Dropshipping depuis la Chine : qui paie le droit de douane de 3 € depuis le 1er juillet 2026 ?
IOSS, marketplace, transporteur : le redevable des 3 € dépend de qui déclare le colis. Ce que cela change pour votre marge, vos litiges et votre RC Pro.
- Depuis le 1er juillet 2026, le règlement (UE) 2026/382 du Conseil du 11 février 2026 a supprimé la franchise de droits de douane des envois d'une valeur de 150 € ou moins et la remplace, jusqu'au 1er juillet 2028, par un droit de 3 € par article sur les ventes à distance aux consommateurs.
- Selon le guide de la Commission européenne (version du 5 octobre 2026), l'« article » regroupe les biens d'un envoi qui partagent le même classement tarifaire, la même description et, le cas échéant, la même origine ; le droit s'applique en pratique par ligne de déclaration, quelle que soit la quantité.
- Depuis le 1er juillet 2026, le redevable est le déclarant en douane : le titulaire IOSS (marketplace fournisseur présumé ou vendeur immatriculé) ou son représentant indirect d'abord, le transporteur qui applique le régime particulier ensuite, à défaut le représentant indirect de l'importateur, le client étant alors lui aussi débiteur.
- La taxe française sur les petits colis, 2 € par article prévus par l'article 82 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026, appliquée depuis le 1er mars 2026, a pris fin le 1er juillet 2026.
- À partir du 1er novembre 2026, les identifiants produits deviennent obligatoires sur la déclaration et une redevance de gestion de l'Union, annoncée à 2 € par article, doit s'appliquer ; son acte délégué était encore en cours d'examen au 5 octobre 2026.
Droit de 3 € : qui le paie quand vous dropshippez depuis la Chine ?
Le droit de 3 € est dû par celui qui déclare le colis en douane, selon un ordre fixé par le droit de l'Union depuis le 1er juillet 2026 : le titulaire du guichet unique TVA à l'importation (IOSS) ou son représentant indirect d'abord, le transporteur qui applique le régime particulier ensuite, à défaut le représentant indirect du client ; le consommateur ne déclare lui-même qu'à titre résiduel, jamais sous IOSS. Sur une marketplace qui déclare la TVA sous son propre numéro IOSS comme fournisseur présumé, c'est la plateforme qui paie ; sur votre boutique avec votre numéro IOSS, c'est vous. Sans IOSS, le client peut devenir débiteur lorsqu'un représentant indirect déclare pour son compte. La répartition finale dépend de vos contrats et de votre prix : les textes officiels fixent le redevable envers la douane, pas la charge entre vendeur, plateforme et client.
Ce que prévoient le règlement (UE) 2026/382 et le guide de la Commission
Le règlement (UE) 2026/382 du Conseil du 11 février 2026 a remplacé la franchise des envois d'une valeur intrinsèque de 150 € au plus par un droit temporaire de 3 € par article, du 1er juillet 2026 au 1er juillet 2028. Les ministères économiques et financiers l'ont résumé ainsi :
« À partir du 1er juillet 2026, l'UE appliquera un droit de douane forfaitaire de 3 euros par catégorie d'article pour tous les petits colis importés d'une valeur inférieure ou égale à 150 euros. […] Ce droit sera acquitté par les plateformes de vente en ligne. »
Ministères économiques et financiers (Bercy), communiqué de presse n° 850 du 30 juin 2026
Le guide de la Commission européenne (version du 5 octobre 2026) précise deux points décisifs pour un revendeur sans stock :
- Le champ : les ventes à distance de biens importés à des consommateurs. La vente à une entreprise assujettie ordinaire n'en fait pas partie.
- L'« article » : les biens d'un même envoi de même classement tarifaire, de même description et, le cas échéant, de même origine. Le droit s'applique en pratique par ligne de déclaration, quel que soit le nombre de pièces.
Plateforme, dropshipper ou client : le redevable dépend de qui déclare
Selon l'article 77, paragraphe 3, du code des douanes de l'Union (règlement (UE) n° 952/2013, le code actuellement applicable), le débiteur est le déclarant et, en représentation indirecte, la personne pour le compte de laquelle le représentant agit l'est aussi. Depuis le 1er juillet 2026, la déclaration des ventes à distance de 150 € ou moins suit une cascade :
| Votre situation | Qui déclare | Qui doit les 3 € | Votre exposition |
|---|---|---|---|
| Marketplace fournisseur présumé, TVA sous son IOSS | La plateforme ou son représentant indirect | La plateforme et, s'il déclare, son représentant indirect (le cas visé par le ministère) | Répartition à vérifier dans les conditions vendeur |
| Boutique en propre, vous êtes immatriculé à l'IOSS | Vous, ou votre transitaire ou transporteur comme représentant indirect | Vous et votre représentant indirect | 3 € par ligne à intégrer dans le prix |
| Boutique en propre sans IOSS | Le transporteur ou l'opérateur postal (régime particulier), à défaut le représentant indirect du client | Le déclarant ; en représentation indirecte, le client aussi | Client débiteur possible, litiges possibles |
Le consommateur ne peut déclarer lui-même qu'à titre résiduel, dans les seuls États membres offrant une déclaration en ligne gratuite (guide). S'il affirme « gérer la douane », demandez-lui par écrit quel numéro IOSS figure sur la déclaration et pour le compte de qui : le déclarant répond de l'exactitude des informations déclarées (article 15 du même code).
Ce que 3 € par ligne font à un panier de dropshipping
Le droit étant fixe, il pèse d'autant plus que le panier est petit. Pour un envoi de Chine à un consommateur français :
- Deux tee-shirts identiques à 24,90 € : une ligne, 3 €, soit environ 12 % du panier.
- Une lampe, une gourde et un tapis de yoga à 24,90 € : s'ils relèvent de trois classements tarifaires distincts, trois lignes, 9 €, soit environ 36 % du panier.
- La même commande en trois colis : selon le guide, des biens expédiés séparément forment des envois distincts, chacun taxé pour ses propres lignes.
À partir du 1er novembre 2026, la redevance de gestion de l'Union (Union handling fee) doit s'ajouter, par article elle aussi. Le guide l'annonce à 2 €, montant fixé par un acte délégué encore en cours d'examen au 5 octobre 2026 : le panier à trois lignes supporterait alors 15 €.
Le calendrier : qui, quand, quoi
| Qui | Quand | Quoi |
|---|---|---|
| Déclarants : titulaires IOSS, transporteurs, représentants indirects | 1er juillet 2026 | Droit de 3 € par article sur les ventes à distance de 150 € ou moins ; fin de la taxe française sur les petits colis (2 € par article depuis le 1er mars 2026, article 82 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026) |
| Commission européenne | 1er octobre 2026 (échéance dépassée), puis chaque mois | Elle devait évaluer le détournement des flux commerciaux et pouvait proposer d'étendre le droit de 3 € à tous les biens d'un envoi de 150 € ou moins ; le guide du 5 octobre 2026 ne rapporte aucune proposition |
| Vendeurs en ligne, plateformes, fabricants, déclarants | 1er novembre 2026 | Identifiants produits obligatoires (envois de 150 € ou moins) ; redevance de gestion de l'Union attendue, annoncée à 2 € par article |
| Commission européenne | Au plus tard le 1er décembre 2027 | Vérifier que la plateforme de données douanières de l'UE sera prête pour le 1er juillet 2028, sinon proposer de prolonger le droit |
| Toutes les ventes à distance | 1er juillet 2028 | Fin du droit temporaire : droit normal selon le classement de chaque produit, sauf prolongation |
Traçabilité des produits : ce que la douane documente, ce que l'assureur peut demander
Le nouveau code des douanes de l'Union (règlement (UE) 2026/2108) est entré en vigueur le 20 septembre 2026. À partir de septembre 2027, l'importateur, également débiteur, devra veiller à la conformité des marchandises aux exigences contrôlées par la douane (guide, point 7.2) ; le guide ne dit pas qui sera l'importateur d'un dropshipper. Les identifiants produits, eux, sont exigés dès le 1er novembre 2026 : la Commission les justifie par des contrôles à grande échelle ayant montré qu'une forte proportion des biens de faible valeur importés directement chez les consommateurs ne respecte pas les règles de l'Union (point 8.1).
Côté responsabilité, l'article 1245-5 du Code civil assimile à un producteur la personne qui, à titre professionnel, se présente comme telle en apposant son nom, sa marque ou un autre signe distinctif sur le produit, ou qui importe un produit dans l'Union européenne en vue d'une vente. Selon la façon dont vous commercialisez le produit, ce statut peut vous concerner : voir la page métier e-commerçant. Pour une RC Pro, un assureur peut demander, selon les contrats, la part du chiffre d'affaires réalisée sur des produits expédiés depuis un pays tiers, les catégories vendues, l'identité du fabricant et les documents détenus (déclaration de conformité, notice en français).
Droits de douane, redevance et colis refusés ne sont pas des dommages causés à un tiers : ils n'entrent pas, en principe, dans l'objet d'une RC Pro. La garantie à examiner est celle des dommages causés par les produits livrés, dans les plafonds, franchises et exclusions du contrat.
Ce qu'il faut faire avant le 1er novembre 2026
- Cartographier vos flux : pour chaque canal, qui déclare, sous quel IOSS et pour le compte de qui, par écrit.
- Relire les conditions vendeur des marketplaces sur la refacturation des droits.
- Recalculer vos prix par ligne tarifaire : 3 € aujourd'hui, 5 € si la redevance de 2 € s'applique comme annoncé.
- Annoncer avant la commande si les droits sont inclus dans le prix, pour limiter les litiges.
- Réunir les identifiants produits (envois de 150 € ou moins) : identifiant marchand (attribué par vous sur votre boutique en propre, par la plateforme sur une marketplace), identifiant du fabricant et, s'il existe, code EAN.
- Mettre à jour votre déclaration de risque RC Pro : activité sans stock, origine hors UE, catégories vendues. Une déclaration inexacte fragilise la garantie.
Questions fréquentes
Oui, dans certains cas. Depuis le 1er juillet 2026, sans IOSS, le déclarant est le transporteur ou l'opérateur qui applique le régime particulier ; si le colis est déclaré par un représentant indirect de l'importateur, le client devient lui aussi débiteur (article 77, paragraphe 3, du code des douanes de l'Union). Le consommateur ne déclare lui-même qu'à titre résiduel, jamais sous IOSS. Le recouvrement auprès du client relève des conditions du transporteur : les sources officielles ne le précisent pas.
Pas sans vérification. Le redevable est le déclarant, et lorsque plusieurs ventes se succèdent, la douane ne retient que la vente à distance au consommateur, c'est-à-dire la vôtre. Demandez par écrit quel numéro IOSS figure sur la déclaration, qui la dépose et pour le compte de qui. À partir du 1er novembre 2026, il faudra aussi transmettre les identifiants produits, dont l'identifiant marchand attribué par votre boutique en ligne ou, sur une marketplace, par la plateforme.
En principe non. Le droit vise les ventes à distance à des consommateurs et aux acheteurs dont les acquisitions intracommunautaires ne sont pas soumises à la TVA. Une vente à une entreprise assujettie ordinaire en sort. La franchise des envois de 150 € ou moins ayant été supprimée le 1er juillet 2026, ces marchandises supportent alors le droit normal correspondant à leur classement tarifaire et à leur origine.
Le règlement (UE) 2026/382 le prévoit du 1er juillet 2026 au 1er juillet 2028, date prévue pour la mise en service de la plateforme de données douanières de l'UE. La Commission doit vérifier au plus tard le 1er décembre 2027 que cet outil sera prêt ; à défaut, elle peut proposer une prolongation. Ensuite, chaque produit paiera le droit normal de son classement tarifaire, qui peut être inférieur ou supérieur à 3 €.
La RC Pro a pour objet les dommages causés à des tiers. Les droits de douane, la redevance de gestion attendue au 1er novembre 2026 et les pertes commerciales liées aux colis refusés n'en relèvent pas, en principe. Le risque à assurer pour un dropshipper est le dommage causé par un produit vendu : vérifiez ce que prévoient votre contrat, ses plafonds et ses exclusions, et déclarez l'origine hors UE de vos produits.
Sources et textes de référence
- Règlement (UE) 2026/382 du Conseil du 11 février 2026 modifiant le règlement (CE) n° 1186/2009 en ce qui concerne la suppression de la franchise douanière fondée sur un seuil
- The temporary EUR 3 customs duty and the Union handling fee – Guidance for Member States and Trade (version du 5 octobre 2026)
- Communiqué de presse n° 850 : entrée en vigueur au 1er juillet des droits de douane sur les petits colis à l'échelle de l'UE
- Taxe sur les petits colis : point d'information sur sa mise en œuvre
- Code civil, article 1245-5 (responsabilité du fait des produits défectueux)
Textes et dates vérifiés le 14 octobre 2026.
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Article rédigé et vérifié par l'équipe Insurio — Tutassûr, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 22001730. Information à caractère général ne se substituant pas aux conditions de votre contrat.