Mon assureur m'annonce trois franchises pour un seul sinistre : comment lire le tableau de mes conditions particulières ?
Une même police, huit à douze franchises. Comment identifier celle qui s'applique à votre sinistre, et ce que cela change sur votre indemnité.
- Une multirisque professionnelle ne contient pas « une » franchise mais une par garantie : le tableau des conditions particulières en aligne couramment 8 à 12 lignes (incendie, dégât des eaux, vol, bris de glace, bris de machine, dommages électriques, tempête, catastrophes naturelles, pertes d'exploitation, RC exploitation). C'est la garantie mise en jeu par la cause du sinistre — et non la nature du bien endommagé — qui désigne la ligne applicable.
- La franchise « catastrophes naturelles » n'est pas fixée par votre assureur mais par la réglementation (annexe à l'article A.125-1 du code des assurances) : pour les biens à usage professionnel, 10 % du montant des dommages matériels directs, par établissement et par événement, avec un minimum réglementaire (1 140 €, relevé à 3 050 € pour les dommages liés à la sécheresse et à la réhydratation des sols) — vérifiez le montant du texte en vigueur au jour du sinistre.
- La franchise de pertes d'exploitation s'exprime en jours, pas en euros : 3 jours ouvrés sur une marge brute de 2 400 € par jour représentent 7 200 € à votre charge, soit souvent davantage que toutes les franchises « dommages aux biens » réunies. Vérifiez aussi le point de départ (date du sinistre ou date d'arrêt effectif) et la période d'indemnisation retenue, exprimée en mois.
- Le délai de déclaration est fixé par le contrat mais ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés, réduit à deux jours ouvrés en cas de vol (article L.113-2, 4° du code des assurances). En B2B, la sortie du contrat relève de l'article L.113-12 (échéance annuelle, préavis de deux mois) et des cas de l'article L.113-16 : ni rétractation de 14 jours, ni résiliation infra-annuelle, réservées aux particuliers.
Où se cache le tableau des franchises — et pourquoi il en contient autant
Dans une multirisque professionnelle, la franchise n'est pas une donnée unique inscrite sur le devis. C'est une colonne, alignée en face de chaque garantie, dans un tableau qui figure le plus souvent en fin de conditions particulières sous un intitulé du type « Tableau des garanties, montants et franchises ». Les conditions générales, elles, définissent la mécanique (comment la franchise se calcule, à quel moment elle se déduit) mais ne portent presque jamais les montants.
Trois documents, trois rôles à ne pas confondre :
- Le document d'information normalisé remis avant souscription pour les produits non-vie, issu de la directive sur la distribution d'assurances (directive (UE) 2016/97) : un résumé standardisé, utile mais non contractuel dans ses raccourcis.
- Les conditions générales : le régime commun, les définitions, les exclusions.
- Les conditions particulières : votre risque, vos capitaux, vos franchises. En cas de contradiction, ce sont les stipulations particulières, personnalisées, qui l'emportent sur la clause générale.
Une précision juridique utile : la franchise n'est pas une exclusion. Elle ne supprime pas la garantie, elle laisse une part du dommage à votre charge. La jurisprudence l'analyse en principe comme une limitation du montant de la garantie, si bien que l'exigence de caractères très apparents posée par l'article L.112-4 du code des assurances pour les nullités, déchéances et exclusions ne lui est pas nécessairement applicable. Raison de plus pour la lire soi-même, ligne à ligne, avant le sinistre plutôt qu'après. Ce réflexe fait partie du socle de lecture de toute assurance multirisque professionnelle.
Les cinq façons d'écrire une franchise (et pourquoi la forme change tout)
Deux contrats peuvent afficher « franchise : 1 500 € » et « franchise : 10 % du dommage, minimum 1 500 € » : sur un sinistre de 40 000 €, l'écart est de 2 500 €. La forme de rédaction pèse autant que le montant.
| Forme rédactionnelle | Comment elle se lit | Effet réel sur un sinistre |
|---|---|---|
| Franchise fixe en euros | « 800 € par sinistre » | Montant constant, prévisible, non indexé sauf clause contraire. |
| Franchise proportionnelle | « 10 % du montant des dommages, minimum X €, maximum Y € » | Croît avec le sinistre. L'absence de maximum est le point sensible : sur un gros dommage, la part à votre charge n'est plus plafonnée. |
| Franchise indexée | « 2 fois l'indice » (indice contractuel, souvent un indice du bâtiment) | Revalorisée automatiquement à chaque échéance, sans avenant : le montant de l'année 5 n'est plus celui de la souscription. |
| Franchise temporelle | « 3 jours ouvrés » (pertes d'exploitation, carence de fournisseur) | Convertie en euros par votre marge brute journalière. C'est la plus lourde et la moins visible. |
| Franchise annuelle globale | « 5 000 € par année d'assurance, toutes causes confondues » | Favorable en cas de sinistres répétés, défavorable en l'absence de sinistre : elle s'épuise, elle ne se rembourse pas. |
Deux mentions techniques à repérer. La franchise absolue se déduit dans tous les cas ; la franchise simple (dite atteinte, ou seuil d'intervention) disparaît dès que le dommage la dépasse, l'indemnité étant alors versée en totalité. Le découvert obligatoire, fréquent en bris de machine ou en responsabilité, désigne une part du dommage que l'assureur refuse par principe de prendre en charge : il se cumule parfois avec une franchise minimale.
Le tableau ligne par ligne : ce que chaque garantie cache
Le tableau ci-dessous ne reproduit aucun barème officiel : il n'existe pas de franchise « du marché ». Il liste les lignes que l'on retrouve habituellement dans un tableau de conditions particulières et, pour chacune, le point à contrôler dans votre document.
| Ligne du tableau | Rédaction fréquente | À vérifier dans vos conditions particulières |
|---|---|---|
| Incendie, explosion, foudre | Souvent sans franchise ou franchise réduite | Une franchise spécifique peut réapparaître pour les dommages électriques consécutifs. |
| Dégât des eaux | Montant fixe par sinistre | Franchise majorée après le deuxième sinistre de l'année, ou si les mesures de fermeture et de purge prévues n'ont pas été respectées en période d'inoccupation. |
| Vol, vandalisme | Pourcentage avec minimum et maximum | Franchise spéciale, souvent bien plus élevée, si les moyens de protection décrits au contrat n'étaient pas en service. Le vandalisme est parfois doté de sa propre ligne. |
| Bris de glace | Montant fixe modeste | Périmètre : vitrines, enseignes, vitrages isolants, plaques de cuisson sont-ils visés ? |
| Bris de machine, dommages électriques | Pourcentage avec minimum, ou découvert | Garantie distincte du dégât des eaux : c'est la cause qui désigne la ligne, pas le bien touché. Une machine noyée relève souvent du dégât des eaux, pas du bris de machine. |
| Tempête, grêle, poids de la neige | Montant fixe ou pourcentage | Clause d'événement unique : une série de dommages de même cause survenus dans un intervalle défini ne compte que pour un sinistre — donc une seule franchise. |
| Catastrophes naturelles | Franchise réglementaire | 10 % des dommages matériels directs avec minimum réglementaire pour les biens professionnels. Ni l'assureur ni vous ne pouvez la modifier ; elle ne peut pas non plus être rachetée. |
| Pertes d'exploitation | Franchise en jours ouvrés | Jours ouvrés ou calendaires ? Point de départ à la date du sinistre ou de l'arrêt effectif ? Durée d'indemnisation retenue, en mois ? |
| Responsabilité civile exploitation | Franchise par sinistre, parfois écartée pour les dommages corporels | En responsabilité, la franchise reste en principe à votre charge : l'assureur indemnise le tiers et vous la réclame ou la déduit. |
Cette architecture est la même que l'on assure un magasin, un cabinet ou un local d'activité : seuls les montants et l'ordre des lignes changent.
Un seul événement, plusieurs garanties : quelle franchise s'applique ?
C'est la question qui fâche au moment du règlement. Une tempête décoiffe la toiture, l'eau s'infiltre, un onduleur grille et l'atelier s'arrête trois jours. Trois garanties, potentiellement trois franchises.
Il n'existe pas de règle légale de priorité. Tout dépend de la clause de votre contrat, qui adopte généralement l'une de ces trois logiques :
- Franchise unique, la plus élevée : une seule franchise est retenue pour l'ensemble des dommages issus du même événement. C'est la stipulation la plus favorable, et elle doit être écrite.
- Cumul par garantie : chaque garantie mise en jeu prélève sa franchise. Fréquent lorsque les dommages aux biens et les pertes d'exploitation sont traités séparément.
- Franchise par unité : « par sinistre », « par événement », « par bâtiment » ou « par établissement ». Sur un site multi-bâtiments, la différence entre par sinistre et par bâtiment peut multiplier la retenue.
À retenir : la garantie mise en jeu se détermine par la cause du dommage, telle que définie aux conditions générales, et non par le bien endommagé. Contestez donc d'abord la qualification retenue par l'expert, pas le montant de la franchise : c'est la qualification qui commande la ligne du tableau, donc le calcul.
Une seconde règle contractuelle mérite d'être repérée : la clause d'événement unique. En tempête, grêle ou dommages électriques d'origine atmosphérique, elle regroupe en un seul sinistre les dommages de même cause survenus dans un intervalle défini par le contrat. Elle joue en votre faveur sur la franchise, mais consomme un seul plafond de garantie.
Cas pratique chiffré : un dégât des eaux à 64 700 € dans un atelier
Un atelier de mécanique de précision de onze salariés subit la rupture d'une canalisation d'eau un samedi soir. Constat le lundi matin. Marge brute journalière de référence : 2 400 € par jour ouvré. Le tableau des conditions particulières prévoit une franchise dégât des eaux de 800 € par sinistre, absolue, et une franchise de pertes d'exploitation de 3 jours ouvrés. Le matériel est assuré en valeur d'usage, sans option de remplacement à neuf. L'arrêt de production dure 9 jours ouvrés.
| Poste | Dommage évalué | Règle appliquée | Indemnité | Reste à charge |
|---|---|---|---|---|
| Bâtiment (cloisons, sol technique) | 12 400 € | Coût de remise en état, sans abattement | 12 400 € | 0 € |
| Matériel de production, armoire de commande | 26 800 € | Valeur d'usage : vétusté retenue 30 % | 18 760 € | 8 040 € |
| Marchandises et en-cours | 3 900 € | Valeur de remplacement | 3 900 € | 0 € |
| Franchise dégât des eaux | — | 800 € par sinistre, absolue | − 800 € | 800 € |
| Pertes d'exploitation (9 jours ouvrés × 2 400 €) | 21 600 € | Franchise de 3 jours ouvrés | 14 400 € | 7 200 € |
| Total | 64 700 € | 48 660 € | 16 040 € |
Lecture du résultat : le dirigeant avait retenu « ma franchise, c'est 800 € ». Son reste à charge réel atteint 16 040 €, dont 7 200 € de franchise temporelle et 8 040 € d'abattement de vétusté — qui n'est pas une franchise mais une règle d'évaluation. S'ajoute un effet de trésorerie souvent oublié : lorsque l'entreprise récupère la TVA, l'indemnité est réglée hors taxes.
Deux variantes changent tout. Si le contrat avait qualifié les dommages à l'armoire de commande de dommages électriques garantis à part, une seconde franchise proportionnelle se serait ajoutée. Et si la franchise de pertes d'exploitation avait été portée à 5 jours ouvrés contre une baisse de prime, la retenue passait à 12 000 €. Ce type d'arbitrage se pose dans tout contrat d'assurance d'atelier où l'outil de production conditionne le chiffre d'affaires.
Ce que l'assurance couvre — et ce qu'elle exige de vous
La franchise n'est que la partie visible du partage de risque. Trois registres se superposent, et il est essentiel de ne pas les confondre.
Ce qui relève de la loi. L'assureur couvre les pertes et dommages occasionnés par cas fortuits ou par la faute de l'assuré, sauf exclusion formelle et limitée du contrat ; la faute intentionnelle ou dolosive de l'assuré, elle, n'est jamais garantie (article L.113-1 du code des assurances). L'assurance de biens est un contrat d'indemnité : l'indemnité ne peut excéder la valeur de la chose assurée au moment du sinistre (article L.121-1). Si les capitaux déclarés sont inférieurs à la valeur réelle, la règle proportionnelle de capitaux peut s'appliquer et vous laisser supporter une part du dommage, sauf convention contraire (article L.121-5). Une déclaration inexacte de bonne foi sur le risque conduit à une réduction proportionnelle de l'indemnité (article L.113-9). Enfin, le sinistre doit être déclaré dans le délai du contrat, qui ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés, réduit à deux jours ouvrés en cas de vol (article L.113-2, 4°).
Ce que l'assureur exige contractuellement. Ces obligations ne sont pas légales : elles figurent dans vos conditions et conditionnent le niveau de franchise appliqué. Typiquement : maintenir en service les moyens de protection déclarés (alarme reliée, serrures et fermetures décrites, extincteurs vérifiés) ; déposer plainte en cas de vol ; fermer les arrivées d'eau et purger les installations pendant les périodes de fermeture prolongée ; faire entretenir les installations selon les préconisations ; tenir un inventaire et conserver les justificatifs de valeur. Le non-respect n'entraîne pas toujours un refus de garantie : très souvent, il déclenche une franchise spéciale majorée, seule sanction prévue par la clause.
Ce qui n'est qu'une bonne pratique — mais décide de l'indemnité. Photographier les locaux et les machines une fois par an, conserver les factures d'acquisition hors du site, documenter la marge brute et les jours ouvrés réels, relire le tableau des franchises à chaque avis d'échéance. Aucun texte ne l'impose ; en pratique, c'est ce dossier qui fait la différence lors de l'expertise.
Aucune de ces règles ne préjuge de votre couverture : les garanties, montants et franchises effectivement applicables sont ceux de vos conditions particulières. Votre contrat peut prévoir des dispositions plus favorables comme plus restrictives.
Ajuster ses franchises : quels leviers, à quel moment
La franchise est un levier de prime, pas une fatalité. Trois arbitrages structurent la discussion avec votre courtier.
- Relever les franchises fixes, protéger la franchise temporelle. Passer une franchise dégât des eaux de 400 à 800 € pèse peu sur votre trésorerie ; ajouter deux jours ouvrés de franchise en pertes d'exploitation peut coûter plusieurs milliers d'euros sur un seul sinistre.
- Exiger un maximum sur les franchises proportionnelles. Une franchise « 10 % du dommage, minimum 1 500 € » sans plafond expose l'entreprise à une retenue illimitée sur les gros sinistres.
- Faire écrire la règle de non-cumul. La mention « en cas de sinistre relevant de plusieurs garanties, il n'est retenu qu'une seule franchise, la plus élevée » doit figurer noir sur blanc.
Sur le calendrier, deux points à connaître, propres au B2B. Toute modification en cours d'année suppose l'accord de l'assureur et doit être constatée par un avenant signé des parties (article L.112-3 du code des assurances) : un courriel de confirmation ne suffit pas. À défaut d'accord, la sortie du contrat s'opère à l'échéance annuelle avec un préavis de deux mois (article L.113-12), auquel s'ajoutent les cas particuliers de l'article L.113-16 — notamment le changement de profession ou la cessation définitive d'activité professionnelle, lorsque le contrat garantit des risques en relation directe avec la situation antérieure, la demande devant intervenir dans les trois mois suivant l'événement et la résiliation prenant effet un mois après notification.
Deux dispositifs souvent invoqués par erreur ne s'appliquent pas ici : le droit de rétractation de quatorze jours du code de la consommation et la résiliation infra-annuelle des contrats d'assurance dits « affinitaires » ou d'habitation visent les particuliers. Un contrat souscrit pour les besoins de votre activité professionnelle n'en bénéficie pas. La relecture du tableau des franchises se prépare donc avant l'échéance, pas au lendemain du sinistre.
Questions fréquentes
Oui. L'obligation de déclaration ne dépend pas du montant : le délai est fixé par le contrat et ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés, ramenés à deux jours ouvrés en cas de vol (article L.113-2, 4° du code des assurances). Trois raisons pratiques s'y ajoutent : l'ampleur réelle des dommages se révèle souvent après démontage ; un tiers peut être responsable, ce qui ouvre un recours de votre assureur ; et une garantie annexe, non identifiée au départ, peut être mobilisable. Précision utile : lorsqu'une clause de déchéance pour déclaration tardive est prévue, l'assureur ne peut vous l'opposer que s'il établit que le retard lui a causé un préjudice, et elle est écartée si le retard résulte d'un cas fortuit ou de force majeure. Interrogez néanmoins votre courtier sur l'incidence d'une déclaration de faible montant sur votre statistique de sinistralité.
Oui, si votre contrat le prévoit ainsi, car aucun texte n'impose de franchise unique. Trois rédactions coexistent : une franchise unique, la plus élevée, pour tous les dommages issus du même événement ; un cumul d'une franchise par garantie mise en jeu ; ou une franchise appliquée par unité (par sinistre, par bâtiment, par établissement). Recherchez dans vos conditions particulières une clause de non-cumul, et vérifiez la clause d'événement unique qui regroupe en un seul sinistre les dommages de même cause survenus dans un intervalle défini. En pratique, le débat porte moins sur la franchise que sur la qualification du sinistre par l'expert : c'est elle qui désigne la ligne du tableau, donc la retenue.
Sur l'assiette définie par le contrat, et elle varie. Trois assiettes se rencontrent : le montant des dommages évalués avant tout abattement, le montant de l'indemnité après application de la vétusté et des règles d'évaluation, ou le montant des dommages matériels directs. L'écart n'est pas anecdotique : sur 26 800 € de dommages ramenés à 18 760 € après vétusté, la franchise passe de 2 680 € à 1 876 €. Vérifiez également la présence d'un maximum : sans plafond, la part à votre charge croît indéfiniment avec le sinistre. Enfin, l'ordre des opérations doit être lu dans la clause : l'usage veut que l'évaluation intervienne d'abord, puis les abattements et l'éventuelle règle proportionnelle de capitaux, puis la franchise, le plafond de garantie s'appliquant en dernier.
En principe oui, dans un premier temps. Votre assureur vous indemnise sous déduction de la franchise, puis exerce son recours contre le responsable, étant subrogé dans vos droits à concurrence de ce qu'il a versé (article L.121-12 du code des assurances). La franchise, elle, n'a pas été versée par l'assureur : vous conservez donc le droit de la réclamer directement au responsable ou à son assureur de responsabilité, et certains contrats prévoient sa restitution si le recours aboutit. Demandez expressément à votre gestionnaire que votre franchise soit intégrée à la réclamation adressée au tiers, et conservez la preuve du montant retenu. À noter : dans certaines assurances obligatoires, la franchise n'est pas opposable à la victime, mais cette règle est propre à ces régimes et ne s'étend pas à la responsabilité civile exploitation d'une multirisque.
Une modification en cours d'année est possible, mais elle suppose l'accord de l'assureur et doit être constatée par un avenant signé des parties (article L.112-3 du code des assurances) : sans avenant, l'ancien tableau reste opposable en cas de sinistre. Si l'assureur refuse, le régime applicable à un contrat professionnel est la résiliation à l'échéance annuelle avec un préavis de deux mois (article L.113-12), complétée par les cas de l'article L.113-16, dont le changement de profession et la cessation définitive d'activité professionnelle, à demander dans les trois mois suivant l'événement pour un effet un mois après notification. Attention : ni le droit de rétractation de quatorze jours du code de la consommation, ni la résiliation infra-annuelle réservée aux particuliers ne s'appliquent à un contrat souscrit pour les besoins de votre activité. La bonne fenêtre de renégociation se situe donc environ quatre mois avant l'échéance.
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Article rédigé et vérifié par l'équipe Insurio — Tutassûr, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 22001730. Information à caractère général ne se substituant pas aux conditions de votre contrat.