Réglementation 27 juillet 2026 ⏱️ 8 min de lecture

Attestation valable jusqu'au 31 décembre, garantie suspendue depuis le 12 mars : comment est-ce possible ?

L'attestation prouve qu'un contrat existe à une date. Elle ne dit rien des plafonds, franchises et exclusions qui fixeront l'indemnité.

Par l'équipe Insurio Courtier responsable · ORIAS 22001730
⚡ L'essentiel
  • L'attestation n'est pas le contrat : selon l'article L.112-2 du Code des assurances, seules la police ou la note de couverture constatent l'engagement réciproque des parties, et toute modification suppose un avenant (art. L.112-3).
  • Non-paiement de cotisation : la mise en demeure peut intervenir 10 jours après l'échéance, la garantie être suspendue 30 jours après cette mise en demeure, puis le contrat résilié 10 jours plus tard (art. L.113-3) — l'attestation, elle, ne change pas.
  • Sous-assurance : si la valeur du bien assuré dépasse au jour du sinistre la somme garantie, l'assuré supporte une part proportionnelle du dommage, sauf convention contraire (règle proportionnelle de capitaux, art. L.121-5).
  • Contexte B2B : la résiliation infra-annuelle dite « loi Hamon » ne vise que les personnes physiques en dehors de leurs activités professionnelles (art. L.113-15-2) ; une entreprise résilie à l'échéance annuelle, avec un préavis contractuel qui ne peut excéder deux mois (art. L.113-12).

« Attestation en cours de validité » ne veut pas dire « garantie acquise »

Un bailleur, un client ou un donneur d'ordre vous réclame « l'attestation ». Vous transmettez un document d'une page, daté, signé, portant un numéro de contrat. Chacun considère le sujet réglé. Il ne l'est pas.

L'attestation d'assurance est un document déclaratif : l'assureur y confirme qu'à la date où il l'édite, un contrat existe au nom d'un souscripteur, pour une activité et une adresse données. Elle n'est pas le contrat. Le Code des assurances est net sur ce point : c'est « la police ou la note de couverture » qui constate l'engagement réciproque des parties (art. L.112-2), et toute modification du contrat initial doit être constatée par un avenant (art. L.112-3). Une attestation ne crée aucune garantie, n'en étend aucune, n'en supprime aucune.

D'où la clause de style que l'on lit au bas de presque toutes : le document est délivré sous réserve du paiement des cotisations et ne peut engager l'assureur au-delà des clauses et limites du contrat auquel il se réfère. Cette phrase n'est pas un ornement juridique, c'est le mode d'emploi du document. Elle explique comment une attestation « valable jusqu'au 31 décembre » peut coexister avec une garantie suspendue depuis mars.

Ce que l'attestation prouve — et ce qu'elle ne prouve pas

La confusion vient de ce que l'attestation ressemble à une preuve de couverture alors qu'elle n'est qu'une photographie administrative, prise à l'instant de son édition. Le tableau ci-dessous sépare les deux registres.

Ce que l'attestation établitCe qu'elle n'établit pas
Qu'un contrat était en cours au nom du souscripteur à la date d'éditionQue le contrat sera toujours en vigueur demain
L'identité exacte du souscripteur (raison sociale, SIREN)Que les cotisations sont à jour et la garantie non suspendue
Les activités déclarées à l'assureurQue les activités réellement exercées correspondent à celles déclarées
L'adresse du ou des risques assurésQue le stock, le matériel ou les locaux sont assurés à leur valeur réelle
L'intitulé des garanties souscritesLes plafonds, sous-limites, franchises et exclusions applicables
La période d'assurance prévueQu'un sinistre donné entre effectivement dans le champ de la garantie
Une attestation ne se lit pas comme une preuve d'indemnisation. Elle se lit comme une invitation à demander les conditions particulières — le seul document qui chiffre réellement ce que vous êtes en droit d'attendre.

Pour comprendre l'articulation entre les garanties d'un contrat de multirisque professionnelle et ce qu'en dit une attestation, retenez la hiérarchie : conditions générales, conditions particulières, avenants, puis — très loin derrière — l'attestation.

Les mentions à vérifier, ligne par ligne

Il n'existe pas de modèle réglementaire d'attestation pour la multirisque professionnelle. Le contraste est net avec l'assurance de responsabilité civile décennale, pour laquelle un modèle d'attestation a été fixé par l'arrêté du 5 janvier 2016. En multirisque, la forme est libre : le contrôle vous revient.

MentionCe que vous contrôlezRisque si l'information ne correspond pas
SouscripteurRaison sociale et SIREN identiques à ceux de l'entité qui exploiteAttestation inopposable si l'exploitant est une autre société du groupe
Adresse du risqueChaque site exploité figure, y compris annexes et réservesSite non déclaré, donc non garanti
Activités déclaréesCorrespondance avec l'activité réelle et son évolutionRéduction proportionnelle d'indemnité (art. L.113-9)
Période d'assuranceDate de début et échéance prévisionnelleFausse impression de couverture après résiliation
Garanties listéesPrésence effective des postes attendus (dommages aux biens, RC exploitation, pertes d'exploitation le cas échéant)Un poste absent de l'attestation est souvent absent du contrat
Date d'édition et signatureDocument récent, émis par l'assureur ou l'intermédiaire mandatéAttestation ancienne ne reflétant plus la situation

Ce qui manque presque toujours : les franchises, les plafonds par sinistre et les exclusions. Ce ne sont pourtant pas des détails : ce sont eux qui décident du montant du chèque.

Validité dans le temps : trois façons de perdre la garantie sans que l'attestation change

Une attestation est un document mort dès son impression : elle ne se met pas à jour. Trois mécanismes légaux peuvent faire tomber ou suspendre la garantie pendant sa période affichée.

ÉvénementMécanismeDélaisRéférence
Cotisation impayéeMise en demeure, puis suspension de garantie, puis résiliation possibleMise en demeure 10 jours après l'échéance ; suspension 30 jours après la mise en demeure ; résiliation 10 jours plus tardArt. L.113-3
Résiliation à l'échéance annuellePar l'assuré ou par l'assureur, à chaque échéancePréavis fixé au contrat, qui ne peut excéder 2 moisArt. L.113-12
Cessation définitive d'activité ou changement de profession modifiant le risqueRésiliation possible par l'une ou l'autre partie, avec remboursement de la fraction de cotisation afférente à la période non courueDemande dans les 3 mois de l'événement ; effet 1 mois après notificationArt. L.113-16

S'y ajoute une hypothèse purement contractuelle : la résiliation après sinistre par l'assureur, lorsque les conditions générales la prévoient. Ce n'est pas une obligation légale mais une faculté contractuelle, et elle ouvre en principe à l'assuré la possibilité de résilier ses autres contrats souscrits auprès du même assureur. Vérifiez la clause dans vos conditions générales.

Conséquence pratique : dans un dossier sensible (bail, marché, sous-traitance), exigez une attestation de moins de trois mois, et prévoyez contractuellement une obligation d'information en cas de résiliation.

🏢
Besoin d'une Multirisque Pro ? Devis en 2 minutes, dès 14,90€/mois. Attestation immédiate, sans engagement.
Obtenir mon devis →

Cas pratique : 120 000 € de dommages, 70 500 € d'indemnité, attestation irréprochable

Un atelier de menuiserie de 380 m² subit un incendie d'origine électrique. L'attestation transmise au bailleur trois mois plus tôt était exacte : contrat en cours, adresse correcte, garantie incendie mentionnée. Le contrat n'a jamais été suspendu. Et pourtant.

Les capitaux « contenu » (matériel et stock) déclarés lors de la souscription s'élevaient à 90 000 €. L'entreprise a investi depuis dans deux machines et augmenté son stock : la valeur réelle du contenu au jour du sinistre est estimée à 150 000 €. Les dommages au contenu sont chiffrés à 120 000 €.

PosteMontantFondement
Dommages constatés au contenu120 000 €Expertise
Capitaux déclarés / valeur réelle90 000 / 150 000 = 60 %Sous-assurance
Indemnité après règle proportionnelle72 000 €Art. L.121-5
Franchise contractuelle− 1 500 €Conditions particulières
Indemnité versée70 500 €
Reste à charge de l'entreprise49 500 €

Personne n'a fauté au sens contractuel : l'assureur applique une règle légale, l'assuré a simplement laissé ses capitaux vieillir. À noter que l'article L.121-5 réserve la « convention contraire » : certains contrats prévoient une dispense de règle proportionnelle ou une clause d'ajustement automatique des capitaux. Cela ne se devine pas — cela se vérifie dans vos conditions particulières. Sur un site de production, cette relecture des capitaux fait partie des points sensibles d'une assurance d'atelier.

Ce que l'assurance couvre — et ce qu'elle exige de vous

Une multirisque professionnelle articule en général trois blocs : les dommages aux biens (incendie, dégâts des eaux, vol, bris de glace, événements climatiques), la responsabilité civile exploitation, et, en option, les pertes d'exploitation. L'attestation nomme ces blocs ; elle ne dit rien de leur profondeur.

En contrepartie, la loi met à votre charge des obligations précises — leur inobservation coûte plus cher que la plupart des exclusions :

  • Déclarer exactement le risque à la souscription. Une fausse déclaration intentionnelle entraîne la nullité du contrat (art. L.113-8) ; une déclaration inexacte non intentionnelle entraîne une réduction de l'indemnité en proportion des primes payées par rapport à celles qui auraient été dues (art. L.113-9).
  • Déclarer les circonstances nouvelles qui aggravent le risque ou en créent de nouveaux, dans un délai de 15 jours à partir du moment où vous en avez connaissance (art. L.113-2, 3°) : nouvelle activité, nouveau local, nouvelle machine, sous-location.
  • Payer la cotisation aux échéances convenues (art. L.113-2, 1°), sauf à déclencher le mécanisme de suspension décrit plus haut.
  • Déclarer le sinistre dans le délai fixé au contrat, qui ne peut être inférieur à 5 jours ouvrés, ramené à 2 jours ouvrés en cas de vol (art. L.113-2, 4°).

À côté de ces obligations légales figurent des exigences purement contractuelles : moyens de protection contre le vol, vérification périodique des installations électriques, entretien des extincteurs, fermeture des accès en dehors des heures d'exploitation. Elles ne relèvent d'aucun texte général mais d'une clause de vos conditions particulières, sanctionnée par une déchéance ou une franchise majorée. Enfin, une bonne pratique, sans portée juridique mais décisive en expertise : conserver factures d'achat, inventaires datés et photographies des locaux.

Qui peut exiger votre attestation, et ce que vous pouvez demander en retour

Trois régimes à ne pas confondre. L'obligation légale d'assurance existe pour certaines activités (professions réglementées, travaux de construction), mais la multirisque professionnelle en tant que telle n'est pas obligatoire. L'exigence contractuelle, elle, est omniprésente : clause du bail commercial, cahier des charges d'un marché, contrat de franchise, règlement d'un salon. Enfin, la bonne pratique consiste à transmettre une attestation à jour à chaque partenaire, sans y voir un quitus.

Le bailleur a de bonnes raisons d'insister : le locataire répond de l'incendie du local loué, à moins de prouver que le sinistre est survenu par cas fortuit, force majeure, vice de construction, ou qu'il s'est communiqué depuis un immeuble voisin (art. 1733 du Code civil). Cette présomption explique la place de l'assurance dans la négociation d'un bail et dans l'assurance des locaux professionnels.

Ce que vous pouvez exiger en retour : une attestation nominative visant le bail ou le chantier concerné ; si le bail prévoit une renonciation réciproque à recours, un avenant l'actant — une simple mention ajoutée sur l'attestation n'a aucune portée ; et un engagement du partenaire à vous signaler tout changement de son côté. Point non négociable : ne retouchez jamais une attestation. Le faux et l'usage de faux sont punis de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende (art. 441-1 du Code pénal).

Deux rappels enfin, souvent mal compris en entreprise : le droit de rétractation de 14 jours issu du droit de la consommation ne s'applique pas à la souscription professionnelle, et la résiliation infra-annuelle dite « loi Hamon » vise expressément les personnes physiques en dehors de leurs activités professionnelles (art. L.113-15-2). Votre cadre reste l'échéance annuelle de l'article L.113-12.

Questions fréquentes

Non. Aucun texte ne fixe de durée de validité pour une attestation de multirisque professionnelle. En pratique, l'assureur l'édite pour la période d'assurance en cours, souvent douze mois. Cette date de fin n'est qu'une échéance prévisionnelle : la garantie peut cesser avant, par résiliation ou par suspension pour non-paiement (art. L.113-3). Pour un dossier sensible, exigez une attestation datée de moins de trois mois et faites-la rééditer à chaque changement de situation.

La renonciation à recours est une clause du contrat, pas une ligne que l'on ajoute sur une attestation. Demandez à votre assureur ou à votre courtier d'acter la renonciation, si possible réciproque, par avenant signé (art. L.112-3), puis d'éditer une attestation qui vise cet avenant. Vérifiez en parallèle que le bailleur fait de même auprès de son propre assureur. Sans avenant, la mention figurant sur l'attestation n'a pas de portée juridique.

C'est le point le plus coûteux en pratique, et refaire l'attestation ne règle rien. Déclarez la circonstance nouvelle à votre assureur par écrit dans les quinze jours à compter du moment où vous en avez eu connaissance (art. L.113-2, 3°). L'assureur peut alors garantir la nouvelle activité par avenant, éventuellement avec surprime, ou résilier. À défaut de déclaration, l'indemnité peut être réduite en proportion des primes payées par rapport à celles qui auraient été dues (art. L.113-9).

Non. La résiliation infra-annuelle prévue à l'article L.113-15-2 concerne les contrats couvrant les personnes physiques en dehors de leurs activités professionnelles. Pour une entreprise, la règle est la résiliation à l'échéance annuelle avec un préavis fixé au contrat qui ne peut excéder deux mois (art. L.113-12). Deux ouvertures existent néanmoins : la cessation définitive d'activité ou le changement de profession modifiant le risque, à demander dans les trois mois de l'événement, avec effet un mois après notification et remboursement de la fraction de cotisation non courue (art. L.113-16).

Relancez par écrit en précisant l'usage attendu (bail, marché, chantier) : cela permet une attestation nominative. Dans l'intervalle, demandez une note de couverture ou un courrier de prise de garantie : contrairement à l'attestation, la note de couverture constate l'engagement des parties (art. L.112-2) et constitue donc une pièce plus solide pour votre client. Passez par votre courtier, qui dispose souvent d'un accès direct à l'édition. Ne transmettez jamais une attestation antérieure dont vous auriez modifié une date ou un montant.

Souscrivez votre assurance pro en 2 minutes

Toutes nos protections, devis immédiat — attestation immédiate, sans engagement.

🛡️ RC Professionnelle dès 9,90€/mois* Souscrire → En savoir plus
Recommandé pour vous 🏢 Multirisque Pro dès 14,90€/mois* Souscrire → En savoir plus
🔒 Assurance Cyber dès 19,90€/mois* Souscrire → En savoir plus
💻 Matériel IT dès 7,90€/mois* Souscrire → En savoir plus

* Tarifs indicatifs « à partir de », selon votre profil, votre activité et les garanties choisies.

Article rédigé et vérifié par l'équipe Insurio — Tutassûr, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 22001730. Information à caractère général ne se substituant pas aux conditions de votre contrat.

Mon devis en 2 min multirisque pro · devis immédiat
Mon devis →