Actualité 14 octobre 2026 ⏱️ 6 min de lecture

Renouveler un arrêt en téléconsultation : le généraliste le peut-il encore depuis juin 2026 ?

La loi du 25 juin 2026 n'autorise qu'un seul renouvellement d'arrêt à distance. Le médecin traitant échappe à la règle ; en principe, les autres voient le patient.

Par l'équipe Insurio Courtier responsable · ORIAS 22001730
⚡ L'essentiel
  • Depuis le 27 juin 2026, l'article L. 6316-1 du code de la santé publique, modifié par l'article 49 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026, interdit, sauf exceptions, tout renouvellement d'un arrêt de travail par télémédecine au-delà du premier.
  • Comme avant le 27 juin 2026, une prescription ou un renouvellement à distance ne peut porter sur plus de trois jours ni porter un arrêt en cours au-delà de trois jours ; la nouveauté est que seul le premier renouvellement reste possible.
  • Comme auparavant, le médecin traitant et la sage-femme référente échappent à ces règles, de même que le patient qui justifie dûment ne pas pouvoir consulter en présentiel pour obtenir une prolongation ; depuis le 27 juin 2026, cette dérogation couvre aussi la nouvelle interdiction du renouvellement ultérieur.
  • Depuis le 27 juin 2026 également, les services en ligne ne peuvent fournir à titre principal des prescriptions qu'après une communication orale synchrone, en vidéo ou par téléphone, entre prescripteur et patient.
  • Selon la page de l'Assurance maladie destinée aux médecins, datée du 1er septembre 2026, le patient ne sera pas indemnisé pour la durée prescrite sur un arrêt de travail dépassant 3 jours établi en téléconsultation, hors exceptions ; la page ne précise pas si seuls les jours au-delà du troisième sont concernés.

La réponse : oui pour le médecin traitant, une seule fois pour les autres

Oui, mais pas dans tous les cas. Depuis le 27 juin 2026, l'article L. 6316-1 du code de la santé publique, modifié par l'article 49 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026, n'autorise par télémédecine que la prescription d'un arrêt de travail ou son premier renouvellement, dans la limite de trois jours au total ; tout renouvellement ultérieur à distance est interdit. Ces conditions et cette interdiction ne s'appliquent pas lorsque vous êtes le médecin traitant du patient, ni lorsque le patient justifie dûment qu'il lui est impossible de consulter en présentiel. Un généraliste qui téléconsulte pour un patient qui n'est pas le sien doit donc, en l'absence de cette justification, le recevoir en présence pour un deuxième renouvellement.

Ce que dit le texte en vigueur depuis le 27 juin 2026

L'article 49 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, publiée au Journal officiel n° 148 du 26 juin 2026, modifie deux alinéas de l'article L. 6316-1 du code de la santé publique. Il ne prévoit ni date d'entrée en vigueur particulière ni décret d'application : Légifrance affiche la nouvelle rédaction en vigueur depuis le 27 juin 2026.

« Lors d'un acte de télémédecine, la prescription ou le premier renouvellement d'un arrêt de travail ne peut porter sur plus de trois jours ni avoir pour effet de porter à plus de trois jours la durée d'un arrêt de travail déjà en cours. Aucun renouvellement ultérieur de l'arrêt de travail ne peut être prescrit par un acte de télémédecine. Il n'est possible de déroger aux conditions et interdictions définies au présent alinéa que lorsque l'arrêt de travail est prescrit ou renouvelé par le médecin traitant ou la sage-femme référente mentionnée à l'article L. 162-8-2 du code de la sécurité sociale ou en cas d'impossibilité, dûment justifiée par le patient, de consulter un professionnel médical compétent pour obtenir, par une prescription réalisée en sa présence, une prolongation de l'arrêt de travail. »
— Code de la santé publique, article L. 6316-1, troisième alinéa (loi n° 2026-534, article 49)

Par rapport à la version applicable du 28 février 2025 au 26 juin 2026, trois retouches :

  • le mot « premier » est inséré : seul le premier renouvellement reste possible à distance ;
  • une phrase nouvelle interdit tout renouvellement ultérieur par télémédecine ;
  • la dérogation ne vise plus « cette règle » mais « les conditions et interdictions » de l'alinéa : elle couvre donc aussi la nouvelle interdiction.

Le quatrième alinéa est réécrit. Il ne vise plus seulement les arrêts de travail mais aussi les prescriptions de produits de santé, de prestations et d'actes : un service de communication au public en ligne ne peut les fournir à titre principal qu'après une communication orale synchrone, en vidéotransmission ou par téléphone, entre le prescripteur et le patient.

Ce qui change au cabinet : trois situations concrètes

Pour un généraliste, tout dépend d'une question préalable : êtes-vous le médecin traitant du patient ?

  • Vous êtes son médecin traitant. Lundi, en visioconférence, vous prescrivez deux jours d'arrêt. Mercredi, toujours à distance, vous le prolongez de quatre jours. La dérogation joue : ni la limite de trois jours ni l'interdiction du renouvellement ultérieur ne s'appliquent. La page de l'Assurance maladie destinée aux médecins assimile votre remplaçant au médecin traitant pour cette exception.
  • Un patient de passage, par exemple reçu via une plateforme. Jour 1 : un jour d'arrêt. Jour 2 : premier renouvellement d'un jour, admis. Jour 3 : un deuxième renouvellement à distance, même d'un seul jour, est exclu, alors qu'il restait possible jusqu'au 26 juin 2026 dans la limite des trois jours cumulés. Le patient doit être vu en présence, sauf impossibilité dûment justifiée de sa part.
  • Un arrêt déjà long. Un patient arrêté cinq jours au cabinet par un confrère vous sollicite en téléconsultation pour une prolongation. Si vous n'êtes pas son médecin traitant, vous ne pouvez pas prolonger à distance un arrêt qui dépasse déjà trois jours, sauf impossibilité dûment justifiée de consulter en présentiel.

Sur le plan financier, la page de l'Assurance maladie destinée aux médecins (datée du 1er septembre 2026) indique que le patient ne sera pas indemnisé pour la durée prescrite sur un arrêt dépassant 3 jours établi en téléconsultation, hors exceptions. Elle ne dit pas si cela vise toute la durée prescrite ou seulement les jours au-delà du troisième : à confirmer auprès de la caisse.

Calendrier : qui, quand, quoi

QuandQuiQuoi
28 février 2025 – 26 juin 2026Prescripteurs en télémédecineRédaction issue de l'article 54 de la loi n° 2025-199 du 28 février 2025 : prescription ou renouvellement à distance limités à trois jours, sauf médecin traitant, sage-femme référente ou impossibilité justifiée.
25-26 juin 2026Législateur, Journal officielLoi n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, publiée au JO n° 148 du 26 juin.
27 juin 2026Médecins, sages-femmes, services en ligneNouvelle rédaction de l'article L. 6316-1 en vigueur : premier renouvellement seulement, communication orale synchrone préalable pour les services en ligne.
30 juin 2026Service-public.frInformation du public sur l'encadrement renforcé des arrêts établis par télémédecine.
1er septembre 2026Tous prescripteurs, hors accidents du travail et maladies professionnellesSelon l'Assurance maladie : motif de l'arrêt systématiquement précisé, arrêt initial de 31 jours au plus et chaque prolongation de 62 jours au plus, sauf si le prescripteur estime que la situation du patient nécessite de dépasser ce plafond.
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Responsabilité et assurance : où se situe le risque

  • Le refus. Un patient qui n'est pas le vôtre exige un deuxième renouvellement en visio. Sauf s'il justifie dûment l'impossibilité de consulter en présentiel, votre refus est conforme au texte ; le différend peut pourtant déboucher sur une réclamation ou une plainte : gardez trace de la consultation en présence proposée ou de l'orientation vers son médecin traitant.
  • La prescription hors cadre. Vous prolongez à distance au-delà de trois jours sans être le médecin traitant ni disposer d'une justification d'impossibilité. Le patient risque de ne pas être indemnisé pour la durée prescrite (l'étendue exacte n'est pas précisée par l'Assurance maladie) et peut vous reprocher ce manque à gagner. Les sources consultées (texte de loi et page de l'Assurance maladie) ne précisent pas les conséquences, pour l'indemnisation, d'un renouvellement ultérieur prescrit malgré l'interdiction sans dépasser trois jours : à confirmer auprès de la caisse.

La réclamation d'un patient pour un préjudice lié à votre exercice peut relever de l'assurance responsabilité civile professionnelle, dans les conditions, plafonds et exclusions de votre contrat ; les frais de défense dépendent de la garantie défense ou protection juridique qu'il comporte, le cas échéant. Si la caisse prononçait une sanction financière (les sources consultées n'en prévoient pas pour ce cas), elle ne serait pas un dommage causé à un tiers et resterait en principe à votre charge.

Ce qu'il faut faire maintenant

  • Vérifiez votre statut avant toute prolongation à distance : êtes-vous le médecin traitant du patient, ou son remplaçant ? Sinon, comptez les renouvellements déjà prescrits et la durée cumulée de l'arrêt.
  • Tracez la consultation dans le dossier : date, heure, mode (vidéo ou téléphone), durée prescrite, rang du renouvellement. Les alinéas cités ne l'imposent pas, mais cette trace vous sert de preuve.
  • Consignez la justification donnée par le patient qui invoque l'impossibilité de consulter en présentiel : le code exige qu'elle soit « dûment justifiée par le patient ».
  • Dans un cabinet de groupe, rappelez que le texte vise le médecin traitant du patient (l'Assurance maladie y ajoute son remplaçant) : un associé qui n'est ni l'un ni l'autre ne semble pas visé par la dérogation.
  • Si vous exercez pour une plateforme, vérifiez que son parcours impose un échange oral synchrone avant les prescriptions qu'elle fournit à titre principal.
  • Relisez votre contrat de responsabilité civile professionnelle : activités déclarées, téléconsultation, garantie défense. Les garanties utiles au métier sont présentées sur la page médecin généraliste.

Questions fréquentes

Oui. Le troisième alinéa de l'article L. 6316-1 du code de la santé publique, modifié par la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026, permet de déroger à ses conditions et interdictions lorsque l'arrêt est prescrit ou renouvelé par le médecin traitant. Ni la limite de trois jours ni l'interdiction du renouvellement ultérieur ne s'appliquent à lui. L'Assurance maladie assimile son remplaçant au médecin traitant pour cette exception.

En principe une seule fois. Depuis le 27 juin 2026, il peut prescrire par télémédecine un arrêt ou son premier renouvellement, sans dépasser trois jours ni porter un arrêt en cours au-delà de trois jours. Tout renouvellement ultérieur doit être prescrit en présence du patient, sauf si celui-ci justifie dûment qu'il lui est impossible de consulter un professionnel médical compétent en présentiel.

C'est un échange en temps réel, en vidéotransmission ou par téléphone, entre le prescripteur et le patient. Depuis le 27 juin 2026, les services de communication au public en ligne ne peuvent fournir à titre principal des prescriptions d'arrêts de travail, de produits de santé, de prestations ou d'actes qu'après un tel échange. Un questionnaire en ligne seul ne suffit donc pas. La condition ne vise pas les services destinés aux professionnels médicaux.

Selon la page de l'Assurance maladie destinée aux médecins, datée du 1er septembre 2026, le patient ne sera pas indemnisé pour la durée prescrite sur un arrêt de travail dépassant 3 jours établi en téléconsultation (la page ne précise pas si les trois premiers jours sont concernés), hors exceptions : médecin traitant ou son remplaçant, sage-femme référente, impossibilité prouvée de consulter en personne. Ce manque à gagner peut nourrir une réclamation contre le prescripteur.

Elle peut être concernée si un patient réclame réparation d'un préjudice lié à votre exercice, dans les conditions, plafonds et exclusions de votre contrat. Les frais de défense relèvent de la garantie défense ou protection juridique, si le contrat en prévoit une. Si la caisse prononçait une sanction financière (les sources consultées n'en prévoient pas pour ce cas), elle ne serait pas un dommage causé à un tiers et resterait en principe à la charge du médecin. Vérifiez que la téléconsultation figure dans vos activités déclarées.

Sources et textes de référence

Textes et dates vérifiés le 14 octobre 2026.

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Article rédigé et vérifié par l'équipe Insurio — Tutassûr, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 22001730. Information à caractère général ne se substituant pas aux conditions de votre contrat.

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