Réglementation 27 juillet 2026 ⏱️ 8 min de lecture

Atelier fermé 23 jours en août, vol de 45 800 € : pourquoi l'indemnité tombe à 23 300 €

Fermeture estivale, travaux, saison creuse : ce qui change sur vos garanties vol et dégât des eaux quand le local reste vide, et quoi déclarer.

Par l'équipe Insurio Courtier responsable · ORIAS 22001730
⚡ L'essentiel
  • Article L.113-2 3° du Code des assurances : vous disposez de 15 jours, à compter du moment où vous en avez connaissance, pour déclarer une circonstance nouvelle qui aggrave le risque — une fermeture prolongée ou une mise en sommeil du local en fait partie.
  • Omission ou inexactitude non intentionnelle : l'article L.113-9 applique la règle proportionnelle de prime, l'indemnité est réduite dans le rapport entre la prime payée et celle qui aurait été due. Fausse déclaration intentionnelle : nullité du contrat et primes acquises à l'assureur (art. L.113-8).
  • Une clause d'inhabitation ne vous est opposable que si elle est rédigée en caractères très apparents (art. L.112-4) et, quand elle joue comme exclusion, qu'elle est formelle et limitée (art. L.113-1) — à défaut, les juges l'écartent régulièrement.
  • Délais de déclaration de sinistre : le contrat ne peut imposer moins de 2 jours ouvrés pour le vol et moins de 5 jours ouvrés pour les autres sinistres (art. L.113-2 4°) ; 30 jours après publication de l'arrêté en catastrophe naturelle (art. L.125-2).

Inoccupation, inhabitation, vacance : trois situations que votre contrat ne traite pas pareil

Une multirisque professionnelle est tarifée sur un local exploité. Dès que l'activité s'arrête plusieurs semaines — congés d'été, chantier de rénovation, saison creuse d'un commerce de montagne ou de bord de mer —, le risque change de nature : personne ne détecte une fuite, personne ne réarme une alarme, une effraction peut passer inaperçue plusieurs jours.

Les conditions générales emploient rarement le mot « vacant ». Elles parlent d'inoccupation, d'inhabitation ou de locaux « non occupés ». Ces notions ne recouvrent pas la même réalité, et la confusion coûte cher au moment du sinistre.

SituationCe que vise le contratEffet fréquent sur les garantiesDéclaration
Fermeture ordinaire (nuit, week-end, jours fériés)Rythme normal d'exploitationAucun, si les moyens de protection sont en serviceNon
Inoccupation temporaire (congés, travaux, saison creuse)Absence continue au-delà d'un seuil exprimé en joursVol souvent réduit, plafonné ou suspendu ; exigences renforcées en période de gelOui, si le seuil du contrat est dépassé
Local désaffecté, inexploité ou en attente de relocationCessation de l'activité assurée dans les lieuxAggravation caractérisée : vol et vandalisme fréquemment retirésOui, systématiquement

Point de vigilance : la plupart des rédactions raisonnent en jours consécutifs d'inoccupation, non en jours cumulés sur l'année. Un passage périodique documenté peut interrompre le décompte, à condition que votre contrat le prévoie expressément.

Ce que la loi vous impose de déclarer, et sous quel délai

L'obligation ne vient pas de l'assureur, elle vient du Code des assurances. L'article L.113-2 3° impose à l'assuré de déclarer en cours de contrat :

« les circonstances nouvelles qui ont pour conséquence soit d'aggraver les risques, soit d'en créer de nouveaux » — article L.113-2 3° du Code des assurances.

Le délai est de quinze jours à compter du moment où vous en avez eu connaissance. Une fermeture estivale de deux semaines, connue de l'assureur et intégrée au questionnaire de souscription, n'est pas une circonstance nouvelle. En revanche, une fermeture pour travaux de trois mois, la mise en sommeil d'un point de vente ou le départ d'un locataire exploitant en sont une.

SituationFondementConséquence
Déclaration faite dans les 15 joursArt. L.113-2 3°Garanties maintenues, l'assureur se prononce en connaissance de cause
Aggravation déclarée : réaction de l'assureurArt. L.113-4Il peut résilier (effet 10 jours après notification) ou proposer une nouvelle prime ; en cas de refus ou d'absence de réponse sous 30 jours, il peut résilier
Omission ou inexactitude non intentionnelle constatée après sinistreArt. L.113-9Règle proportionnelle de prime : indemnité réduite dans le rapport prime payée / prime qui aurait été due
Fausse déclaration intentionnelleArt. L.113-8Nullité du contrat, primes versées acquises à l'assureur

Une déclaration écrite et datée — e-mail conservé ou lettre recommandée — vaut infiniment mieux qu'un appel téléphonique : c'est vous qui devrez prouver l'information donnée.

Vol : la garantie la plus sensible à l'inoccupation

Le vol n'est jamais une garantie « automatique ». Il est conditionné aux moyens de protection décrits aux conditions particulières (nature des serrures, rideau, vitrage, alarme, télésurveillance) et, le plus souvent, à leur mise en service effective. L'inoccupation prolongée ajoute une seconde condition, qui se décline en quatre architectures.

MécanismeCe que prévoit le contratEffet sur l'indemnité
Seuil d'inoccupationUn nombre de jours consécutifs fixé aux conditions particulièresLe régime dérogatoire s'enclenche dès le premier jour suivant le seuil
Réduction du capitalLe plafond vol est ramené à un pourcentage du plafond normalIndemnité réduite, franchise inchangée
SuspensionLa garantie vol cesse pendant toute la période d'inoccupationAucune indemnité vol ; incendie et dégât des eaux restent en principe acquis
Maintien sous conditionTélésurveillance active, rondes contractualisées, déclaration préalableGarantie pleine si la preuve d'exécution est apportée

Ces mécanismes sont contractuels, non légaux : leur seuil et leur intensité varient d'un assureur à l'autre. Seules vos conditions particulières font foi.

Deux garde-fous jouent en votre faveur. Les clauses édictant des nullités, déchéances ou exclusions ne sont valables que si elles figurent en caractères très apparents (art. L.112-4). Et lorsqu'elle fonctionne comme une exclusion, la clause d'inhabitation doit être formelle et limitée (art. L.113-1) : assez précise pour que vous sachiez, avant de fermer, ce qui est couvert. Une clause qui nécessite interprétation est régulièrement écartée par les tribunaux.

Côté délai, le vol se déclare dans le délai fixé au contrat, qui ne peut être inférieur à deux jours ouvrés (art. L.113-2 4°), contre cinq jours ouvrés pour les autres sinistres. Le dépôt de plainte conditionne en pratique l'instruction du dossier. Bonne nouvelle : la déchéance pour déclaration tardive ne vous est opposable que si l'assureur établit que le retard lui a causé un préjudice.

Dégât des eaux et gel : ce que l'assureur exige quand plus personne ne passe

Une fuite dans un local occupé se voit en quelques heures. Dans un atelier fermé trois semaines, elle se découvre au retour, après avoir traversé les cloisons, les stocks et parfois le plafond du voisin. C'est pourquoi les contrats assortissent presque toujours l'inoccupation de mesures de prévention.

  • Coupure de l'alimentation générale en eau et vidange des installations au-delà du seuil d'inoccupation prévu ;
  • Maintien d'un chauffage suffisant pendant la période de gel ou, à défaut, purge complète des canalisations et des appareils ;
  • Arrêt ou surveillance des appareils à effet d'eau : lave-vaisselle professionnel, machine à glaçons, adoucisseur, fontaine réfrigérée ;
  • Vérification des évacuations, chéneaux et gouttières avant la fermeture.

Le gel est le cas d'école. De nombreux contrats excluent les dommages consécutifs au gel des conduites lorsque, dans un local inoccupé, ni le chauffage n'a été maintenu ni la vidange effectuée. Il s'agit d'une exigence contractuelle, non d'une règle légale — mais elle vous est opposable dès lors qu'elle respecte les conditions de forme rappelées plus haut.

Pensez enfin à ce qui n'est pas de l'eau : denrées en chambre froide, marchandises sensibles à la température, serveurs. La perte de marchandises réfrigérées suppose en général une garantie dédiée et un dispositif de report d'alarme ; sans cela, trois semaines d'arrêt d'un groupe froid en août ne donnent lieu à aucune indemnisation.

🏢
Besoin d'une Multirisque Pro ? Devis en 2 minutes, dès 14,90€/mois. Attestation immédiate, sans engagement.
Obtenir mon devis →

Cas pratique : atelier fermé 23 jours en août, sinistre de 45 800 €

Un atelier de menuiserie assure son contenu pour 120 000 €, avec un plafond vol de 60 000 € et une franchise de 1 500 €. Il ferme du 1er au 23 août. Ses conditions particulières prévoient qu'au-delà de 15 jours consécutifs d'inoccupation, le capital vol est ramené à 50 %, sauf déclaration préalable acceptée par l'assureur. Effraction dans la nuit du 12 au 13 août : 42 000 € de machines emportées et 3 800 € de détériorations immobilières.

PosteSans déclaration préalableAprès déclaration et avenant
Machines dérobées42 000 € ramenés à 21 000 €42 000 €
Détériorations immobilières consécutives3 800 €3 800 €
Franchise contractuelle− 1 500 €− 1 500 €
Indemnité versée23 300 €44 300 €
Reste à charge de l'entreprise22 500 €1 500 €
Coût de la déclaration0 €210 € de surprime annuelle (exemple chiffré par l'assureur)

Vingt-et-un mille euros d'écart, pour un courrier de dix lignes envoyé avant la fermeture. Le mécanisme n'est pas une sanction : c'est l'application d'une clause que l'assuré avait signée.

Variante. Le professionnel n'a rien déclaré et l'assureur établit après coup que la fermeture saisonnière prolongée aurait justifié une prime de 1 450 € au lieu de 1 200 €. La règle proportionnelle de l'article L.113-9 ramène alors l'indemnité de 44 300 € à environ 36 700 €, sans qu'aucune mauvaise foi ne soit reprochée. Réduction contractuelle et règle proportionnelle reposent sur des fondements distincts : la première vient du contrat, la seconde de la loi.

Ce que l'assurance couvre pendant l'inoccupation — et ce qu'elle exige de vous

GarantiePendant l'inoccupationContrepartie généralement exigée
Incendie, explosion, foudreLe plus souvent maintenueCoupure des alimentations inutiles, aucun stockage nouveau de matières dangereuses
Dégât des eauxLe plus souvent maintenueCoupure d'eau ou vidange, chauffage ou purge en période de gel
Vol et vandalismePoint de fragilité principalMoyens de protection en service, seuil d'inoccupation respecté ou déclaré
Bris de glaceLe plus souvent maintenueRideau ou volet en position fermée lorsque le contrat l'impose
Pertes d'exploitationSuit le sort de la garantie dommages qui la déclencheUn vol non garanti n'ouvre pas la perte d'exploitation associée
Responsabilité civile exploitationNon affectée par l'inoccupationEntretien du local et sécurité des tiers maintenus

Trois niveaux ne doivent jamais être confondus : l'obligation légale de déclarer l'aggravation (art. L.113-2), l'exigence contractuelle (moyens de protection, mesures de gel, seuils d'inoccupation) et la bonne pratique (inventaire photographique daté, sauvegarde des enregistrements vidéo, relevé des compteurs). La bonne pratique n'est pas opposable, mais elle décide très souvent de la fluidité de l'expertise et du montant retenu. Ces règles s'appliquent quel que soit le local assuré au titre de votre multirisque professionnelle ; les seuils, eux, dépendent du type de bien couvert par votre assurance de locaux professionnels.

Avant de fermer : la check-list et les leviers contractuels réellement disponibles

  • Relire la rubrique « inoccupation » ou « inhabitation » des conditions particulières et noter le seuil exact en jours consécutifs ;
  • Écrire à l'assureur ou au courtier dès que ce seuil sera dépassé, en indiquant les dates précises de fermeture et de réouverture ainsi que les mesures prises ;
  • Photographier et inventorier le matériel de valeur, numéros de série à l'appui, la veille de la fermeture ;
  • Vérifier l'armement de l'alarme, la validité du contrat de télésurveillance et l'exactitude de la liste des contacts d'astreinte ;
  • Couper l'eau et les alimentations inutiles, prévoir chauffage ou purge si la fermeture chevauche une période de gel ;
  • Organiser un passage périodique tracé (date, heure, personne) et faire relever le courrier.

Côté contrat, trois leviers existent en environnement professionnel. L'avenant d'inoccupation ou de garantie saisonnière est le plus simple : il fige par écrit ce qui reste couvert et à quelles conditions. La résiliation à l'échéance annuelle relève de l'article L.113-12, avec un préavis de deux mois avant la date d'échéance. La cessation définitive d'activité professionnelle ouvre, quant à elle, la faculté de résiliation de l'article L.113-16, exercée dans les trois mois suivant l'événement et prenant effet un mois après notification, l'assureur remboursant la portion de prime afférente à la période pendant laquelle le risque n'a pas couru.

Attention aux dispositifs qui ne vous concernent pas : la résiliation infra-annuelle dite « loi Hamon » (art. L.113-15-2) et le délai de rétractation de quatorze jours du Code de la consommation visent les contrats souscrits en dehors de l'activité professionnelle. Ils ne s'appliquent pas à une multirisque professionnelle.

Une fermeture prolongée est aussi une occasion utile de revoir les capitaux assurés, le niveau de franchise et les moyens de protection déclarés. Dans tous les cas, votre contrat peut prévoir des règles plus favorables ou plus strictes que celles décrites ici : vérifiez vos conditions particulières avant de fermer, pas après.

Questions fréquentes

Tout dépend du seuil inscrit à vos conditions particulières. Si la fermeture estivale était déclarée à la souscription et reste sous le seuil d'inoccupation, aucune formalité n'est nécessaire. Si elle le dépasse ou si sa durée change par rapport à ce qui a été déclaré, l'article L.113-2 3° vous impose une déclaration dans les 15 jours de la connaissance du fait. En pratique, envoyez un e-mail avant la fermeture avec les dates exactes et les mesures prises, et conservez-le : c'est votre preuve.

Une vacance durable n'est pas une simple fermeture : le contrat a été tarifé sur un local exploité. C'est une aggravation à déclarer sans attendre. L'assureur peut alors retirer les garanties vol et vandalisme, imposer des mesures de protection, majorer la prime ou résilier (art. L.113-4). Selon votre situation — propriétaire non exploitant, local en attente de relocation, activité transférée ailleurs —, une formule différente peut être mieux adaptée qu'un simple avenant. Faites analyser le cas avant que le local ne soit vide.

Oui, l'article L.113-4 le prévoit : face à une aggravation, il peut résilier le contrat, la résiliation prenant effet dix jours après notification, ou proposer une nouvelle prime. Si vous la refusez ou ne répondez pas dans les trente jours, il peut résilier. Ce risque doit être mis en balance avec celui de ne rien dire : en cas de sinistre, la règle proportionnelle de l'article L.113-9 s'applique, et l'écart d'indemnité dépasse presque toujours le montant de la surprime.

Si vos conditions particulières subordonnent la garantie vol à la mise en service effective des moyens de protection, l'assureur peut opposer une non-garantie ou une déchéance, et le journal d'événements de la centrale fera foi. Deux vérifications s'imposent avant d'accepter la position de l'assureur : la clause figure-t-elle en caractères très apparents (art. L.112-4) et, si elle joue comme exclusion, est-elle formelle et limitée (art. L.113-1) ? Une clause imprécise, qui nécessite interprétation, peut être contestée. Faites relire le refus par votre courtier.

La suspension de plein droit n'existe pas et la résiliation infra-annuelle des particuliers ne vous est pas ouverte. En revanche, certains assureurs acceptent par avenant un régime « hors saison » : capitaux ou garanties adaptés à la période d'arrêt, moyennant une prime réduite. Mesurez ce que vous acceptez de perdre — le plus souvent le vol — et comparez l'économie annuelle au capital exposé. À défaut d'accord, il reste la résiliation à l'échéance annuelle avec un préavis de deux mois (art. L.113-12).

Souscrivez votre assurance pro en 2 minutes

Toutes nos protections, devis immédiat — attestation immédiate, sans engagement.

🛡️ RC Professionnelle dès 9,90€/mois* Souscrire → En savoir plus
Recommandé pour vous 🏢 Multirisque Pro dès 14,90€/mois* Souscrire → En savoir plus
🔒 Assurance Cyber dès 19,90€/mois* Souscrire → En savoir plus
💻 Matériel IT dès 7,90€/mois* Souscrire → En savoir plus

* Tarifs indicatifs « à partir de », selon votre profil, votre activité et les garanties choisies.

Article rédigé et vérifié par l'équipe Insurio — Tutassûr, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 22001730. Information à caractère général ne se substituant pas aux conditions de votre contrat.

Mon devis en 2 min multirisque pro · devis immédiat
Mon devis →