Réglementation 3 septembre 2026 ⏱️ 8 min de lecture

Multirisque cardiologue : 7 obligations pour votre cabinet

ERP, registre de sécurité, plateau technique à six chiffres, conditions de garantie vol et électricité : ce que la réglementation et les assureurs attendent du local d'un cardiologue, et ce qui se passe vraiment au sinistre.

Par l'équipe Insurio Courtier responsable · ORIAS 22001730
⚡ L'essentiel
  • Un cabinet de cardiologie recevant des patients est un ERP, le plus souvent de 5e catégorie : registre de sécurité, extincteurs vérifiés, affichage des consignes et registre public d'accessibilité sont exigibles.
  • Contrat entre professionnels : ni rétractation de 14 jours ni loi Hamon ; la résiliation suit l'article L.113-12 du Code des assurances (échéance annuelle, préavis de 2 mois).
  • Un plateau technique de cardiologie vaut couramment 50 000 à 150 000 € : sous-déclaré, l'indemnité est réduite par la règle proportionnelle de l'article L.121-5.
  • En cas de vol, le délai de déclaration à l'assureur est de 2 jours ouvrés (article L.113-2) et les protections déclarées — alarme, serrures — doivent avoir été réellement en service.

Un cabinet de cardiologie est un ERP : ce que la loi impose au local

Dès lors qu'il reçoit des patients, un cabinet de cardiologie est un établissement recevant du public (ERP), le plus souvent classé en 5e catégorie compte tenu de son effectif d'accueil. Ce classement n'est pas théorique : il déclenche une série d'obligations concrètes sur le local lui-même, indépendamment de toute assurance.

En pratique, un cabinet ERP de 5e catégorie doit notamment :

  • tenir un registre de sécurité à jour (vérifications des installations, consignes, passages des techniciens) ;
  • disposer d'extincteurs adaptés, vérifiés chaque année par un professionnel ;
  • afficher les consignes de sécurité et le plan d'évacuation ;
  • tenir à disposition un registre public d'accessibilité, obligatoire depuis 2017 pour tous les ERP ;
  • respecter les règles d'accessibilité aux personnes handicapées issues de la loi du 11 février 2005, sauf dérogation obtenue.

À noter : la réglementation impose un défibrillateur automatisé externe dans les ERP de catégories 1 à 4. Un cabinet de 5e catégorie n'y est généralement pas tenu, mais un cardiologue en détient un dans la quasi-totalité des cas — c'est un standard professionnel évident.

Le lien avec la multirisque est direct : à la souscription, vous déclarez un local conforme et entretenu. En cas de sinistre, un registre de sécurité vide ou des extincteurs jamais vérifiés peuvent compliquer sérieusement la discussion avec l'expert mandaté par l'assureur.

Échographe, ECG d'effort, holters : déclarez le vrai prix de votre plateau technique

Le plateau technique d'un cardiologue libéral est l'un des plus coûteux de la médecine de ville. Un échocardiographe se négocie couramment entre 30 000 et 100 000 € selon les sondes et options, un ergomètre d'épreuve d'effort plusieurs milliers d'euros, auxquels s'ajoutent électrocardiographes, holters ECG et tensionnels (MAPA), défibrillateur, informatique et mobilier médical. Un plateau complet atteint fréquemment 50 000 à 150 000 € — ces montants sont des ordres de grandeur, pas des valeurs contractuelles.

Trois points de vigilance au moment de déclarer ces biens :

  • La valeur déclarée. L'article L.121-5 du Code des assurances pose la règle proportionnelle : si vos capitaux déclarés sont inférieurs à la valeur réelle au jour du sinistre, vous restez votre propre assureur pour l'excédent. L'échographe acheté après la souscription et jamais déclaré à l'assureur est le cas d'école.
  • Valeur à neuf ou vétusté. Sans clause de valeur à neuf, l'indemnité est réduite de la vétusté — significative sur du matériel d'imagerie renouvelé tous les 7 à 10 ans.
  • Le matériel financé. Échographe en crédit-bail ou en location : le contrat de financement impose presque toujours une assurance, parfois au profit du bailleur. Vérifiez la cohérence avec votre multirisque.

Pensez enfin aux extensions bris de machine et dommages électriques : la panne interne et la surtension ne relèvent ni de l'incendie ni du dégât des eaux.

Obligation légale, exigence d'assureur ou bonne pratique : le tableau récapitulatif

Tout ne pèse pas du même poids juridique. Confondre une obligation légale, une exigence contractuelle de votre assureur et une simple bonne pratique conduit soit à des dépenses inutiles, soit — plus grave — à une garantie qui ne joue pas. Voici la grille de lecture pour un cabinet de cardiologie.

MesureStatutCe qu'il faut retenir
Registre de sécurité ERP tenu à jourObligation légaleExigible lors d'un contrôle ; utile face à l'expert après sinistre
Registre public d'accessibilitéObligation légaleObligatoire pour tout ERP depuis 2017
Élimination des DASRI par une filière agrééeObligation légaleCode de la santé publique, si vous produisez des déchets de soins à risques infectieux (aiguilles, matériel souillé)
Vérification périodique de l'installation électriqueObligation légale si salarié / exigence d'assureurLe Code du travail l'impose dès qu'on emploie du personnel ; beaucoup de contrats la demandent dans tous les cas
Alarme, serrures multipoints, fermeturesExigence d'assureurCondition de la garantie vol : à respecter à la lettre
Maintenance de l'échographe et des dispositifs médicauxRéglementation des dispositifs médicaux + exigence contractuelleSuivez le plan de maintenance du fabricant et conservez les rapports
Sauvegarde externalisée des dossiers patientsBonne pratique (et cohérence RGPD)Conditionne la reconstitution des dossiers après incendie ou dégât des eaux

Règle simple : ce qui figure dans vos conditions particulières sous l'intitulé « mesures de prévention » ou « conditions de garantie » a la même force qu'une clause de prix — le négliger se paie au sinistre.

Locataire de votre cabinet : la présomption d'incendie et le recours des voisins

La majorité des cardiologues exercent dans un local loué — bail professionnel, local en copropriété médicale ou plateau de consultation au sein d'une clinique. Le droit commun est alors sévère pour le locataire.

Les articles 1733 à 1735 du Code civil posent une présomption de responsabilité du locataire en cas d'incendie : sauf à prouver un cas fortuit, une force majeure, un vice de construction ou la communication du feu par un voisin, vous répondez des dommages causés à l'immeuble. C'est la garantie « risques locatifs » de votre multirisque qui prend ce risque en charge — vérifiez que le montant garanti correspond à la valeur de reconstruction des locaux occupés, pas seulement à votre mobilier.

S'y ajoute l'article 1242 du Code civil : vous répondez des dommages causés par les choses que vous avez sous votre garde. Un dégât des eaux parti de votre climatisation ou de votre ballon d'eau chaude qui inonde le cabinet du confrère de l'étage inférieur engage votre responsabilité — c'est la garantie « recours des voisins et des tiers » qui intervient.

Relisez enfin votre bail : la plupart imposent une assurance et la remise d'une attestation annuelle, et certains contiennent une renonciation à recours réciproque qui doit être répercutée dans votre contrat d'assurance. Un bail exigeant une garantie que votre multirisque ne prévoit pas est une faille classique, découverte seulement au sinistre.

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Vol, électricité, entretien : les conditions de garantie que les assureurs vérifient

Les assureurs n'assurent pas un cabinet de cardiologie « en l'état » : ils posent des conditions de garantie, écrites noir sur blanc dans les conditions particulières. Trois familles reviennent systématiquement.

  • Le vol. Serrure multipoints ou alarme (souvent certifiée), fermeture effective de toutes les issues en dehors des heures d'ouverture, parfois barreaudage ou volets en rez-de-chaussée. Le matériel nomade — holters posés sur les patients, échographe portable emmené en clinique — n'est couvert hors des murs que si une extension « matériel en déplacement » a été souscrite.
  • L'électricité. Au-delà de l'obligation du Code du travail pour les employeurs, beaucoup de contrats exigent une vérification périodique de l'installation par un organisme accrédité et la levée des réserves signalées. La garantie dommages électriques (surtension, foudre) est par ailleurs indispensable pour un plateau d'imagerie.
  • L'entretien. Maintenance du matériel conforme aux préconisations du fabricant, entretien de la climatisation, robinetterie et joints surveillés : autant d'éléments que l'expert examinera après un dégât des eaux ou un incendie d'origine électrique.

Le non-respect de ces engagements se règle sur le terrain des articles L.113-8 et L.113-9 du Code des assurances : nullité du contrat en cas de fausse déclaration intentionnelle, réduction proportionnelle de l'indemnité en cas d'inexactitude non intentionnelle. Déclarer une alarme inexistante pour faire baisser la prime est donc un très mauvais calcul.

Au sinistre : délais de déclaration, franchises et perte d'exploitation

Un sinistre au cabinet se joue en trois temps : la déclaration, l'expertise, l'indemnisation.

Les délais. L'article L.113-2 du Code des assurances impose de déclarer le sinistre dans un délai qui ne peut être inférieur à 5 jours ouvrés — ramené à 2 jours ouvrés en cas de vol. Passé ce délai, l'assureur peut opposer une déchéance s'il prouve que le retard lui a causé un préjudice. En cas de vol, déposez plainte immédiatement : le récépissé vous sera demandé.

Les franchises. Outre la franchise contractuelle, les catastrophes naturelles (régime des articles L.125-1 et suivants) comportent une franchise légale spécifique pour les biens à usage professionnel, de l'ordre de 10 % des dommages matériels avec un minimum d'environ 1 140 € — montant indicatif, fixé par la réglementation en vigueur.

La perte d'exploitation. Un cabinet inondé, ce sont des semaines de consultations annulées pendant que le loyer, le leasing de l'échographe et le salaire de la secrétaire continuent de courir. La garantie perte d'exploitation compense la marge brute perdue et les frais supplémentaires (location d'un local ou d'un matériel de remplacement). Ajoutez-y les frais de reconstitution d'archives : re-scanner, redemander, reconstruire des dossiers patients détruits a un coût réel, souvent sous-estimé.

Résilier ou ajuster son contrat : un cadre B2B, sans loi Hamon

Dernier point, souvent mal compris : votre multirisque professionnelle est un contrat entre professionnels. Le délai de rétractation de 14 jours du droit de la consommation et la résiliation « à tout moment » de la loi Hamon ne s'appliquent pas — ils ne concernent que les particuliers. Inutile de les invoquer.

Le cadre applicable est celui du Code des assurances :

  • Article L.113-12 : résiliation possible chaque année à l'échéance anniversaire, moyennant un préavis de 2 mois notifié à l'assureur.
  • Article L.113-16 : résiliation en cours d'année en cas de changement de situation modifiant le risque — déménagement du cabinet, cessation d'activité, départ à la retraite, changement de profession.
  • Article L.113-3 : à défaut de paiement de la prime dans les 10 jours de l'échéance, l'assureur peut adresser une mise en demeure ; la garantie est suspendue 30 jours plus tard, puis le contrat peut être résilié. Un cabinet qui tourne sans garantie faute de prime payée est un scénario à éviter absolument.

Côté budget, une multirisque de cabinet médical reste accessible : à titre d'exemple, à partir d'environ 18,90 € par mois pour un cabinet de cardiologie standard — le tarif réel dépend de la surface, du contenu déclaré et des garanties retenues. Le bon réflexe annuel : réévaluer les capitaux à chaque acquisition de matériel, plutôt que de découvrir la sous-assurance devant l'expert.

Questions fréquentes

Oui. Le classement ERP dépend de l'accueil du public — vos patients — et non de la présence de salariés. Un cabinet de consultation relève en général de la 5e catégorie, avec à la clé le registre de sécurité, les extincteurs vérifiés, l'affichage des consignes et le registre public d'accessibilité. Seule la vérification électrique du Code du travail est liée à l'emploi de personnel ; elle reste toutefois souvent exigée par l'assureur.

Pas par la multirisque de base : la panne interne relève de la garantie bris de machine et la surtension de la garantie dommages électriques, deux extensions à souscrire expressément. Vérifiez aussi le plafond par appareil : un échocardiographe pouvant coûter entre 30 000 et 100 000 €, un plafond standard de contenu professionnel est vite insuffisant. Si l'appareil est en crédit-bail, contrôlez qui doit l'assurer selon le contrat de financement.

Non. La loi Hamon et le délai de rétractation de 14 jours relèvent du droit de la consommation et ne s'appliquent pas aux contrats professionnels. Vous pouvez résilier chaque année à l'échéance avec un préavis de 2 mois (article L.113-12 du Code des assurances), ou en cours d'année en cas de changement de situation — déménagement du cabinet, cessation d'activité, retraite — sur le fondement de l'article L.113-16.

Les dossiers papier détruits peuvent être pris en charge au titre des frais de reconstitution d'archives, si cette garantie figure au contrat : elle finance le temps et les démarches nécessaires pour reconstruire les dossiers. Elle ne remplace pas une sauvegarde informatique externalisée, qui reste la meilleure protection et s'inscrit dans vos obligations de sécurité des données de santé. Déclarez le sinistre sous 5 jours ouvrés (article L.113-2).

Oui, si l'activation de l'alarme ou la fermeture des issues est une condition de la garantie vol inscrite aux conditions particulières. En cas de protection déclarée mais inexistante, les articles L.113-8 et L.113-9 du Code des assurances permettent la nullité du contrat (fausse déclaration intentionnelle) ou une réduction proportionnelle de l'indemnité. Respectez les mesures prévues et déclarez le vol sous 2 jours ouvrés, avec dépôt de plainte.

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Article rédigé et vérifié par l'équipe Insurio — Tutassûr, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 22001730. Information à caractère général ne se substituant pas aux conditions de votre contrat.

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