Réglementation 3 septembre 2026 ⏱️ 8 min de lecture

Cabinet de chromothérapie : 7 obligations pour votre local

Le cabinet d'un chromothérapeute concentre des obligations souvent ignorées : statut ERP, registre de sécurité, installation électrique, protections contre le vol exigées par l'assureur. Tour d'horizon de ce que la réglementation et votre contrat multirisque attendent réellement de votre local.

Par l'équipe Insurio Courtier responsable · ORIAS 22001730
⚡ L'essentiel
  • Un cabinet de chromothérapie qui reçoit de la clientèle relève en principe des ERP de 5e catégorie : registre de sécurité, extincteur et affichage des consignes sont exigés.
  • En B2B, ni rétractation de 14 jours ni loi Hamon : le contrat se résilie à l'échéance annuelle avec 2 mois de préavis (art. L.113-12 du Code des assurances).
  • Un vol se déclare sous 2 jours ouvrés, les autres sinistres sous 5 jours ouvrés (art. L.113-2 du Code des assurances).
  • Une multirisque de cabinet bien-être démarre autour de 13,90 €/mois — ordre de grandeur indicatif, variable selon surface, capitaux et protections.

Un cabinet de chromothérapie est-il un ERP ? La question qui conditionne tout

La chromothérapie n'est pas une profession réglementée : aucun diplôme d'État n'encadre son exercice. Mais votre local, lui, est bel et bien encadré. Dès lors que vous recevez de la clientèle dans un cabinet, celui-ci constitue en principe un établissement recevant du public (ERP), généralement classé en 5e catégorie compte tenu du faible effectif accueilli. Ce classement déclenche l'application du règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les ERP, approuvé par l'arrêté du 25 juin 1980, et plus précisément de ses dispositions applicables aux établissements de 5e catégorie (articles PE), issues de l'arrêté du 22 juin 1990 ; s'y ajoutent les règles d'accessibilité issues de la loi du 11 février 2005. Attention : il s'agit d'arrêtés ministériels, donc d'obligations réglementaires opposables, et non de simples recommandations.

Trois situations types se rencontrent chez les chromothérapeutes, avec des conséquences différentes :

  • Local loué (bail professionnel ou commercial) : le bail impose presque toujours de s'assurer contre les risques locatifs et d'en justifier chaque année auprès du bailleur.
  • Cabinet partagé avec d'autres praticiens bien-être : vérifiez qui assure les parties communes, le mobilier partagé et vos biens propres — les contrats des colocataires ne se cumulent pas automatiquement.
  • Exercice à domicile : l'assurance habitation ne couvre pas, par défaut, une activité professionnelle. Recevoir des clients chez soi doit être déclaré, et peut nécessiter l'accord de la copropriété ou du bailleur.

Avant même de parler d'assurance, identifiez donc votre situation : c'est elle qui détermine vos obligations et les garanties à souscrire.

Sécurité, affichages, registre : les obligations concrètes du local

Pour un petit ERP de 5e catégorie sans locaux à sommeil, les obligations restent proportionnées mais réelles. Les dispositions « PE » du règlement de sécurité (arrêté du 22 juin 1990, pris pour l'application de l'arrêté du 25 juin 1980) imposent notamment un moyen d'extinction adapté — article PE 26 : au moins un extincteur portatif accessible, vérifié, à raison d'un appareil pour 300 m² et par niveau —, des consignes de sécurité affichées, un éclairage suffisant des circulations et le maintien des dégagements libres — pas de cabine ni de paravent qui bloque la sortie.

Un registre de sécurité doit être tenu à jour, en application de l'article R.143-44 du code de la construction et de l'habitation : il consigne les vérifications des installations, l'entretien des extincteurs et les éventuels travaux. C'est le premier document demandé en cas de contrôle… et l'un des premiers examinés par l'expert après un incendie.

S'y ajoutent des obligations d'affichage et d'information applicables à votre cabinet :

  • Interdiction de fumer : signalisation obligatoire dans les lieux recevant du public (Code de la santé publique) ;
  • Prix des prestations : le consommateur doit pouvoir connaître vos tarifs avant la séance (obligation d'information du Code de la consommation) ;
  • Registre public d'accessibilité, tenu à disposition dans les ERP, décrivant les conditions d'accueil des personnes en situation de handicap.

Enfin, si vous employez du personnel, le Code du travail impose des vérifications périodiques de l'installation électrique par un organisme ou une personne qualifiée. Sans salarié, cette vérification n'est pas une obligation légale générale — mais elle devient souvent une exigence d'assureur, on y revient plus bas.

Lampes, LED, appareils : ce que valent vos biens et comment les déclarer

Le cœur du cabinet de chromothérapie, c'est son matériel lumineux : projecteurs de couleurs, panneaux et lampes LED, filtres, parfois appareils combinés de luminothérapie, auxquels s'ajoutent table de soin, mobilier et décoration d'ambiance. Ce matériel doit porter le marquage CE et être utilisé conformément à sa notice ; pour la sécurité des sources lumineuses, les fabricants se réfèrent notamment à la norme EN 62471 relative à la sécurité photobiologique des lampes. Conserver notices et certificats n'est pas un luxe : en cas de sinistre lié à un appareil, l'expert vérifiera qu'il était conforme et entretenu.

Côté assurance, trois postes sont à déclarer distinctement :

  • le matériel professionnel (appareils de chromothérapie, table, informatique) — listez-le avec les factures ;
  • les aménagements et embellissements : cabine, cloisons, peinture spécifique, éclairages encastrés réalisés à vos frais dans un local loué ;
  • le contenu divers : linge, consommables, petit mobilier.

Point souvent négligé : les appareils à LED et leurs alimentations sont vulnérables aux surtensions. La garantie « dommages électriques », parfois optionnelle, couvre précisément ce risque. Vérifiez aussi le mode d'indemnisation prévu — valeur à neuf ou valeur vétusté déduite — car un projecteur de chromothérapie de quelques années peut être fortement décoté si le contrat ne prévoit pas de rééquipement à neuf.

Obligation légale, exigence d'assureur ou bonne pratique : le tableau pour s'y retrouver

Tout ne se situe pas au même niveau juridique. Confondre une exigence contractuelle de l'assureur avec une obligation légale — ou l'inverse — conduit soit à des dépenses inutiles, soit à une mauvaise surprise au sinistre. Voici la grille de lecture pour un cabinet de chromothérapie :

Point de contrôleNatureCe qui est attenduRisque en cas de manquement
Registre de sécurité ERPObligation réglementaire (art. R.143-44 CCH)Tenu à jour, vérifications consignéesSanction administrative, position fragilisée au sinistre
Registre public d'accessibilitéObligation légaleDisponible dans le cabinetMise en demeure, sanction administrative
Vérification électrique périodiqueObligation si salarié / exigence d'assureur sinonContrôle par un professionnel, rapport conservéContestation de garantie après incendie d'origine électrique
Serrure de sûreté, porte pleineExigence d'assureurMoyens de fermeture conformes aux conditions du contratRefus ou réduction de l'indemnité vol
Alarme au-delà d'un certain capital matérielExigence d'assureurSouvent demandée quand le matériel déclaré dépasse un seuil fixé au contratRéduction de l'indemnité vol
Coupure des appareils lumineux hors utilisationBonne pratiqueExtinction et débranchement en fin de journéeAucun automatique, mais aggrave le risque incendie

Le réflexe à adopter : lire la rubrique « conditions de garantie vol » et « mesures de prévention » de vos conditions générales, puis vérifier point par point que votre local y répond réellement.

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Au sinistre : délais, vétusté et piège de la sous-assurance

Le jour où le cabinet brûle, est inondé ou cambriolé, le déroulé est balisé par le Code des assurances. Premier réflexe : les délais de déclaration de l'article L.113-2 — 5 jours ouvrés pour la plupart des sinistres, 2 jours ouvrés en cas de vol. Un retard ne fait perdre la garantie que si le contrat le prévoit et que l'assureur prouve que ce retard lui a causé un préjudice, mais autant ne pas jouer avec ces délais. Pour un vol, ajoutez le dépôt de plainte immédiat et la conservation des traces d'effraction.

L'indemnisation obéit ensuite au principe indemnitaire de l'article L.121-1 : l'assurance répare la perte, elle n'enrichit pas. Concrètement, sans garantie de rééquipement à neuf, la vétusté est déduite sur vos appareils. Autre mécanisme redoutable : la règle proportionnelle de capitaux de l'article L.121-5. Si vous avez déclaré 5 000 € de matériel alors que le cabinet en contient 10 000 €, l'indemnité peut être réduite dans la même proportion — même pour un petit sinistre.

Deux cas particuliers concernent directement votre local :

  • Incendie en local loué : l'article 1733 du Code civil fait peser sur le locataire une présomption de responsabilité envers le bailleur — c'est la garantie « risques locatifs » qui vous protège ;
  • Catastrophes naturelles (régime des articles L.125-1 et suivants) : la garantie est automatique dans la multirisque, avec une franchise légale spécifique aux biens professionnels (10 % des dommages, avec un minimum de l'ordre de 1 140 €, montant donné à titre indicatif).

Résiliation, échéance, prime : les règles du jeu en B2B

Un point mérite d'être clarifié, tant il génère de confusion chez les indépendants du bien-être : votre multirisque professionnelle est un contrat B2B. Le délai de rétractation de 14 jours et la loi Hamon (résiliation à tout moment après un an) sont des dispositifs de protection du consommateur : ils ne s'appliquent pas à une assurance souscrite pour votre activité de chromothérapeute, même en micro-entreprise.

Le cadre applicable est celui du Code des assurances :

  • Article L.113-12 : résiliation possible chaque année à l'échéance anniversaire, moyennant un préavis de 2 mois — c'est la voie normale pour changer d'assureur ;
  • Article L.113-16 : résiliation en cours d'année en cas de changement de situation modifiant le risque — déménagement du cabinet, cessation d'activité, changement de profession ;
  • Article L.113-3 : la prime est due aux échéances convenues ; à défaut de paiement, l'assureur peut, après mise en demeure, suspendre la garantie puis résilier. Un cabinet qui continue de recevoir des clients avec une garantie suspendue travaille à découvert total.

Pensez aussi à la clause du bail : beaucoup de bailleurs exigent une attestation d'assurance annuelle. Une résiliation mal anticipée peut donc vous mettre en défaut non seulement vis-à-vis du risque, mais aussi vis-à-vis de votre bail.

Budget et déclaration du risque : bien cadrer votre multirisque

Pour un cabinet de chromothérapie de taille modeste, une multirisque professionnelle s'obtient à partir d'environ 13,90 €/mois — un ordre de grandeur indicatif, jamais un tarif garanti. Le budget réel dépend de la surface du local, du montant de matériel et d'aménagements déclarés, de la localisation, des franchises choisies et des options (dommages électriques, rééquipement à neuf, perte d'exploitation).

La qualité de votre déclaration initiale conditionne tout le reste. Déclarez précisément :

  • votre activité exacte et ses annexes éventuelles (luminothérapie, techniques de relaxation, vente de produits au cabinet) ;
  • la surface réelle du local et votre qualité juridique — locataire, propriétaire, occupant à titre gratuit, praticien en cabinet partagé ;
  • la valeur du matériel et des aménagements, factures à l'appui, mise à jour à chaque nouvel achat significatif.

Rappel utile : une fausse déclaration intentionnelle expose à la nullité du contrat (article L.113-8 du Code des assurances) ; une erreur ou omission de bonne foi entraîne une réduction proportionnelle de l'indemnité (article L.113-9). Dans les deux cas, c'est vous qui payez la différence. Un rendez-vous annuel de dix minutes avec votre courtier — capitaux, protections, évolution de l'activité — reste le meilleur investissement de prévention pour votre cabinet.

Questions fréquentes

Oui, en principe : dès que vous recevez de la clientèle dans un local dédié, celui-ci constitue un établissement recevant du public, généralement classé en 5e catégorie vu le faible effectif accueilli. Vous devez alors respecter le règlement de sécurité incendie approuvé par l'arrêté du 25 juin 1980, dans ses dispositions applicables à la 5e catégorie (articles PE issus de l'arrêté du 22 juin 1990) : extincteur, consignes affichées, et registre de sécurité exigé par l'article R.143-44 du code de la construction et de l'habitation ; s'y ajoutent les règles d'accessibilité issues de la loi du 11 février 2005, avec un registre public d'accessibilité à disposition. En cas de doute sur votre classement, la mairie et le SDIS peuvent vous renseigner.

La loi n'impose pas de multirisque pour cette activité non réglementée. En revanche, si vous êtes locataire, votre bail exige presque toujours une assurance couvrant les risques locatifs, avec attestation annuelle à fournir au bailleur — et l'article 1733 du Code civil fait peser sur le locataire une présomption de responsabilité en cas d'incendie. En pratique, s'assurer contre l'incendie, le dégât des eaux et le vol du matériel relève donc de la nécessité, même quand ce n'est pas une obligation légale.

Pas automatiquement. La garantie « dommages électriques », qui couvre les appareils grillés par une surtension ou un court-circuit, est parfois une option de la multirisque. Vérifiez qu'elle figure bien à votre contrat, ainsi que le mode d'indemnisation : sans clause de rééquipement à neuf, la vétusté est déduite sur vos appareils de chromothérapie, ce qui peut réduire fortement l'indemnité. Conservez toutes vos factures d'achat pour justifier la valeur du matériel.

Non. Un contrat habitation classique ne couvre pas, par défaut, une activité professionnelle avec accueil de clientèle : sinistre survenant pendant une séance, matériel professionnel volé ou endommagé, aménagements dédiés. Vous devez déclarer l'activité à votre assureur habitation et, selon les cas, souscrire une extension ou une multirisque professionnelle distincte. Pensez aussi à vérifier que votre bail d'habitation ou le règlement de copropriété autorise la réception de clientèle.

Déposez plainte immédiatement, puis déclarez le vol à votre assureur sous 2 jours ouvrés (article L.113-2 du Code des assurances). Ne touchez pas aux traces d'effraction avant le passage de l'expert ou l'accord de l'assureur, et rassemblez les factures de vos appareils. L'indemnisation suppose que les moyens de protection exigés par le contrat — serrure de sûreté, porte pleine, éventuelle alarme au-delà d'un certain capital — étaient bien en place et activés au moment du vol.

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Article rédigé et vérifié par l'équipe Insurio — Tutassûr, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 22001730. Information à caractère général ne se substituant pas aux conditions de votre contrat.

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