Gommage du corps : les obligations qui pèsent sur votre local
ERP, hygiène des cabines humides, exigences des assureurs sur le vol et le linge huilé : tour complet des obligations qui pèsent sur le local d'un professionnel du gommage du corps, et de ce qui se passe vraiment au moment du sinistre.
- Un institut de gommage qui reçoit des clients est un ERP de 5e catégorie : extincteur, registre public d'accessibilité et affichage des prix sont exigibles dès l'ouverture.
- Les gommages et huiles utilisés en cabine sont des cosmétiques régis par le règlement (CE) n° 1223/2009 ; fabriquer ses propres mélanges pour les vendre fait de vous le responsable de leur mise sur le marché.
- En catastrophe naturelle, la franchise légale sur les biens à usage professionnel est de 10 % des dommages, avec un minimum de 1 140 € : le contrat ne peut pas la réduire.
- La multirisque professionnelle se résilie selon l'article L.113-12 du Code des assurances (préavis de deux mois avant l'échéance annuelle) : ni rétractation de 14 jours ni loi Hamon en B2B.
Un local qui reçoit du public : les obligations ERP de votre institut
Recevoir des clientes et clients pour un gommage fait de votre local un établissement recevant du public (ERP), presque toujours classé en 5e catégorie compte tenu du faible effectif accueilli. Ce classement déclenche des obligations légales, même pour une cabine unique de 20 m².
- Sécurité incendie : au moins un extincteur adapté et accessible, des dégagements laissés libres en permanence et une installation électrique maintenue en bon état.
- Registre public d'accessibilité : obligatoire pour tout ERP, il décrit les conditions d'accès des personnes en situation de handicap aux prestations et se tient à disposition à l'accueil.
- Affichages : prix des prestations lisibles de l'extérieur et à l'intérieur, signalisation de l'interdiction de fumer et de vapoter, consignes d'évacuation.
Tenir un registre de sécurité recensant les vérifications (extincteurs, électricité, alarme) n'est pas systématiquement contrôlé en 5e catégorie, mais c'est une bonne pratique qui fait la différence lors d'un passage de la commission de sécurité comme au moment d'un sinistre : votre assureur y trouve la preuve de l'entretien du local. Enfin, tout aménagement modifiant l'accueil du public — création d'une cabine, déplacement d'une cloison, changement d'affectation du local — suppose une autorisation préalable en mairie au titre de la réglementation ERP. L'oublier expose à une fermeture administrative, et fragilise la déclaration du risque faite à l'assureur.
Cabines, produits de gommage et eau : les règles d'hygiène du métier
Les produits que vous appliquez — gommages au sel ou au sucre, huiles, enveloppements — sont des produits cosmétiques au sens du règlement (CE) n° 1223/2009. Concrètement, pour votre local : conservez les factures et références fournisseurs, respectez les durées d'utilisation après ouverture indiquées sur les contenants et stockez les produits à l'abri de la chaleur. Attention : si vous fabriquez vos propres mélanges pour les vendre au comptoir, vous devenez responsable de leur mise sur le marché, avec des obligations de sécurité et d'étiquetage bien plus lourdes — un point régulièrement vérifié lors des contrôles de la répression des fraudes.
Le gommage impose ensuite une hygiène rigoureuse du poste de travail : linge changé entre chaque client, nettoyage et désinfection des tables de soin, sols lessivables dans les cabines humides. Si votre local comporte des douches de rinçage, une douche à affusion ou un hammam, la réglementation sanitaire impose de surveiller le réseau d'eau chaude contre le risque de légionelles : entretien des ballons, purge régulière des points d'eau peu utilisés, température maîtrisée. Documentez ces opérations : c'est une obligation sanitaire, et un argument décisif si un client invoque une infection.
Enfin, la pratique des soins esthétiques à la personne est soumise à une exigence de qualification professionnelle. Sans le diplôme requis ou l'expérience équivalente, c'est l'exploitation même du local qui est fragilisée — et avec elle la sincérité des déclarations faites à votre assureur.
Locataire du local : ce que le Code civil et votre bail imposent
Si vous êtes locataire, l'article 1733 du Code civil pose une présomption redoutable : en cas d'incendie, le locataire répond des dommages causés au bâtiment, sauf à prouver le cas fortuit, la force majeure, un vice de construction ou la communication du feu par un voisin. C'est précisément ce que couvre la garantie « risques locatifs » de la multirisque professionnelle : sans elle, un feu parti d'un chauffe-serviettes peut vous laisser débiteur de la remise en état du local entier.
L'article 1242 du Code civil ajoute la responsabilité du fait des choses que vous avez sous votre garde : une canalisation de votre douche de soin qui fuit chez le commerce voisin, une enseigne qui se décroche sur un passant. La garantie « recours des voisins et des tiers » répond à ces situations.
Votre bail commercial complète la loi : la quasi-totalité des baux imposent d'assurer le local et de remettre une attestation chaque année, et beaucoup contiennent une clause de renonciation à recours réciproque avec le propriétaire — elle doit être déclarée à votre assureur pour produire ses effets. Relisez aussi la répartition des travaux : les grosses réparations relèvent en principe du bailleur, l'entretien courant (joints, ventilation des cabines humides, robinetterie) du locataire. C'est une obligation contractuelle, distincte de la loi, mais c'est à elle que l'expert se réfèrera après un dégât des eaux.
Ce que les assureurs exigent de votre local (et vérifient au sinistre)
Au-delà de la loi, votre contrat multirisque contient des exigences propres à l'assureur. Elles n'ont rien de facultatif : une mesure de protection prévue au contrat et non respectée peut réduire, voire faire tomber l'indemnisation.
- Protection contre le vol : selon les capitaux déclarés, serrure de sûreté ou fermeture trois points, parfois alarme ou rideau métallique sur la vitrine. Le contrat précise quand ces moyens doivent être activés (nuit, jours de fermeture).
- Installation électrique : de nombreux contrats demandent une vérification périodique par un professionnel, surtout en présence d'appareils qui chauffent longtemps — chauffe-serviettes, générateur de hammam, ballon d'eau chaude.
- Linge et huiles : les serviettes imbibées d'huiles végétales peuvent s'enflammer spontanément, notamment à la sortie du sèche-linge. Lavage à haute température, refroidissement complet avant stockage et contenant métallique fermé pour le linge huilé sont des exigences fréquentes — et, de toute façon, une bonne pratique vitale.
- Entretien des zones humides : joints, flexibles et ventilation en bon état ; un dégât des eaux dû à un défaut d'entretien manifeste peut être écarté de la garantie.
Dernier point, décisif : la déclaration du risque. Surface exacte, activité réelle, présence d'un hammam ou d'un sauna, valeur du matériel et du stock. Une fausse déclaration intentionnelle est sanctionnée par la nullité du contrat (article L.113-8 du Code des assurances) ; une omission de bonne foi entraîne une réduction proportionnelle de l'indemnité (article L.113-9).
Garanties multirisque : les risques concrets d'un institut de gommage
La multirisque professionnelle combine l'assurance de vos biens — aménagements, tables de soin, chauffe-serviettes, stock de cosmétiques — et les responsabilités liées à l'occupation du local. Pour un petit institut, les offres du marché démarrent autour de 13,90 € par mois : un ordre de grandeur constaté, jamais un tarif garanti, le prix final dépendant de la surface, des capitaux assurés et des garanties retenues.
| Risque concret | Garantie mobilisée | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Fuite d'une douche de soin ou du hammam | Dégât des eaux + recherche de fuite | Entretien des joints exigé ; vérifier le plafond de la recherche de fuite |
| Feu parti du linge huilé ou d'un chauffe-serviettes | Incendie | Respecter les consignes de stockage du linge prévues au contrat |
| Cambriolage : produits, appareils, fond de caisse | Vol et vandalisme | Moyens de protection à activer ; espèces souvent plafonnées |
| Vitrine, miroirs ou parois de douche brisés | Bris de glace | Déclarer aussi les vitrages intérieurs des cabines |
| Inondation reconnue par arrêté interministériel | Catastrophes naturelles (article L.125-1) | Franchise légale : 10 % des dommages, minimum 1 140 € pour les biens professionnels |
| Fermeture du local après sinistre | Perte d'exploitation | Souvent optionnelle : vérifier qu'elle figure bien au contrat |
Chiffrez vos biens de façon réaliste : à titre d'exemple, une table de soin professionnelle, le stock de cosmétiques et les aménagements d'une cabine humide représentent vite plusieurs dizaines de milliers d'euros à reconstituer après un incendie.
Le jour du sinistre : délais, preuves et indemnisation
L'article L.113-2 du Code des assurances encadre les délais de déclaration : cinq jours ouvrés à compter de la connaissance du sinistre dans le cas général, deux jours ouvrés en cas de vol. Prévenez votre assureur même si l'évaluation des dommages n'est pas terminée, et prenez immédiatement les mesures conservatoires — couper l'eau, bâcher, faire sécuriser la vitrine — dont le coût est généralement pris en charge.
Constituez ensuite le dossier : photos datées, factures d'achat du matériel et du stock, bail, justificatifs d'entretien. C'est ici que le registre de sécurité et les preuves de maintenance prennent toute leur valeur : ils démontrent que le local était conforme et entretenu, et coupent court aux discussions sur un éventuel défaut d'entretien.
L'indemnisation obéit au principe indemnitaire de l'article L.121-1 : elle répare le préjudice sans pouvoir l'excéder. Selon le contrat, vos biens sont réglés en valeur d'usage (vétusté déduite) ou en valeur à neuf — un point à négocier dès la souscription pour du matériel de soin qui se déprécie vite. En catastrophe naturelle, régime des articles L.125-1 et suivants, la garantie joue après publication de l'arrêté de reconnaissance, avec une franchise légale d'ordre public que le contrat ne peut ni réduire ni supprimer. Un refus de garantie s'analyse toujours à la lumière du contrat : demandez la clause précise invoquée avant d'accepter la position de l'assureur.
Résilier ou adapter votre contrat : les règles propres aux professionnels
Premier réflexe à corriger : la rétractation de 14 jours et la loi Hamon (résiliation infra-annuelle) relèvent du droit de la consommation et ne s'appliquent pas à une multirisque souscrite pour votre institut. On ne les cite ici que pour les écarter : en assurance professionnelle, c'est le Code des assurances qui gouverne.
- Résiliation à l'échéance (article L.113-12) : chaque année, à la date d'échéance du contrat, moyennant un préavis de deux mois notifié à l'assureur.
- Changement de situation (article L.113-16) : déménagement du local, changement de profession, cessation définitive d'activité — la résiliation est possible dans les trois mois de l'événement lorsque le risque couvert s'en trouve modifié.
- Non-paiement de prime (article L.113-3) : après mise en demeure, la garantie est suspendue puis le contrat peut être résilié. Un institut qui continue de recevoir des clients pendant la suspension travaille sans filet.
Pensez surtout à faire vivre le contrat au rythme du local : création d'un hammam, installation d'une douche à affusion, extension de surface, hausse du stock avant les fêtes. Ces évolutions modifient le risque déclaré et doivent être signalées en cours de contrat, obligation posée par l'article L.113-2. Un courtier comme insurio.fr (ORIAS 22001730) peut réaliser cette revue annuelle et remettre les garanties en face de la réalité de votre institut de gommage.
Questions fréquentes
Oui, dès lors que la clientèle entre dans le local, il s'agit d'un ERP, presque toujours de 5e catégorie vu le faible effectif accueilli. Cela impose notamment un extincteur accessible, des issues dégagées, un registre public d'accessibilité et une autorisation en mairie avant tous travaux modifiant l'accueil du public.
Parce que les serviettes imbibées d'huiles végétales peuvent s'enflammer spontanément, en particulier lorsqu'elles sont stockées encore chaudes en sortie de sèche-linge. Beaucoup de contrats imposent un lavage à haute température, un refroidissement complet avant stockage et un contenant métallique fermé pour le linge huilé ; ne pas respecter ces consignes peut compromettre l'indemnisation après un incendie.
En tant que gardien de vos installations, vous êtes responsable sur le fondement de l'article 1242 du Code civil. La garantie dégât des eaux et le recours des voisins et des tiers de votre multirisque prennent le relais, à condition que la fuite ne résulte pas d'un défaut d'entretien manifeste des joints ou flexibles, que la plupart des contrats mettent à votre charge.
C'est un prix de référence constaté pour un petit institut, à prendre comme ordre de grandeur et non comme tarif garanti. À ce niveau, on trouve généralement le socle incendie, dégât des eaux, vol, bris de glace et responsabilités liées au local ; la perte d'exploitation ou la valeur à neuf du matériel restent souvent des options à ajouter selon la valeur de vos biens.
Non : la loi Hamon comme la rétractation de 14 jours ne concernent que les consommateurs, pas les contrats professionnels. Vous pouvez résilier chaque année à l'échéance avec deux mois de préavis (article L.113-12 du Code des assurances) ou, dans les trois mois d'un événement comme un déménagement du local ou une cessation d'activité, sur le fondement de l'article L.113-16.
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Article rédigé et vérifié par l'équipe Insurio — Tutassûr, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 22001730. Information à caractère général ne se substituant pas aux conditions de votre contrat.