Formation socle laser reportée au 1er septembre 2027 : peut-on épiler sans attestation ?
La formation socle laser et IPL peut être validée jusqu'au 1er septembre 2027. Ce report ne suspend ni la qualification exigée ni les autres obligations.
- L'arrêté du 11 août 2026, publié au Journal officiel du 12 août 2026, fixe au 1er septembre 2027 la date limite pour valider la formation socle à l'épilation au laser et à la lumière pulsée intense (IPL).
- Il remplace le délai de dix-huit mois ouvert par l'arrêté du 19 février 2025, publié le 26 février 2025, qui aurait expiré fin août 2026.
- Le report vise les infirmiers diplômés d'État et les personnes qualifiées professionnellement en esthétique : il n'ouvre pas l'épilation laser à d'autres personnes.
- Les obligations du code de la santé publique en vigueur depuis le 27 mai 2024 (fiche d'information signée, contrôle des contre-indications, document nominatif pour le laser, signalement des incidents graves) s'appliquent sans délai.
- Depuis le 13 août 2026, l'attestation de formation d'un infirmier doit aussi mentionner son numéro RPPS.
La réponse : oui jusqu'au 1er septembre 2027, si vous êtes déjà qualifié
Oui, jusqu'au 1er septembre 2027, à condition d'être déjà autorisé à réaliser ces actes. Depuis l'arrêté du 11 août 2026 (JORF du 12 août 2026), les infirmiers diplômés d'État et les personnes qualifiées professionnellement pour les soins esthétiques ont jusqu'à cette date pour valider la formation socle exigée par l'article D. 1151-3 du code de la santé publique. Ce délai ne vaut pas autorisation pour une personne sans cette qualification, et il ne suspend aucune des autres règles de sécurité en vigueur depuis le 27 mai 2024. Au-delà du 1er septembre 2027, chaque infirmier ou professionnel qualifié de l'esthétique qui réalise les actes devra détenir une attestation de formation en cours de validité, affichée par l'exploitant.
Ce que dit l'arrêté du 11 août 2026
L'arrêté du 11 août 2026 (NOR SFHP2621796A, JORF n° 0187 du 12 août 2026, texte n° 16) modifie l'arrêté du 19 février 2025 relatif à la formation obligatoire pour l'épilation à la lumière pulsée intense ou au laser à visée non thérapeutique. Son article 6 réécrit la mesure transitoire de l'article 10, qui se lit désormais ainsi :
« Les professionnels mentionnés au 2° et 3° de l'article D. 1151-2 du code de la santé publique ont jusqu'au 1er septembre 2027 pour valider la formation mentionnée à l'article 1er du présent arrêté. » — Arrêté du 19 février 2025, article 10, dans sa rédaction issue de l'article 6 de l'arrêté du 11 août 2026, en vigueur depuis le 13 août 2026.
Le texte fixe une date unique : il ne distingue pas les professionnels déjà en activité de ceux qui s'installent. Le champ est celui de l'article D. 1151-1 (épilation à visée non thérapeutique à la lumière pulsée intense ou au laser) ; les médecins (1° de l'article D. 1151-2) ne sont pas concernés par cette formation. Le même arrêté apporte d'autres modifications, notamment :
- Attestation des infirmiers : elle comporte désormais le numéro d'identification au répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS) (article 1).
- Organisation des formations : équipes pédagogiques, jurys, transmission annuelle des effectifs par les organismes de formation, sans effet direct sur l'institut (articles 2 à 5).
Ce que le report ne suspend pas
Le report porte sur un seul point : la validation de la formation socle. Le reste du chapitre du code de la santé publique créé par le décret n° 2024-470 du 24 mai 2024 s'applique depuis le 27 mai 2024.
- La qualification : l'article D. 1151-2 réserve les actes aux médecins, aux infirmiers diplômés d'État et aux personnes qualifiées professionnellement pour les soins esthétiques à la personne (5° de l'article L. 121-1 du code de l'artisanat). C'est la personne qui tient la pièce à main qui doit avoir cette qualité : un salarié non qualifié ne tire rien du report.
- La fiche d'information remise avant le premier acte, dont un double daté et signé par le client est conservé trois ans (article D. 1151-4).
- Les contre-indications : examen de l'état cutané et du phototype avant de programmer les séances, vérification avant chaque séance, contrôle après (article D. 1151-6). Pour le laser, la preuve figure dans un document nominatif tenu à la disposition des contrôleurs trois ans après la dernière séance.
- Le reste de la sécurité : déclaration des incidents graves sur le portail prévu à l'article D. 1413-58 (D. 1151-7), lunettes de protection (D. 1151-8), fiche de traçabilité de la maintenance de chaque appareil (D. 1151-9), démonstration du fabricant à tout nouvel utilisateur (D. 1151-10).
Point de vigilance : la fiche d'information doit contenir la mention « Les professionnels ont reçu une formation appropriée sur les conditions d'utilisation en toute sécurité du dispositif » (article D. 1151-4, 4°). Cette mention doit correspondre à la réalité : si un opérateur n'a pas encore suivi de formation, ne la présentez pas comme acquise sans pouvoir documenter la formation effectivement reçue. La démonstration du fabricant prévue à l'article D. 1151-10 ne remplace pas la formation socle, que l'arrêté du 19 février 2025 rend indépendante de celle des fabricants.
Ce que cela change concrètement pour un institut
Au 14 octobre 2026, il reste un peu moins de onze mois. Prenons un institut qui emploie trois esthéticiennes qualifiées et utilise un laser diode et un appareil IPL. La formation unique IPL et laser dure cinq jours, dont une journée d'évaluation : quinze jours-stagiaire à absorber, soit trois semaines d'agenda si une seule personne part à la fois. Une seule technique réduit la charge : quatre jours pour le laser, deux jours et demi pour l'IPL.
La pratique se fait en présentiel, en effectif limité au nombre d'appareils (article 8 de l'arrêté du 19 février 2025). L'évaluation combine un QCM de 20 questions en 30 minutes et une mise en situation de 30 minutes devant un jury. Une note inférieure ou égale à 5/20 à l'une des épreuves impose une nouvelle session, et le report ne garantit aucune place : mieux vaut réserver tôt.
L'attestation vaut cinq ans à compter de sa délivrance : délivrée en mars 2027, elle court sur cinq ans, la date d'expiration exacte figurant sur l'attestation, et la remise à niveau d'une journée doit être validée d'ici là. À l'embauche, contrôlez l'attestation présentée : nom de l'organisme et numéro d'enregistrement de sa déclaration d'activité auprès de la DREETS, dates de délivrance et d'expiration, numéro RPPS pour un infirmier.
Calendrier : qui, quand, quoi
| Quand | Qui | Quoi |
|---|---|---|
| 27 mai 2024 | Exploitants et professionnels | Entrée en vigueur des articles D. 1151-1 à D. 1151-11 du code de la santé publique |
| 26 février 2025 | Infirmiers et professionnels qualifiés de l'esthétique | Publication de l'arrêté du 19 février 2025 : ouverture du délai de dix-huit mois |
| 12 août 2026 | Tous | Publication de l'arrêté du 11 août 2026 ; nouvelle rédaction en vigueur le 13 août 2026 |
| Fin août 2026 | Infirmiers et professionnels qualifiés de l'esthétique | Échéance initiale, remplacée avant d'être atteinte |
| 1er septembre 2027 | Infirmiers et professionnels qualifiés de l'esthétique | Date limite pour valider la formation socle |
| Cinq ans après la délivrance | Titulaires d'une attestation | Fin de validité de l'attestation ; remise à niveau |
Responsabilité et assurance : ce qui se joue après le 1er septembre 2027
Jusqu'à cette date, un professionnel qualifié qui n'a pas encore validé sa formation socle reste dans le délai que lui accorde l'arrêté. Au-delà, réaliser un acte sans attestation en cours de validité revient à exercer hors du cadre fixé par l'article D. 1151-3. En cas de brûlure ou de dépigmentation, ce manquement pourra être opposé à l'exploitant en cas de litige, et l'assureur de responsabilité civile professionnelle examinera l'activité exercée au regard de celle déclarée et des conditions du contrat.
Le code des assurances encadre deux moments. À la souscription, vous devez répondre exactement aux questions posées par l'assureur, notamment dans le formulaire de déclaration du risque (article L. 113-2, 2°). En cours de contrat, les circonstances nouvelles qui aggravent le risque ou en créent de nouveaux, et rendent inexactes ou caduques vos réponses, se déclarent dans les quinze jours où vous en avez connaissance, par lettre recommandée ou envoi recommandé électronique (article L. 113-2, 3°). Exemples de changements objectifs : l'ajout d'un laser à une activité déclarée en IPL seule, ou l'achat d'un appareil d'une autre technologie ; tout dépend des questions du formulaire et des termes du contrat. En revanche, au-delà de la date limite, un opérateur sans attestation en cours de validité ne doit pas réaliser d'actes : une déclaration à l'assureur ne le régularise pas.
Les conséquences dépendent des termes de votre contrat : définition de l'activité assurée, conditions de garantie, exclusions. Relisez-les avec ce calendrier en tête et conservez attestations, fiches signées et documents nominatifs : ce sont vos pièces en cas de réclamation. Pour les garanties en jeu, voyez la page assurance RC Pro ; pour les appareils eux-mêmes, la page multirisque professionnelle.
Ce qu'il faut faire maintenant
- Recenser chaque personne qui manipule un appareil, avec sa qualité (infirmier, esthéticien qualifié) et la technique utilisée : laser, IPL ou les deux.
- Inscrire chacune dans un organisme qui remplit les conditions de l'arrêté, en vérifiant sa déclaration d'activité auprès de la DREETS, dont le numéro figurera sur l'attestation.
- Contrôler et afficher chaque attestation dès sa délivrance, de manière lisible pour la clientèle (article D. 1151-3, IV).
- Relire dès aujourd'hui votre fiche d'information et votre modèle de document nominatif laser.
- Mettre à jour votre déclaration à l'assureur si les techniques pratiquées ou les appareils utilisés ont changé, dans les conditions prévues par votre contrat.
Le cadre général du métier, ses risques types et les garanties utiles sont présentés sur la fiche institut d'épilation laser.
Questions fréquentes
Oui, à condition d'être qualifiée. L'arrêté du 11 août 2026 laisse jusqu'au 1er septembre 2027 aux personnes qualifiées professionnellement en esthétique et aux infirmiers diplômés d'État pour valider la formation socle. Les autres obligations de sécurité du code de la santé publique, en vigueur depuis le 27 mai 2024, s'appliquent sans délai : fiche d'information signée, contrôle des contre-indications, signalement des incidents graves.
Non. L'article D. 1151-2 du code de la santé publique réserve ces actes aux médecins, aux infirmiers diplômés d'État et aux personnes qualifiées professionnellement pour les soins esthétiques au sens du 5° de l'article L. 121-1 du code de l'artisanat. L'arrêté du 11 août 2026 ne modifie que le délai de formation : il n'élargit pas cette liste.
L'opérateur réaliserait des actes sans remplir la condition de formation de l'article D. 1151-3. En cas de dommage, ce manquement pourra être opposé à l'exploitant, et l'assureur examinera la situation au regard du contrat et des déclarations faites. Déclarer la situation à l'assureur ne régularise pas l'opérateur. Relisez vos conditions de garantie et d'exclusion, ainsi que l'article L. 113-2 du code des assurances sur la déclaration des circonstances nouvelles.
Selon l'arrêté du 19 février 2025 : quatre jours pour le laser, deux jours et demi pour l'IPL, cinq jours pour les deux, évaluation comprise. L'attestation est valable cinq ans à compter de sa délivrance, la date d'expiration exacte figurant sur le document, et une remise à niveau d'une journée intervient tous les cinq ans.
Non. Le délai de dix-huit mois ouvert par l'arrêté du 19 février 2025, publié au Journal officiel du 26 février 2025, aurait expiré fin août 2026. L'arrêté du 11 août 2026, publié le 12 août, l'a remplacé avant son terme par une date fixe, le 1er septembre 2027, applicable aux infirmiers comme aux professionnels qualifiés de l'esthétique.
Sources et textes de référence
- Arrêté du 11 août 2026 modifiant l'arrêté du 19 février 2025 relatif aux caractéristiques de la formation obligatoire pour la réalisation des actes d'épilation à la lumière pulsée intense ou au laser à visée non thérapeutique (NOR SFHP2621796A)
- Arrêté du 19 février 2025 relatif aux caractéristiques de la formation obligatoire pour la réalisation des actes d'épilation à la lumière pulsée intense ou au laser à visée non thérapeutique (version consolidée)
- Code de la santé publique, articles D. 1151-1 à D. 1151-11 (mesures de protection, épilation à la lumière pulsée intense et au laser)
- Code de l'artisanat, article L. 121-1
- Code des assurances, article L. 113-2
Textes et dates vérifiés le 14 octobre 2026.
Souscrivez votre assurance pro en 2 minutes
Toutes nos protections pour votre activité de Institut d'épilation laser — attestation immédiate, sans engagement.
* Tarifs indicatifs « à partir de », selon votre profil, votre activité et les garanties choisies. · Voir la fiche Institut d'épilation laser →
Article rédigé et vérifié par l'équipe Insurio — Tutassûr, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 22001730. Information à caractère général ne se substituant pas aux conditions de votre contrat.