens alternent : cabinet le mardi, salle louée à l'heure le samedi, retraite en gîte deux fois par an, atelier en entreprise. Chaque configuration déplace le risque, et la multirisque de votre local s'arrête à vos murs.

Salle louée à l'heure. Vous êtes occupant temporaire, et le Code civil est sévère avec l'occupant : l'article 1733 fait peser sur lui la responsabilité de l'incendie, à charge pour lui de prouver qu'il n'y est pour rien, et l'article 1735 le fait répondre des dégradations causées par les personnes qu'il fait entrer — vos participants. Le loueur réclamera une attestation ; ce qu'il vous faut réellement, c'est une garantie couvrant l'occupation occasionnelle de locaux. Elle n'est pas systématiquement incluse : elle se demande.

Interventions extérieures. Le jour où sono, tapis et ordinateur partent dans le coffre, ils quittent la garantie « contenu du local ». Il faut une extension matériel transporté, et en lire les conditions : véhicule fermé à clé, matériel non visible, plages horaires imposées, exclusion fréquente du stationnement de nuit sur la voie publique.

Les affaires des participants. Sacs et téléphones laissés dans un vestiaire ouvert pendant la séance ne sont couverts que si une garantie « biens confiés » ou « effets des clients » existe. Sans elle, la seule réponse possible sera une consigne écrite et des casiers.

Enfin, photographiez chaque salle louée avant de dérouler le premier tapis. Le litige type n'est pas l'incendie : c'est une marque de bol chantant sur un parquet.

Incendie, dégât des eaux, vol : la mécanique réelle de l'indemnisation

Trois délais, à connaître avant d'en avoir besoin. L'article L.113-2 du Code des assurances fixe la déclaration à cinq jours ouvrés en règle générale, deux jours ouvrés pour le vol, et dix jours après publication de l'arrêté de catastrophe naturelle. Le contrat peut allonger ces délais, jamais les raccourcir à votre détriment.

Dégât des eaux. Depuis le 1er juin 2018, la convention IRSI organise entre assureurs le traitement des dégâts des eaux et incendies jusqu'à 5 000 € HT de dommages : en dessous de 1 600 € HT, règlement rapide sans expertise ; entre 1 600 et 5 000 € HT, un expert intervient pour le compte commun. C'est une convention entre compagnies, pas une loi : elle accélère la gestion, elle ne crée aucune garantie. Si votre contrat ne couvre ni la recherche de fuite ni vos aménagements de locataire, l'IRSI n'y changera rien.

Catastrophe naturelle. La garantie est de plein droit dans tout contrat couvrant les dommages aux biens (L.125-1). Elle se déclenche par arrêté, et la franchise légale professionnelle — 10 % du montant des dommages avec un minimum de 1 140 €, portée à 3 048 € pour la sécheresse — n'est pas rachetable. Pour un studio en rez-de-chaussée près d'un cours d'eau, c'est le premier chiffre à intégrer.

Et pendant les travaux ? Un praticien seul dégage rarement une marge que la perte d'exploitation indemnise franchement. Ce qui sauve la trésorerie, ce sont les frais supplémentaires d'exploitation : location d'une salle de repli, rachat urgent de tapis, réorganisation du planning. Vérifiez que cette ligne existe, et son plafond.

Résilier, déménager, payer : le régime B2B de votre contrat

Votre multirisque professionnelle est un contrat entre professionnels. Deux protections que vos clients particuliers connaissent bien ne s'appliquent pas à vous.

  • Pas de rétractation de quatorze jours. Ce délai du Code de la consommation vise le consommateur. Une exception étroite existe pour les très petites entreprises démarchées hors du champ de leur activité principale : elle se plaide, elle ne se coche pas.
  • Pas de loi Hamon. La résiliation infra-annuelle après un an concerne les contrats souscrits hors activité professionnelle. Votre multirisque de local n'entre pas dans ce champ.

Le régime réellement applicable tient en trois articles du Code des assurances :

  • L.113-12 : résiliation à chaque échéance annuelle, avec un préavis de deux mois. Cette date se note dans un agenda, pas dans un tiroir.
  • L.113-16 : changement de domicile, de situation matrimoniale, de profession, cessation d'activité ou départ en retraite ouvrent une faculté de résiliation, à exercer dans les trois mois suivant l'événement. Déplacer votre studio dans une autre commune est un motif sérieux — encore faut-il l'invoquer à temps.
  • L.113-3 : à défaut de paiement, une mise en demeure suspend la garantie trente jours plus tard, puis permet la résiliation dix jours après. Un studio non garanti pendant un mois sans le savoir, c'est le scénario le plus banal des dossiers refusés.

Dernier point, et il vaut de l'argent : déclarez les changements en cours de contrat — passage de 25 à 60 m², achat d'une sono à 4 000 €, ajout d'ateliers en entreprise. Une déclaration inexacte non intentionnelle entraîne la réduction proportionnelle de l'indemnité (L.113-9). À titre d'ordre de grandeur, une multirisque professionnelle pour ce type d'activité démarre autour de 13,90 € par mois : ce n'est ni un tarif garanti ni une promesse, la prime dépend de la surface, des capitaux déclarés, de la commune et des garanties retenues.

Questions fréquentes

Oui. Le classement en établissement recevant du public dépend de l'accueil de public, pas du nombre de participants. Avec six personnes, vous relevez d'un petit établissement, soumis aux obligations de base : dégagements libres, moyen d'extinction, affichages, et registre public d'accessibilité obligatoire depuis le 30 septembre 2017 (décret n° 2017-431 du 28 mars 2017, arrêté du 19 avril 2017). Le type retenu (bureaux, salle de réunion, activité physique) dépend de l'activité dominante appréciée par l'autorité compétente : posez la question en mairie avant de signer le bail.

Dans la grande majorité des cas, non. Les contrats habitation excluent ou limitent fortement l'activité professionnelle exercée au domicile, et plus encore la réception de clientèle. Il faut déclarer l'activité à votre assureur habitation et souscrire une multirisque professionnelle pour le matériel, les aménagements et l'accueil du public. Un incendie survenu alors que l'activité n'avait pas été déclarée relève de la réduction proportionnelle prévue par l'article L.113-9 du Code des assurances, voire de la nullité si la fausse déclaration était intentionnelle (L.113-8).

Les flammes nues dans un local recevant du public sont strictement encadrées, et le plus souvent proscrites par la réglementation de sécurité applicable. Côté assurance, c'est une clause d'exclusion ou d'aggravation classique en incendie. Un diffuseur électrique reste un appareil électrique : il ne se laisse pas fonctionner sans surveillance et doit être coupé en fin de séance. Si l'ambiance lumineuse compte pour vous, les LED règlent la question sans discussion possible au moment du sinistre.

Pas par défaut. La garantie « contenu » couvre les biens qui se trouvent dans le local désigné aux conditions particulières. Dès que le matériel est chargé dans un véhicule ou installé ailleurs, il faut une extension matériel transporté ou matériel en tous lieux. Lisez-en les conditions : véhicule fermé à clé, matériel non visible de l'extérieur, plages horaires imposées et exclusion fréquente du stationnement nocturne sur la voie publique. Prévoyez aussi la garantie d'occupation occasionnelle du lieu qui vous accueille.

Non. La résiliation infra-annuelle dite loi Hamon et le délai de rétractation de quatorze jours visent les contrats souscrits hors activité professionnelle : ils ne s'appliquent pas à l'assurance de votre studio. Vous relevez de l'article L.113-12 du Code des assurances, soit une résiliation à l'échéance annuelle avec un préavis de deux mois. L'article L.113-16 ouvre en plus une faculté de résiliation en cas de déménagement, de changement de profession ou de cessation d'activité, à exercer dans les trois mois suivant l'événement.

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Article rédigé et vérifié par l'équipe Insurio — Tutassûr, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 22001730. Information à caractère général ne se substituant pas aux conditions de votre contrat.

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