Réglementation 3 septembre 2026 ⏱️ 8 min de lecture

Holothérapeute : 7 points de conformité pour votre cabinet

ERP de 5e catégorie, présomption d'incendie de l'article 1733 du Code civil, exigences vol des assureurs, délais de déclaration : le guide réglementaire du local et des biens d'un holothérapeute, du bail jusqu'au sinistre.

Par l'équipe Insurio Courtier responsable · ORIAS 22001730
⚡ L'essentiel
  • Un cabinet d'holothérapie recevant des clients est en principe un ERP de 5e catégorie : extincteur, registre de sécurité et registre public d'accessibilité sont attendus.
  • Locataire, vous êtes présumé responsable en cas d'incendie du local (article 1733 du Code civil) : la garantie risques locatifs est le socle minimal.
  • Un vol doit être déclaré sous 2 jours ouvrés, les autres sinistres sous 5 jours ouvrés (article L.113-2 du Code des assurances).
  • Contrat professionnel : ni loi Hamon ni rétractation de 14 jours — résiliation à l'échéance annuelle avec un préavis de 2 mois (article L.113-12).

Un cabinet qui reçoit du public est un ERP : ce que cela implique

Dès lors qu'un holothérapeute reçoit des clients dans son cabinet, le local est en principe considéré comme un établissement recevant du public (ERP), le plus souvent classé en 5e catégorie compte tenu de sa faible capacité d'accueil. La réglementation ERP, issue du Code de la construction et de l'habitation, s'applique alors dans sa version allégée — allégée ne voulant pas dire inexistante.

Concrètement, pour un cabinet de 5e catégorie sans locaux à sommeil, les points de contrôle habituels sont les suivants :

  • des moyens d'extinction adaptés — au moins un extincteur portatif accessible, signalé et vérifié périodiquement ;
  • un moyen d'alerter les occupants en cas d'incendie ;
  • l'affichage des consignes de sécurité et le repérage des issues ;
  • la tenue d'un registre de sécurité, où sont consignés vérifications, travaux et incidents ;
  • un registre public d'accessibilité, obligatoire pour tous les ERP, décrivant les prestations accessibles aux personnes en situation de handicap.

S'ajoute la signalisation de l'interdiction de fumer, obligatoire dans les lieux à usage collectif. Si le cabinet est installé dans un immeuble d'habitation, vérifiez le règlement de copropriété : l'exercice d'une activité professionnelle peut y être encadré, et un changement d'usage du local peut nécessiter une autorisation selon la commune. Ces vérifications conditionnent la validité de votre installation autant que la bonne exécution de votre contrat d'assurance.

Locataire du cabinet : la présomption d'incendie du Code civil

Aucun texte n'impose la multirisque à un holothérapeute. Mais si vous êtes locataire, l'article 1733 du Code civil pose une présomption redoutable : en cas d'incendie, vous répondez des dommages causés au local, sauf à prouver que le feu est arrivé par cas fortuit, force majeure, vice de construction ou communication d'un feu voisin. L'article 1735 étend cette responsabilité aux personnes que vous accueillez — clients compris. Sans assurance, un incendie peut se traduire par des centaines de milliers d'euros de dette envers le propriétaire.

C'est pourquoi la garantie « risques locatifs » est le socle minimal, presque toujours exigée par une clause du bail, avec remise d'une attestation chaque année. La multirisque professionnelle va plus loin : elle couvre aussi le recours des voisins et des tiers — par exemple un dégât des eaux parti de votre cabinet et endommageant le local mitoyen, sur le fondement de la responsabilité du fait des choses (article 1242 du Code civil).

Trois clauses du bail méritent une lecture attentive avant signature : l'obligation d'assurance et son périmètre exact, l'éventuelle clause de renonciation à recours réciproque (à faire mentionner dans votre contrat d'assurance, sous peine de garantie inopérante), et la répartition de l'entretien entre bailleur et locataire.

Table, bols, matériel sonore : déclarer vos biens à leur juste valeur

Le contenu d'un cabinet d'holothérapie est plus coûteux qu'il n'y paraît. Faites l'addition : table de massage ou futons, bols tibétains et bols de cristal, gongs, carillons, matériel de sonothérapie et de diffusion audio, lampes et diffuseurs, textiles, coussins et tapis, ordinateur et terminal de paiement, stock d'huiles essentielles ou d'encens, supports pédagogiques. Pour un cabinet équipé, un capital mobilier de 5 000 à 15 000 € est un ordre de grandeur courant — certains gongs ou ensembles de bols de cristal dépassent à eux seuls 2 000 €.

Deux catégories sont régulièrement oubliées : les aménagements et embellissements réalisés à vos frais (parquet, cloisons, peintures, éclairage encastré), à déclarer en plus du mobilier lorsque vous êtes locataire, et le matériel utilisé en déplacement si vous animez des séances ou des ateliers hors les murs — vérifiez que le contrat couvre les biens transportés.

La justesse de la déclaration n'est pas un détail. L'article L.121-5 du Code des assurances applique la règle proportionnelle : si vous n'assurez que la moitié de la valeur réelle, l'indemnité est réduite dans la même proportion, même pour un petit sinistre. À l'inverse, le principe indemnitaire de l'article L.121-1 interdit de s'enrichir grâce à l'assurance : inutile de surdéclarer. Un inventaire chiffré, appuyé de factures et de photos, reste la meilleure base.

Obligation légale, exigence d'assureur ou bonne pratique ?

Tout ne se situe pas au même niveau juridique. Confondre une clause de contrat avec une obligation légale conduit à de mauvaises priorités — et parfois à une garantie qui ne fonctionne pas. Le tableau suivant remet chaque point de contrôle à sa place pour un cabinet d'holothérapie.

Point de contrôleNatureCe que cela signifie pour votre cabinet
Registre de sécurité ERPObligation légale (réglementation ERP)Tenu à jour et présenté en cas de contrôle
Registre public d'accessibilitéObligation légaleRequis pour tout ERP, y compris en 5e catégorie
Extincteur et affichage des consignesObligation légale (réglementation ERP)Au moins un extincteur vérifié, consignes visibles
Garantie « risques locatifs »Exigence du bail, adossée à l'article 1733 du Code civilAttestation à fournir au bailleur chaque année
Serrure de sûreté, porte pleine, protection des ouverturesExigence d'assureurConditionne la garantie vol ; à respecter à la lettre
Vérification périodique de l'installation électriqueObligation légale si salarié (Code du travail) ; sinon exigence d'assureur fréquenteRapport de vérification à conserver
Inventaire chiffré, factures et photos du matérielBonne pratiqueAccélère et sécurise l'indemnisation
Entretien chauffage, VMC, joints et flexiblesBonne pratique (parfois clause du contrat)Prévention des dégâts des eaux et de l'incendie

Avant toute mise en conformité coûteuse, relisez vos conditions particulières : c'est là que figurent les protections précisément exigées pour votre local, et elles priment sur les généralités.

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Ce que l'assureur exige — et vérifie le jour du sinistre

Les exigences contractuelles ne sont pas des recommandations : leur non-respect autorise l'assureur à réduire, voire refuser sa garantie. Pour un cabinet de bien-être, trois familles de clauses reviennent systématiquement.

Les protections contre le vol. Les contrats décrivent précisément les moyens attendus : serrure de sûreté ou multipoints sur la porte d'accès, porte pleine, volets, barreaux ou vitrage retardateur d'effraction pour les ouvertures accessibles en rez-de-chaussée, parfois une alarme au-delà d'un certain capital. La garantie vol suppose en général une effraction, une escalade ou une agression caractérisées : un local resté ouvert entre deux séances relève rarement de la garantie.

L'état de l'installation électrique. Si vous employez un salarié, la vérification périodique des installations est une obligation au titre du Code du travail. Sans salarié, elle reste souvent une exigence du contrat — et, a minima, un élément décisif au moment d'établir les circonstances d'un incendie d'origine électrique.

La sincérité des déclarations. Surface du local, nature exacte de l'activité, valeur du contenu : toute réponse inexacte au questionnaire engage. La fausse déclaration intentionnelle est sanctionnée par la nullité du contrat (article L.113-8 du Code des assurances) ; l'omission non intentionnelle, par une réduction proportionnelle de l'indemnité (article L.113-9). Signalez aussi toute évolution en cours de contrat : nouvelle salle, matériel supplémentaire, ateliers de groupe.

Sinistre au cabinet : délais, justificatifs et indemnisation

Le premier réflexe est le délai. L'article L.113-2 du Code des assurances impose de déclarer le sinistre dès que vous en avez connaissance, au plus tard sous 5 jours ouvrés — ramenés à 2 jours ouvrés en cas de vol. En pratique : dépôt de plainte immédiat pour un vol ou un vandalisme, puis déclaration écrite à l'assureur avec date, circonstances et première estimation des dommages.

Prenez ensuite les mesures conservatoires raisonnables (bâchage, coupure d'eau ou d'électricité, mise à l'abri du matériel), sans jeter les biens endommagés avant le passage de l'expert ou l'accord de l'assureur. L'indemnisation s'appuie sur vos justificatifs : factures, photos, inventaire — d'où l'intérêt du dossier préparé en amont. Selon le contrat, le matériel est indemnisé en valeur à neuf ou vétusté déduite, après application de la franchise.

Deux cas particuliers méritent d'être anticipés. En catastrophe naturelle (régime des articles L.125-1 et suivants du Code des assurances, déclenché par arrêté interministériel), une franchise légale spécifique s'applique aux biens à usage professionnel — de l'ordre de 10 % des dommages, avec un minimum d'environ 1 140 €. Et si le cabinet devient inutilisable, seule une garantie perte d'exploitation ou frais supplémentaires — optionnelle dans la plupart des contrats — compensera les séances annulées : vérifiez sa présence avant d'en avoir besoin.

Résiliation, échéance, déménagement : les règles applicables aux pros

Un point tranche avec les réflexes de particulier : la multirisque d'un holothérapeute est un contrat professionnel. La loi Hamon (résiliation à tout moment après un an) et le droit de rétractation de 14 jours sont des dispositifs de droit de la consommation : ils ne s'appliquent pas à un contrat souscrit pour les besoins de l'activité. Les invoquer dans un courrier de résiliation n'a aucun effet.

Le régime applicable est celui du Code des assurances :

  • À l'échéance annuelle (article L.113-12) : résiliation possible chaque année, moyennant un préavis de 2 mois avant la date d'échéance. Notez cette date dès la souscription.
  • En cas de changement de situation (article L.113-16) : déménagement du cabinet, changement ou cessation d'activité, départ à la retraite… la résiliation est possible dans les 3 mois suivant l'événement, lorsque le risque couvert s'en trouve modifié.
  • En cas d'impayé (article L.113-3) : à défaut de paiement dans les 10 jours suivant l'échéance, l'assureur peut adresser une mise en demeure ; la garantie est suspendue 30 jours plus tard, puis le contrat peut être résilié. Un cabinet sans garantie pour quelques dizaines d'euros est le pire des scénarios.

Côté budget, une multirisque adaptée à un cabinet d'holothérapie s'observe à partir de 12,90 € par mois — un ordre de grandeur indicatif, la prime réelle dépendant de la surface, de la valeur du contenu et des garanties retenues.

Questions fréquentes

En général, non : les contrats habitation excluent ou encadrent strictement l'activité professionnelle exercée à domicile, surtout avec réception de clientèle. Il faut déclarer l'activité à votre assureur habitation et souscrire soit une extension adaptée, soit une multirisque professionnelle dédiée. Pensez aussi à vérifier le règlement de copropriété ou votre bail d'habitation, qui peuvent restreindre l'accueil de clients.

Seulement si le contrat prévoit une garantie des biens transportés ou en tous lieux, ce qui n'est pas automatique. Si vous animez des ateliers, séances en entreprise ou stages, vérifiez ce point précis ainsi que les conditions du vol dans un véhicule, souvent limité (coffre fermé, plages horaires, effraction caractérisée). À défaut, faites ajouter cette extension avant votre prochain déplacement.

Si votre cabinet reçoit des clients, il est en principe un ERP de 5e catégorie et la réglementation ERP impose des moyens d'extinction adaptés, donc au moins un extincteur portatif accessible et vérifié, avec affichage des consignes de sécurité. Même dans les rares configurations hors ERP, l'extincteur reste une bonne pratique peu coûteuse, et certains assureurs le valorisent ou l'exigent contractuellement.

Non. La loi Hamon vise des contrats de particuliers ; votre multirisque est un contrat professionnel. La règle applicable est l'article L.113-12 du Code des assurances : résiliation à chaque échéance annuelle avec un préavis de 2 mois. En dehors de l'échéance, l'article L.113-16 permet de résilier dans les 3 mois suivant certains événements (déménagement, changement ou cessation d'activité, retraite) modifiant le risque.

Deux options : demander un avenant pour transférer la garantie vers le nouveau local, avec une nouvelle déclaration du risque (surface, étage, protections contre le vol, valeur du contenu), ou résilier sur le fondement de l'article L.113-16 du Code des assurances, dans les 3 mois suivant le déménagement si le risque s'en trouve modifié. Dans tous les cas, ne laissez jamais le nouveau local sans garantie, même quelques jours : la présomption de l'article 1733 du Code civil s'applique dès la remise des clés.

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Article rédigé et vérifié par l'équipe Insurio — Tutassûr, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 22001730. Information à caractère général ne se substituant pas aux conditions de votre contrat.

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