Votre assureur propose 2 500 € de franchise contre 570 € de prime en moins : bon calcul ?
Une franchise plus haute fait baisser la prime, mais déplace le risque vers votre trésorerie. Voici comment calculer le point de bascule.
- En multirisque professionnelle, la franchise est contractuelle : aucun texte ne fixe de plafond. L'exception est la garantie catastrophes naturelles, où le minimum réglementaire pour les biens à usage professionnel est de 1 140 € (3 050 € pour les dommages consécutifs à la sécheresse/réhydratation des sols), selon l'annexe de l'article A.125-1 du Code des assurances.
- Le point de bascule se calcule, il ne s'estime pas : fréquence de sinistres à partir de laquelle la franchise haute devient perdante = économie annuelle de prime ÷ écart de franchise. Pour 570 € d'économie et un écart de 2 000 €, c'est 0,29 sinistre par an, soit environ un sinistre tous les 3 ans et demi.
- Changer de franchise en cours d'année suppose un avenant accepté par l'assureur ; une proposition de modification adressée par lettre recommandée est réputée acceptée si l'assureur ne la refuse pas dans les dix jours (article L.112-3 du Code des assurances). À défaut, la sortie se fait à l'échéance annuelle avec deux mois de préavis (article L.113-12).
- Une franchise élevée ne supprime aucune obligation : le délai de déclaration prévu au contrat ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés, deux jours ouvrés en cas de vol (article L.113-2), et toute action dérivant du contrat se prescrit par deux ans (article L.114-1).
Ce que vous achetez vraiment en montant votre franchise
La franchise est la part du dommage qui reste définitivement à votre charge après un sinistre garanti. En acceptant de la relever, vous ne réduisez pas votre risque : vous achetez une réduction de prime en échange d'un transfert de risque vers votre propre trésorerie. C'est un arbitrage financier, pas une optimisation.
Trois notions sont régulièrement confondues, et elles n'ont ni la même origine ni le même effet :
- La franchise : une limitation contractuelle du montant indemnisable. Ce n'est pas une exclusion de garantie — le sinistre est bien couvert, mais l'indemnité est amputée.
- Le plafond de garantie : la limite haute de l'engagement de l'assureur, qui joue sur les sinistres graves.
- La règle proportionnelle de capitaux : si la valeur réelle des biens dépasse au jour du sinistre la somme garantie, l'assuré reste son propre assureur pour l'excédent et supporte une part proportionnelle du dommage (article L.121-5 du Code des assurances), sauf convention contraire. Une franchise basse ne protège en rien d'une sous-assurance.
Vos conditions particulières peuvent prévoir plusieurs mécaniques de franchise, souvent différentes d'une garantie à l'autre :
| Type de franchise | Mécanisme | Effet concret |
|---|---|---|
| Absolue | Déduite de chaque indemnité, quel que soit le montant du dommage | Forme la plus courante en dommages aux biens |
| Simple (ou relative) | Rien n'est versé sous le seuil ; au-delà, l'indemnité est réglée intégralement | Effet de seuil brutal juste sous le montant |
| Proportionnelle | Pourcentage du dommage, généralement avec un minimum et parfois un maximum | Le reste à charge croît avec la gravité |
| En jours ouvrés | Période non indemnisée en pertes d'exploitation ou carence de fournisseur | Se mesure en jours d'activité, pas en euros |
| Annuelle globale | Plafonne le cumul des franchises supportées sur l'exercice | Protège des sinistres à répétition — à demander explicitement |
Une franchise ne se négocie pas partout : en garantie catastrophes naturelles, son montant est fixé par la réglementation et non par votre assureur. Pour les biens à usage professionnel, l'annexe de l'article A.125-1 du Code des assurances retient 10 % du montant des dommages matériels directs par établissement et par événement, avec un minimum de 1 140 €, porté à 3 050 € pour les dommages imputables aux mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols. Si vos conditions particulières prévoient une franchise plus élevée, c'est cette dernière qui s'applique.
Le point de bascule : la seule formule qui compte
Un commercial vous présentera l'économie de prime en pourcentage — « 23 % de moins » — parce que c'est le seul chiffre favorable. Le chiffre utile est ailleurs : c'est la fréquence de sinistres à partir de laquelle l'opération devient perdante.
La formule tient en une ligne :
Fréquence de bascule (sinistres par an) = économie annuelle de prime ÷ (franchise haute − franchise basse)
Avec 570 € d'économie annuelle et un passage de 500 € à 2 500 € de franchise, la bascule se situe à 570 ÷ 2 000 = 0,29 sinistre par an, soit environ un sinistre tous les trois ans et demi. Au-delà de cette fréquence, vous payez plus que vous n'économisez. Cette formule est optimiste : elle suppose que chaque sinistre coûte au moins le montant de la franchise haute. Les dommages compris entre les deux franchises — le dégât des eaux à 1 800 € — restent intégralement à votre charge et dégradent encore le résultat.
Deuxième réflexe : comparer l'économie à ce qu'elle achète réellement.
| Écart de franchise accepté | Économie annuelle | Franchise supplémentaire à sortir dès le 1er sinistre | Années d'économie « consommées » par un seul sinistre |
|---|---|---|---|
| 500 € → 1 000 € | 270 € | 500 € | 1,9 an |
| 500 € → 2 500 € | 570 € | 2 000 € | 3,5 ans |
| 500 € → 5 000 € | 860 € | 4 500 € | 5,2 ans |
La dernière colonne est celle qui compte : elle indique combien d'années sans sinistre sont nécessaires pour rentabiliser un seul sinistre. Si votre historique montre un sinistre tous les deux ans, une franchise à 5 000 € est mathématiquement perdante avant même d'être signée. Les montants ci-dessus sont une illustration : les vôtres figurent sur vos propositions chiffrées et varient selon l'activité, la surface et la sinistralité.
Capacité d'absorption : votre trésorerie fixe le plafond, pas votre courage
Le calcul de rentabilité ne dit rien du risque de rupture. Une franchise supportable en moyenne annuelle peut être ingérable un mardi matin de janvier. Trois effets sont systématiquement sous-estimés.
- La franchise s'applique par sinistre. Sauf franchise annuelle globale expressément prévue, deux sinistres dans le même exercice, c'est deux fois la franchise. Une tempête en février et un dégât des eaux en octobre, à 2 500 € chacun, représentent 5 000 € de sortie de trésorerie non budgétée.
- Vous payez avant d'être indemnisé. Les travaux de remise en état, le remplacement d'une machine ou le nettoyage se règlent souvent avant le versement du solde d'indemnité, qui suit l'expertise. La franchise s'ajoute donc à une avance de trésorerie temporaire.
- Le sinistre coûte au-delà de la franchise. Heures perdues, sous-traitance d'urgence, marge non réalisée : les postes non garantis ou soumis à leur propre franchise en jours ouvrés s'additionnent au reste à charge.
Un test de résistance simple, à mener avant de signer — il s'agit d'une bonne pratique de gestion, non d'une exigence réglementaire :
| Question à se poser | Seuil d'alerte |
|---|---|
| Puis-je sortir deux fois la franchise dans le même exercice sans mobiliser de découvert ? | Si non, la franchise est trop haute |
| La franchise dépasse-t-elle ma trésorerie disponible moyenne à 30 jours ? | Si oui, arbitrage à revoir |
| Mon échéancier fournisseurs et salaires absorbe-t-il un décalage de 45 jours ? | Si non, prévoir une réserve dédiée |
| L'économie de prime est-elle réellement mise de côté ? | Si elle finance l'exploitation courante, l'arbitrage est fictif |
Une franchise élevée n'a de sens que si l'économie correspondante alimente une réserve identifiée. Sinon, vous n'avez pas auto-assuré votre risque : vous l'avez simplement laissé sans financement. Cet arbitrage fait partie des points à examiner ligne à ligne dans une assurance multirisque professionnelle, aux côtés des capitaux assurés et des plafonds.
L'effet sur les petits sinistres : le piège du sinistre jamais déclaré
C'est la conséquence la moins anticipée. Une fois la franchise portée à 2 500 €, le bris de glace, le petit vol d'outillage ou l'infiltration limitée passent sous le seuil : ils ne sont plus déclarés. Trois effets s'enchaînent.
1. La perte de l'expertise. Un sinistre déclaré déclenche un regard technique extérieur : recherche de fuite, origine du désordre, mise en cause éventuelle d'un tiers ou d'un voisin. Un dégât des eaux traité seul « parce que c'est sous la franchise » peut masquer une cause structurelle qui produira un sinistre grave deux ans plus tard — et ce sinistre grave, lui, se heurtera à la question de l'aggravation du risque.
2. La perte du recours. Lorsqu'un tiers est responsable, l'assureur exerce un recours et peut, en cas de succès, vous restituer tout ou partie de la franchise si votre contrat le prévoit. Un sinistre non déclaré, c'est un recours jamais exercé.
3. Le risque de déchéance sur les sinistres qui comptent. L'article L.113-2 du Code des assurances impose de déclarer le sinistre dans le délai fixé au contrat, qui ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés (deux jours ouvrés en cas de vol). L'habitude de ne rien déclarer crée un réflexe dangereux : le jour où le dommage dépasse largement la franchise, la déclaration part en retard. Par ailleurs, toute action dérivant du contrat d'assurance se prescrit par deux ans (article L.114-1).
Règle pratique : déclarez, même sous la franchise, en indiquant que vous ne demandez pas d'indemnité. Vous conservez la traçabilité, l'expertise éventuelle et le recours, sans créer de règlement. Vérifiez toutefois vos conditions particulières : certains contrats intègrent tout sinistre déclaré, même non indemnisé, dans les statistiques de sinistralité utilisées à l'échéance.
Cette dernière réserve est réelle et doit être posée franchement à votre intermédiaire : une fréquence déclarée en baisse peut améliorer votre position de négociation, mais elle repose alors sur une réalité technique non documentée — ce qui affaiblit votre dossier le jour où vous devez démontrer la qualité de votre prévention.
Ce que l'assurance couvre — et ce qu'elle exige de vous
Relever la franchise ne modifie pas l'étendue des garanties. La multirisque professionnelle continue de couvrir, selon les conditions souscrites, l'incendie et les événements assimilés, les dégâts des eaux, le vol et le vandalisme, le bris de glace, les événements climatiques, les catastrophes naturelles, les dommages électriques, parfois les pertes d'exploitation et le bris de machine, ainsi que la responsabilité civile d'exploitation. Ce qui change, c'est uniquement le point d'entrée de l'indemnisation.
En contrepartie, l'assureur maintient l'intégralité de ses exigences. La distinction entre ce qui est imposé par la loi, ce qui découle de votre contrat et ce qui relève de la bonne gestion est essentielle :
| Nature | Exigence | Conséquence d'un manquement |
|---|---|---|
| Obligation légale | Répondre exactement aux questions posées lors de la souscription et déclarer les circonstances nouvelles aggravant le risque (articles L.113-2 et L.113-4 du Code des assurances) | Réduction proportionnelle de l'indemnité en cas d'omission ou d'inexactitude de bonne foi (article L.113-9) ; nullité en cas de mauvaise foi (article L.113-8) |
| Obligation légale | Déclarer le sinistre dans le délai contractuel, jamais inférieur à cinq jours ouvrés — deux jours ouvrés en cas de vol (article L.113-2) | Déchéance opposable si le contrat la prévoit et si le retard a causé un préjudice à l'assureur |
| Exigence contractuelle | Mesures de protection décrites aux conditions particulières : classes de serrures, protections mécaniques des ouvrants, alarme, télésurveillance, fermeture effective | Application possible d'une franchise majorée, d'une réduction d'indemnité ou d'un refus de garantie vol selon la clause souscrite |
| Exigence contractuelle | Entretien et vérifications périodiques (installation électrique, chauffage, extincteurs, hottes en restauration) | Garantie discutée sur le sinistre lié au défaut d'entretien |
| Bonne pratique | Actualiser les capitaux assurés au moins une fois par an | Évite la règle proportionnelle de capitaux (article L.121-5), qui s'ajoute à la franchise |
| Bonne pratique | Constituer une réserve égale à deux fois la franchise | Rend l'auto-assurance réellement finançable |
Un point mérite attention en responsabilité civile : votre franchise ne s'impose pas au tiers lésé de la même façon selon les garanties. En assurance obligatoire, des textes rendent expressément les franchises inopposables aux victimes — c'est le cas en assurance automobile (article R.211-13 du Code des assurances). En pratique, l'assureur indemnise la victime puis vous réclame la franchise : le reste à charge existe bel et bien, il arrive simplement par un appel de fonds après règlement. Vérifiez ce mécanisme dans votre assurance RC pro avant d'accepter une franchise RC élevée.
Cas pratique : un atelier de menuiserie de 380 m²
Un atelier de menuiserie, 380 m², matériel et stocks assurés pour 220 000 €, quatre salariés. Sa prime actuelle est de 2 460 € par an avec une franchise de 500 €. L'assureur propose deux variantes. Historique réel des cinq dernières années : quatre sinistres — deux dégâts des eaux (1 800 € et 3 200 €), un bris de machine (6 400 €), un vol d'outillage (2 900 €), soit 0,8 sinistre par an.
| Scénario | Prime annuelle | Économie sur 5 ans | Reste à charge sur les 4 sinistres | Résultat net sur 5 ans |
|---|---|---|---|---|
| Franchise 500 € (situation actuelle) | 2 460 € | référence | 2 000 € | référence |
| Franchise 1 000 € | 2 190 € | 1 350 € | 4 000 € | − 650 € |
| Franchise 2 500 € | 1 890 € | 2 850 € | 9 300 € | − 4 450 € |
Le détail du scénario à 2 500 € est instructif : le dégât des eaux de 1 800 € passe sous la franchise et reste intégralement à charge, les trois autres coûtent 2 500 € chacun, soit 1 800 + 2 500 + 2 500 + 2 500 = 9 300 €. Face à 2 850 € d'économie de prime, l'arbitrage coûte 4 450 € sur la période — près de 900 € par an, sans compter les journées d'atelier arrêtées.
La conclusion s'inverse si l'historique change. Avec zéro sinistre sur cinq ans, le même atelier gagne 2 850 €. Avec un seul sinistre grave de 40 000 €, la franchise à 2 500 € ne coûte que 2 000 € de plus qu'à 500 €, pour 2 850 € économisés : l'opération devient légèrement gagnante. La franchise haute est un pari sur la rareté des sinistres, pas sur leur gravité.
Ce qu'il faut en retenir pour votre propre dossier : la franchise élevée est cohérente pour un risque à faible fréquence et forte volatilité, correctement protégé et doté de trésorerie. Elle est contre-productive pour un risque de fréquence — dégâts des eaux à répétition, sinistralité vol récurrente, matériel mobile — même si l'économie de prime affichée paraît confortable. Les besoins diffèrent sensiblement selon l'exposition, comme le montre la comparaison entre un atelier et un local tertiaire.
Changer de franchise : avenant en cours d'année ou échéance annuelle
Le régime applicable est strictement celui des contrats professionnels. Deux dispositifs souvent invoqués ne s'appliquent pas ici : le droit de rétractation de quatorze jours du Code de la consommation et la résiliation infra-annuelle dite « loi Hamon » visent les particuliers, non les contrats souscrits pour les besoins d'une activité professionnelle.
- Modifier la franchise en cours de contrat suppose un avenant, donc l'accord de l'assureur. L'article L.112-3 du Code des assurances prévoit qu'une proposition de modification du contrat, faite par lettre recommandée, est réputée acceptée si l'assureur ne la refuse pas dans les dix jours suivant sa réception. C'est un levier réel, à utiliser avec une demande précise et datée, et non un moyen de reconfigurer unilatéralement une garantie.
- Sortir du contrat relève de l'article L.113-12 : résiliation à l'échéance annuelle, avec un préavis de deux mois. Le préavis se compte par rapport à la date d'échéance figurant sur vos conditions particulières ou votre avis d'échéance — vérifiez-la, elle ne coïncide pas toujours avec la date de souscription.
- Cas de sortie en cours d'année : l'article L.113-16 permet la résiliation en cas de changement de profession, de retraite professionnelle ou de cessation définitive d'activité, lorsque cet événement modifie le risque garanti. La demande doit être formée dans le délai prévu par ce texte à compter de l'événement, la résiliation prenant effet un mois après notification, avec remboursement de la portion de prime correspondant à la période non couverte.
Avant de signer une proposition à franchise majorée, exigez par écrit : le tableau des franchises garantie par garantie (elles diffèrent presque toujours), la présence ou l'absence d'une franchise annuelle globale, les franchises en jours ouvrés en pertes d'exploitation, et la mention explicite du montant en euros — non un pourcentage seul. Demandez également le chiffrage à franchise intermédiaire : c'est fréquemment le meilleur rapport entre économie et exposition, et il est rarement proposé spontanément. Enfin, faites reconstituer votre sinistralité des cinq derniers exercices : sans elle, l'arbitrage n'est pas un calcul, c'est une intuition. Le même raisonnement s'applique à vos garanties de locaux professionnels, où la franchise dégât des eaux pèse souvent plus lourd que la franchise incendie.
Questions fréquentes
Non. En dommages aux biens professionnels, la franchise est une stipulation contractuelle : aucun texte n'en fixe le plafond, et un assureur peut proposer 500 € comme 10 000 €. La seule franchise encadrée par la réglementation est celle de la garantie catastrophes naturelles : pour les biens à usage professionnel, l'annexe de l'article A.125-1 du Code des assurances retient 10 % des dommages matériels directs par établissement et par événement, avec un minimum de 1 140 €, porté à 3 050 € pour les dommages consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols — et la franchise contractuelle s'applique si elle est plus élevée. Vérifiez le tableau des franchises de vos conditions particulières : elles diffèrent presque toujours d'une garantie à l'autre.
Cela suppose un avenant, donc l'accord de l'assureur, avec en principe un ajustement de prime au prorata. L'article L.112-3 du Code des assurances vous donne un levier : une proposition de modification du contrat adressée par lettre recommandée est réputée acceptée si l'assureur ne la refuse pas dans les dix jours suivant sa réception. Formulez donc une demande écrite précise (garantie concernée, montant de franchise souhaité, date d'effet) et conservez l'accusé de réception. Si l'assureur refuse, la sortie du contrat reste possible à l'échéance annuelle avec un préavis de deux mois (article L.113-12).
C'est fortement recommandé, et votre contrat peut même l'imposer indépendamment de toute demande d'indemnité. Trois raisons : vous conservez la traçabilité et l'expertise éventuelle, vous permettez à l'assureur d'exercer un recours si un tiers est responsable, et vous respectez le délai de déclaration prévu au contrat, qui ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés — deux jours ouvrés en cas de vol (article L.113-2 du Code des assurances). Précisez dans votre déclaration que vous n'attendez pas de règlement. Demandez toutefois à votre intermédiaire si un sinistre déclaré sans indemnisation entre dans les statistiques de sinistralité retenues à l'échéance.
Le tiers lésé n'a pas à supporter votre franchise dans les assurances obligatoires, où des textes la rendent expressément inopposable aux victimes — c'est notamment le cas en assurance automobile (article R.211-13 du Code des assurances). En pratique, le schéma est le même dans la plupart des garanties de responsabilité civile d'exploitation : l'assureur indemnise la victime, puis vous réclame le montant de la franchise. Le reste à charge existe donc bien, il arrive simplement sous forme d'appel de fonds après règlement. Vérifiez la rédaction exacte de cette clause avant d'accepter une franchise RC élevée : sur un dommage corporel, la trésorerie est sollicitée sans préavis.
Il ne peut pas la modifier unilatéralement en cours de contrat : un changement de franchise nécessite un avenant accepté par vous. En revanche, à l'échéance annuelle, l'assureur peut conditionner le maintien de la garantie à une franchise majorée, ou résilier dans les conditions prévues au contrat et par l'article L.113-12. Face à ce type de proposition, deux contre-arguments fonctionnent mieux qu'une négociation de prime : documenter les mesures de prévention effectivement mises en place depuis le dernier sinistre (protections mécaniques, alarme, vérification électrique, procédure de fermeture), et proposer une franchise majorée limitée à la seule garantie à l'origine de la sinistralité plutôt qu'à l'ensemble du contrat.
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Article rédigé et vérifié par l'équipe Insurio — Tutassûr, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 22001730. Information à caractère général ne se substituant pas aux conditions de votre contrat.