Réglementation 27 juillet 2026 ⏱️ 8 min de lecture

Vous importez ou revendez des produits : dans quels cas devenez-vous juridiquement le fabricant ?

Importer ou revendre sous sa marque expose aux obligations du fabricant. Ce qu'il faut vérifier, conserver, et ce que l'assurance prend en charge.

Par l'équipe Insurio Courtier responsable · ORIAS 22001730
⚡ L'essentiel
  • Depuis le 16 juillet 2021, le règlement (UE) 2019/1020 sur la surveillance du marché impose, pour les produits relevant des législations qu'il vise, qu'un opérateur économique établi dans l'Union (fabricant, importateur, mandataire ou prestataire de services d'exécution des commandes) soit identifiable et détienne la déclaration de conformité.
  • Assimilation au fabricant : apposer son nom ou sa marque sur un produit, ou le modifier d'une manière susceptible d'affecter sa conformité, fait supporter la totalité des obligations du fabricant — principe posé par la décision n° 768/2008/CE et repris dans chaque texte sectoriel (basse tension, CEM, jouets, machines…).
  • Conservation : dans la plupart des textes sectoriels, l'importateur tient une copie de la déclaration UE de conformité à la disposition des autorités pendant dix ans après la mise sur le marché ; les documents comptables et pièces justificatives se conservent également dix ans (article L. 123-22 du code de commerce).
  • Article 1245-6 du code civil : si le producteur ne peut être identifié, le vendeur répond du défaut de sécurité dans les mêmes conditions, sauf à désigner son propre fournisseur ou le producteur dans un délai de trois mois à compter de la notification de la demande de la victime.

Importateur, distributeur, mandataire : qui porte quelle obligation

Le droit européen ne raisonne pas en « métiers » mais en rôles dans la chaîne d'approvisionnement. Un même dirigeant cumule souvent plusieurs rôles selon les références qu'il vend : importateur pour la gamme achetée en direct hors Union, simple distributeur pour celle achetée à un grossiste européen.

Est importateur toute personne établie dans l'Union qui met sur le marché de l'Union un produit provenant d'un pays tiers. La taille de l'entreprise est indifférente : un artisan qui commande deux palettes en direct auprès d'une usine asiatique est importateur au sens des textes, avec les responsabilités correspondantes.

RôleCe que le droit attendPoint de vigilance
FabricantConçoit, évalue la conformité, établit la documentation technique et la déclaration UE de conformité, appose le marquage CESeul le fabricant (ou son mandataire) peut apposer le marquage CE
ImportateurVérifie que le fabricant a fait le nécessaire, appose ses coordonnées, conserve la déclaration, surveille le produit après mise sur le marchéObligation de vérification active, pas de simple confiance contractuelle
DistributeurAgit avec la diligence requise : contrôle la présence du marquage, des documents et de la notice en français, ne met pas à disposition un produit qu'il sait non conformeDoit aussi assurer des conditions de stockage et de transport qui ne compromettent pas la conformité
MandataireAgit pour un fabricant hors UE sur la base d'un mandat écrit, à disposition des autoritésLe mandat ne couvre jamais la conception ni la documentation technique

Le règlement (UE) 2019/1020 relatif à la surveillance du marché, applicable depuis le 16 juillet 2021, verrouille ce dispositif : pour les produits relevant des législations qu'il vise, il doit exister un opérateur économique établi dans l'Union, capable de présenter la déclaration de conformité et de coopérer avec les autorités. Le commerce en ligne transfrontalier ne dispense pas de cette exigence.

Marquage CE et déclaration UE de conformité : ce qu'il faut vérifier avant la première vente

Le marquage CE n'est ni un label de qualité, ni une certification délivrée par un tiers. C'est une déclaration de responsabilité : en l'apposant, le fabricant affirme que le produit satisfait aux exigences essentielles de tous les textes qui lui sont applicables. Le règlement (CE) n° 765/2008 en fixe les principes généraux et réserve son apposition au fabricant ou à son mandataire.

Avant la première commande ferme, un importateur diligent réunit et lit — pas seulement collecte — les éléments suivants :

  • la déclaration UE de conformité : elle doit identifier le produit, énumérer les textes appliqués et les normes harmonisées utilisées, et être signée par le fabricant ou son mandataire ;
  • la confirmation que la documentation technique existe et sera fournie sur demande motivée d'une autorité ;
  • les rapports d'essais et, lorsque le module d'évaluation l'impose, l'attestation d'un organisme notifié — un numéro d'organisme notifié à quatre chiffres accompagne alors le marquage ;
  • la notice et les informations de sécurité en français, exigence tirée de la loi n° 94-665 du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française et reprise par les textes sectoriels ;
  • l'étiquetage de traçabilité : type, lot ou numéro de série, coordonnées du fabricant, auxquelles l'importateur ajoute son nom (ou sa marque) et son adresse postale, sur le produit ou, à défaut, sur l'emballage ou un document d'accompagnement.
Un dossier « au nom du fournisseur » n'est pas votre dossier. Tant que vous n'avez pas lu la déclaration et vérifié qu'elle vise bien la référence exacte que vous importez, vous ne pouvez pas démontrer votre diligence devant la DGCCRF.

S'y ajoutent, selon les produits, des obligations françaises autonomes : enregistrement auprès des filières à responsabilité élargie du producteur et identifiant unique délivré par l'ADEME (code de l'environnement, articles L. 541-10 et suivants), ou encore la fiche de données de sécurité pour les substances et mélanges chimiques.

Les trois situations qui font de vous un fabricant au sens de la loi

La règle est constante d'un texte à l'autre : la décision n° 768/2008/CE, qui sert de matrice à la législation d'harmonisation, prévoit qu'un importateur ou un distributeur est considéré comme un fabricant et soumis à ses obligations dans deux cas. Chaque directive ou règlement sectoriel — basse tension, compatibilité électromagnétique, jouets, équipements radioélectriques, machines, EPI — comporte un article dédié intitulé « Cas dans lesquels les obligations des fabricants s'appliquent aux importateurs et aux distributeurs ».

  • Vous commercialisez sous votre nom ou votre marque. C'est le cas du « marquage blanc » : le produit est fabriqué ailleurs, mais il porte votre logo. Vous devenez alors responsable de la documentation technique, de l'évaluation de conformité et de la déclaration.
  • Vous modifiez un produit déjà mis sur le marché d'une manière susceptible d'affecter sa conformité : changement d'alimentation, ajout d'un composant, assemblage de plusieurs éléments en un ensemble nouveau, adaptation logicielle touchant à la sécurité.
  • Vous ne pouvez pas identifier le producteur. Ce troisième cas relève du droit de la responsabilité : l'article 1245-6 du code civil rend le vendeur responsable du défaut de sécurité comme le producteur, à moins qu'il ne désigne son propre fournisseur ou le producteur dans les trois mois de la notification de la demande de la victime.

Rappelons qu'en droit de la responsabilité du fait des produits défectueux, l'article 1245-5 du même code assimile déjà au producteur celui qui importe un produit dans l'Union en vue d'une vente ou de toute autre forme de distribution. Autrement dit, l'importateur est traité comme le producteur, même sans apposer sa marque. La directive (UE) 2024/2853, qui remplacera le régime issu de 1985, confirme et élargit cette logique ; sa transposition est attendue d'ici fin 2026.

La documentation à conserver, et pendant combien de temps

Une conformité non documentée équivaut, en contrôle, à une absence de conformité. Le tableau ci-dessous recense les pièces à archiver et les durées applicables. Attention : ces durées se cumulent et ne courent pas toutes à partir du même événement.

PièceQui la détientDurée / point de départ
Déclaration UE de conformité (copie)ImportateurTenue à disposition des autorités dix ans après la mise sur le marché (durée retenue par la plupart des textes sectoriels)
Documentation techniqueFabricant ; l'importateur doit pouvoir la faire fournir sur demande motivéeMême horizon décennal ; à sécuriser par une clause contractuelle avec le fournisseur
Traçabilité amont/aval (qui m'a fourni, à qui j'ai fourni)Importateur et distributeurInformation à pouvoir communiquer aux autorités sur toute la durée d'exigibilité du dossier
Bons de livraison, factures, pièces comptablesEntrepriseDix ans (article L. 123-22 du code de commerce)
Preuve de la date de mise en circulationEntrepriseUtile jusqu'à l'extinction de la responsabilité du producteur, dix ans après la mise en circulation (article 1245-15 du code civil)
Réclamations clients, retours, incidentsEntrepriseBonne pratique : registre tenu sans limite de durée tant que le produit circule

Deux précisions utiles. D'abord, l'action de la victime en réparation se prescrit par trois ans à compter du jour où elle a connu ou aurait dû connaître le dommage, le défaut et l'identité du producteur (article 1245-16 du code civil) : un litige peut donc surgir très tardivement. Ensuite, sur le fondement du régime des produits défectueux, les dommages causés à un bien autre que le produit lui-même ne sont indemnisés qu'au-delà d'un seuil fixé par décret, de 500 €.

Bonne pratique — et non obligation : centraliser ces pièces dans un dossier par référence produit, avec la photo de l'étiquetage réellement reçu et le lien vers le lot concerné. C'est ce dossier qui fera la différence en cas de contrôle ou de sinistre.

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Cas pratique : 4 200 lampes de chantier, un début d'incendie, 103 000 € en jeu

Une société de négoce de l'Isère importe 4 200 lampes de chantier LED achetées 31 € HT l'unité et revendues 79 € HT à des artisans du bâtiment. Elle les commercialise sous sa propre marque et fait sérigraphier son logo à l'usine. Elle est donc assimilée au fabricant.

Dix-huit mois plus tard, un défaut de sertissage entraîne une surchauffe du bloc d'alimentation. Une lampe provoque un départ de feu dans l'atelier d'un client, sans victime. Le bilan chiffré :

PosteMontantNature
Dommages matériels dans l'atelier du client46 000 €Dommage causé à un tiers par le produit livré
Perte d'exploitation du client pendant les travaux13 500 €Préjudice immatériel consécutif
Campagne de retrait et de rappel (information, logistique, main-d'œuvre)21 500 €Frais de retrait / rappel
Stock restant devenu invendable (1 150 unités)35 650 €Perte sur le produit lui-même
Total116 650 €

Schématiquement, les deux premiers postes relèvent d'une garantie de responsabilité civile après livraison, lorsqu'elle a été souscrite. Les frais de rappel ne sont pris en charge que si une garantie spécifique figure au contrat — elle est très souvent optionnelle, plafonnée et assortie d'une franchise plus élevée. Le stock invendable, lui, correspond au coût du produit défectueux lui-même : il est classiquement exclu, l'assurance n'ayant pas vocation à financer la qualité de ce que vous vendez.

Autre enseignement du dossier : l'entreprise n'avait déclaré à son assureur qu'une activité de « négoce de matériel électrique », sans mentionner l'importation directe ni la commercialisation sous marque propre. Cette omission a ouvert un débat contractuel qui a retardé l'indemnisation de plusieurs mois.

Ce que l'assurance couvre — et ce qu'elle exige de vous

Il faut distinguer trois plans que l'on confond souvent : ce que la loi impose, ce que votre contrat exige, et ce qui relève de la bonne pratique.

1. Ce qui n'est jamais assurable. Les amendes pénales et, plus largement, les sanctions à caractère personnel prononcées contre l'entreprise ou son dirigeant ne peuvent pas être prises en charge par un assureur. Il en va de même de la faute intentionnelle ou dolosive de l'assuré : l'article L. 113-1 du code des assurances écarte expressément la garantie dans ce cas. Vendre en connaissance de cause un produit dont on sait la conformité douteuse sort du champ de l'aléa.

2. Ce que la multirisque professionnelle prend généralement en charge. Une multirisque professionnelle protège d'abord vos biens — locaux, stock, matériel — contre l'incendie, le dégât des eaux, le vol, et couvre la perte d'exploitation. Le volet responsabilité civile exploitation répond des dommages causés dans le cadre de votre activité. La responsabilité civile après livraison, qui est le cœur du risque de l'importateur, relève souvent d'une extension ou d'un contrat responsabilité civile professionnelle dédié. Si vous stockez vous-même vos conteneurs, le volet entrepôt mérite un examen distinct : la valeur assurée du stock est le premier poste sous-estimé.

3. Ce que le contrat exige de vous. Ces exigences sont contractuelles, pas légales, mais leur non-respect a des effets bien réels :

  • Déclarer exactement le risque. L'article L. 113-2 du code des assurances impose de répondre exactement aux questions posées et de signaler en cours de contrat les circonstances nouvelles qui aggravent le risque. Passer du négoce à l'importation directe sous marque propre est une circonstance nouvelle. Une fausse déclaration intentionnelle entraîne la nullité du contrat (article L. 113-8) ; une omission de bonne foi conduit à une réduction proportionnelle de l'indemnité (article L. 113-9).
  • Assurer les bons capitaux. En cas de sous-évaluation du stock, la règle proportionnelle de capitaux de l'article L. 121-5 laisse une part du sinistre à votre charge.
  • Déclarer le sinistre dans les délais. Le délai est fixé au contrat et ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés, ramenés à deux jours ouvrés en cas de vol.
  • Surveiller la base de déclenchement. Les garanties de responsabilité peuvent être déclenchées par le fait dommageable ou par la réclamation. Dans ce second cas, l'article L. 124-5 impose une garantie subséquente d'une durée qui ne peut être inférieure à cinq ans — point déterminant si vous cessez l'activité d'importation.

Sur la vie du contrat, le régime B2B est celui de l'article L. 113-12 : résiliation à l'échéance annuelle moyennant un préavis de deux mois. Les dispositifs de résiliation infra-annuelle réservés aux particuliers ne s'appliquent pas ici. L'article L. 113-16 ouvre en revanche une faculté de résiliation en cas de changement de situation affectant le risque, notamment la cessation définitive de l'activité professionnelle. Aucune de ces indications ne remplace la lecture de vos conditions particulières : vérifiez les plafonds, les franchises et les exclusions propres à votre contrat.

Le plan de conformité à mettre en place ce trimestre

Sept actions, hiérarchisées, réalisables sans service juridique interne :

  • Cartographier vos références en trois colonnes : produits importés en direct, produits achetés en Europe, produits vendus sous votre marque. La troisième colonne est votre zone de risque maximal.
  • Identifier les textes applicables à chaque famille de produits, ainsi que le module d'évaluation de conformité correspondant et l'éventuelle intervention d'un organisme notifié.
  • Réclamer et lire les déclarations UE de conformité, en vérifiant qu'elles visent la référence et la version exactes que vous achetez, et non un modèle voisin.
  • Sécuriser l'accès à la documentation technique par une clause contractuelle avec le fournisseur : engagement de fourniture sous délai, langue, conservation, information en cas de modification du produit.
  • Contrôler physiquement un échantillon de chaque lot à réception : marquage, notice en français, coordonnées, numéro de lot. Photographier et archiver.
  • Ouvrir un registre des réclamations et définir en amont votre procédure de retrait et de rappel : qui décide, qui informe les clients, qui notifie l'autorité compétente. Une procédure écrite non testée vaut mieux qu'aucune procédure, mais un exercice à blanc vaut beaucoup mieux.
  • Faire relire votre programme d'assurance à la lumière de cette cartographie : activité déclarée, garantie après livraison, frais de retrait et de rappel, capitaux stock, base de déclenchement et durée subséquente.

Le fil directeur est simple. La conformité ne se sous-traite pas au fournisseur : elle se documente chez vous. Et l'assurance n'intervient qu'en aval d'un dispositif de conformité qui, lui, reste une obligation à part entière.

Questions fréquentes

Les deux, et c'est le statut de fabricant qui commande. Dès lors qu'un produit est commercialisé sous votre nom ou votre marque, la législation d'harmonisation vous soumet à l'ensemble des obligations du fabricant : évaluation de conformité, constitution et conservation de la documentation technique, établissement de la déclaration UE de conformité, apposition du marquage CE, surveillance du produit après sa mise sur le marché. Le contrat avec l'usine peut organiser la fourniture des éléments techniques et prévoir un recours en cas de défaillance, mais il ne transfère pas la responsabilité vis-à-vis des autorités ni des tiers.

Non, deux points doivent être traités séparément. La déclaration UE de conformité doit être traduite dans la ou les langues exigées par l'État membre où le produit est mis sur le marché ; en France, cela signifie une version française. Par ailleurs, les instructions, avertissements et informations de sécurité destinés à l'utilisateur doivent être rédigés en français, en application de la loi du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française, reprise par les textes sectoriels. Enfin, vérifiez que la déclaration mentionne bien la référence exacte importée et les textes réellement applicables : une déclaration qui ne vise qu'une seule directive alors que le produit en concerne trois est incomplète.

Non. La plupart des textes sectoriels imposent à l'importateur de tenir la déclaration UE de conformité à la disposition des autorités de surveillance du marché pendant dix ans à compter de la mise sur le marché du produit, et non à compter de l'arrêt de la commercialisation. En parallèle, la responsabilité du producteur pour défaut de sécurité s'éteint dix ans après la mise en circulation du produit (article 1245-15 du code civil), et les documents comptables se conservent dix ans (article L. 123-22 du code de commerce). En pratique, retenez le dernier lot mis sur le marché comme point de départ et archivez l'ensemble sur dix ans.

Ce sont deux questions distinctes. Les frais de retrait et de rappel (information des clients, logistique de retour, tri, destruction) ne sont pris en charge que si une garantie spécifique a été souscrite : elle est fréquemment optionnelle, plafonnée et assortie d'une franchise propre. Vérifiez sa présence dans vos conditions particulières avant l'incident, pas après. En revanche, les amendes pénales et sanctions à caractère personnel ne sont pas assurables. Le coût des produits invendables restant en stock est également, en règle générale, exclu : il s'agit du produit lui-même, et non d'un dommage causé à un tiers.

En assurance professionnelle, le régime applicable est celui de l'article L. 113-12 du code des assurances : résiliation à l'échéance annuelle avec un préavis de deux mois. Les dispositifs de résiliation infra-annuelle réservés aux particuliers ne s'appliquent pas. L'article L. 113-16 ouvre toutefois une faculté de résiliation en cas de changement de situation affectant le risque, notamment la cessation définitive de l'activité professionnelle, dans les conditions et délais qu'il prévoit. Point crucial : si votre garantie de responsabilité est déclenchée par la réclamation, l'article L. 124-5 impose une garantie subséquente d'une durée qui ne peut être inférieure à cinq ans après la fin du contrat. Vérifiez cette durée avant de résilier, car les réclamations liées à des produits déjà livrés peuvent survenir longtemps après.

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Article rédigé et vérifié par l'équipe Insurio — Tutassûr, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 22001730. Information à caractère général ne se substituant pas aux conditions de votre contrat.

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