Réglementation 3 septembre 2026 ⏱️ 8 min de lecture

Aide médico-psychologique : 6 obligations pour votre local

Bureau loué, pièce à domicile ou local partagé : le local d'une aide médico-psychologique indépendante obéit à des règles précises, et ses biens méritent un vrai inventaire. ERP, exigences des assureurs, délais de sinistre : ce qu'il faut savoir.

Par l'équipe Insurio Courtier responsable · ORIAS 22001730
⚡ L'essentiel
  • Un local où vous recevez bénéficiaires ou familles relève en principe des ERP de 5e catégorie : registre de sécurité et registre public d'accessibilité obligatoires.
  • Le vol se déclare sous 2 jours ouvrés, les autres sinistres sous 5 jours ouvrés minimum (article L.113-2 du Code des assurances).
  • En B2B, ni rétractation de 14 jours ni loi Hamon : résiliation à l'échéance annuelle avec 2 mois de préavis (article L.113-12).
  • La franchise légale catastrophes naturelles sur les biens professionnels est de 10 % des dommages, avec un minimum de l'ordre de 1 140 €.

Bureau dédié, pièce à domicile ou local partagé : trois situations, trois régimes

Une aide médico-psychologique (AMP, diplôme aujourd'hui fondu dans celui d'accompagnant éducatif et social) exerçant en indépendante intervient le plus souvent au domicile des personnes accompagnées ou en structure. Mais l'activité s'appuie presque toujours sur un point fixe : un petit bureau loué, une pièce du domicile réservée à l'administratif et au stockage du matériel, ou un local partagé — maison pluriprofessionnelle, local associatif, espace de coworking. Chacune de ces situations emporte des obligations différentes.

Locataire d'un local professionnel : le Code civil (articles 1733 à 1735) fait peser sur vous une présomption de responsabilité en cas d'incendie. Sauf preuve d'un cas fortuit, d'une force majeure ou d'un vice de construction, vous répondez des dommages causés aux murs. L'assurance des « risques locatifs » n'est pas imposée par la loi pour un bail professionnel — contrairement au bail d'habitation — mais pratiquement tous les baux l'exigent, et l'enjeu financier la rend indispensable.

À domicile : votre contrat d'habitation ne couvre pas, par défaut, une activité professionnelle. Il faut déclarer l'usage mixte à votre assureur, vérifier que le bail ou le règlement de copropriété ne l'interdit pas, et étendre les garanties au matériel professionnel.

Côté budget, une multirisque professionnelle adaptée à ce profil se trouve à partir d'environ 13,90 € par mois pour un petit bureau — un ordre de grandeur indicatif, jamais un tarif garanti : la prime dépend de la surface, des capitaux déclarés et des garanties retenues.

Recevoir des familles dans votre local : les règles ERP à connaître

Si des bénéficiaires, des familles ou des aidants sont reçus dans votre local, celui-ci relève en principe de la réglementation des établissements recevant du public (ERP), en 5e catégorie compte tenu du faible effectif accueilli. Les obligations y sont allégées par rapport aux grands établissements, mais bien réelles :

  • tenir un registre de sécurité consignant les vérifications, les travaux et les consignes ;
  • disposer d'un moyen d'extinction adapté (un extincteur accessible et vérifié) et de consignes d'évacuation ;
  • maintenir les installations électriques et de chauffage en bon état ;
  • respecter les règles d'accessibilité aux personnes handicapées et tenir le registre public d'accessibilité, obligatoire dans tous les ERP depuis 2017 — un point d'autant moins négociable que votre public est, par définition, en situation de dépendance ou de handicap.

Si vous employez ne serait-ce qu'un salarié, le Code du travail ajoute ses propres exigences : affichages obligatoires (consignes incendie, numéros d'urgence, coordonnées de l'inspection du travail), document unique d'évaluation des risques professionnels dès le premier salarié, et vérification périodique des installations électriques par un organisme accrédité.

S'y ajoutent des impératifs propres au métier, qui relèvent de la bonne pratique plus que d'un texte unique : conservation des dossiers d'accompagnement sous clé (secret professionnel et protection des données), stockage correct des consommables d'hygiène, propreté irréprochable des espaces accueillant un public fragile. La distinction compte : une obligation légale s'impose à tous ; une bonne pratique devient souvent une exigence contractuelle de votre assureur.

Ce que votre assureur exige : vol, électricité, déclarations

Au-delà de la loi, votre contrat multirisque contient ses propres conditions. Les ignorer ne crée pas d'amende, mais peut coûter l'indemnisation.

Protection contre le vol : la plupart des contrats conditionnent la garantie à des moyens de fermeture précis — serrure de sûreté ou serrure trois points sur la porte d'accès, parfois barreaudage ou volets pour un rez-de-chaussée, alarme au-delà d'un certain capital assuré. Ces seuils varient d'un assureur à l'autre : ce sont des exigences contractuelles, pas des obligations légales. Si le local ne présente pas les protections déclarées au jour du vol, l'assureur peut réduire ou refuser sa prestation.

Électricité et entretien : nombre de contrats exigent des installations électriques en bon état et entretenues ; sur des locaux plus importants, une attestation de vérification périodique par un organisme accrédité est parfois demandée. Pour une AMP employeuse, cette vérification est de toute façon une obligation légale.

Déclaration du risque : l'article L.113-2 du Code des assurances vous impose de déclarer exactement le risque à la souscription et de signaler toute circonstance nouvelle qui l'aggrave dans un délai de quinze jours — un déménagement, un stock de matériel plus important, l'accueil de public dans un local qui n'en recevait pas. La sanction est sévère : nullité du contrat en cas de fausse déclaration intentionnelle (article L.113-8), réduction proportionnelle de l'indemnité en cas d'omission de bonne foi (article L.113-9).

L'inventaire des biens d'une aide médico-psychologique

Le patrimoine professionnel d'une AMP indépendante est modeste mais réel, et souvent sous-estimé au moment de fixer les capitaux assurés. Un inventaire honnête évite deux écueils : payer pour des garanties inutiles, ou découvrir au sinistre que l'on est sous-assuré.

BienGarantie concernéePoint de vigilance
Informatique et téléphonie (ordinateur, tablette de suivi, imprimante)Incendie, dégât des eaux, vol, brisOption « rééquipement à neuf » souvent limitée au matériel récent
Mobilier de bureau et agencementsIncendie, dégât des eaux, volLes aménagements réalisés dans un local loué se déclarent à part
Matériel éducatif et sensoriel (supports de communication, jeux adaptés, matériel de stimulation)Vol, incendieConserver factures et photos : la preuve d'existence vous incombe
Petites aides techniques (ceintures et disques de transfert, coussins de positionnement)Vol, incendieVérifier la couverture hors du local si le matériel voyage
Dossiers d'accompagnement papierFrais de reconstitution d'archivesGarantie souvent optionnelle, avec plafond spécifique
Consommables (gants, protections)Contenu professionnelValeur unitaire faible mais à intégrer aux capitaux

Deux points méritent une attention particulière. D'abord, le matériel transporté : une AMP passe sa journée en déplacement, et le vol dans un véhicule n'est couvert que si une garantie « vol hors des locaux » ou « tous lieux » a été souscrite, avec ses propres conditions. Ensuite, les dossiers des personnes accompagnées : leur valeur marchande est nulle, mais leur reconstitution après un incendie ou un dégât des eaux a un coût réel en temps et en démarches — la garantie « frais de reconstitution des archives » existe précisément pour cela.

🏢
Besoin d'une Multirisque Pro ? Devis en 2 minutes, dès 14,90€/mois. Attestation immédiate, sans engagement.
Obtenir mon devis →

Au sinistre : délais, vétusté et règle proportionnelle

Le jour où le local brûle, est inondé ou cambriolé, tout se joue sur trois terrains : les délais, les preuves et les capitaux déclarés.

Les délais d'abord. L'article L.113-2 du Code des assurances fixe les planchers : votre contrat ne peut pas vous imposer moins de cinq jours ouvrés pour déclarer un sinistre, ramenés à deux jours ouvrés en cas de vol — avec, en pratique, un dépôt de plainte exigé par les contrats. Une déclaration tardive n'entraîne la déchéance que si l'assureur prouve que le retard lui a causé un préjudice, mais mieux vaut ne pas jouer avec ces délais.

Les preuves ensuite : factures, photos du local et du matériel, inventaire tenu à jour. Sans justificatif, l'expert appliquera des valeurs forfaitaires rarement favorables.

Les capitaux enfin. L'assurance de biens obéit au principe indemnitaire (article L.121-1) : l'indemnité ne peut dépasser la valeur du bien au jour du sinistre, vétusté déduite — sauf option « valeur à neuf ». Et si les capitaux déclarés sont inférieurs à la valeur réelle des biens, l'article L.121-5 permet à l'assureur d'appliquer la règle proportionnelle : vous êtes considéré comme votre propre assureur pour l'excédent, et l'indemnité est réduite d'autant.

Cas particulier des catastrophes naturelles : la garantie est obligatoirement incluse dans toute multirisque couvrant les dommages aux biens (articles L.125-1 et suivants), avec une franchise légale spécifique — pour les biens à usage professionnel, 10 % du montant des dommages avec un minimum de l'ordre de 1 140 €, montant fixé par arrêté et révisable.

Résilier ou ajuster son contrat : les règles applicables en B2B

Un point tranche avec les réflexes de consommateur : une multirisque souscrite pour les besoins de votre activité n'ouvre ni droit de rétractation de quatorze jours, ni résiliation infra-annuelle « loi Hamon ». Ces mécanismes protègent les particuliers ; ils ne s'appliquent pas à un contrat professionnel, et on ne les cite ici que pour les écarter.

Le régime réel est celui du Code des assurances :

  • l'article L.113-12 vous permet de résilier chaque année à l'échéance anniversaire, moyennant un préavis de deux mois ;
  • l'article L.113-16 ouvre une résiliation en cours d'année dans certains cas — changement de domicile, changement de profession, cessation définitive d'activité — lorsque le risque assuré est en relation directe avec la situation antérieure, la demande devant intervenir dans les trois mois de l'événement ;
  • l'article L.113-3 encadre le non-paiement de la prime : mise en demeure, suspension de garantie trente jours plus tard, puis faculté de résiliation pour l'assureur dix jours après. Un local privé de garantie face à la présomption d'incendie de l'article 1733 du Code civil : c'est le scénario à éviter absolument.

Profitez de chaque échéance pour réévaluer les capitaux : matériel acquis dans l'année, nouveau local, début d'accueil de public. Un contrat d'entrée de gamme autour de 13,90 € par mois — ordre de grandeur, non contractuel — ne protège vraiment que si les montants déclarés correspondent à la réalité de votre bureau.

Questions fréquentes

Oui, dès lors que vous possédez du matériel professionnel — informatique, supports éducatifs, aides techniques — et un espace de travail, même une simple pièce chez vous. La multirisque couvre ces biens et votre responsabilité d'occupant du local ; elle est distincte de la responsabilité civile professionnelle, qui répond d'autres risques. Le matériel transporté chez les bénéficiaires n'est couvert que si une garantie hors des locaux a été souscrite.

Pas par défaut : un contrat d'habitation exclut généralement l'activité professionnelle et les biens qui s'y rattachent. Il faut déclarer l'usage mixte à votre assureur et souscrire soit une extension bureau, soit une multirisque professionnelle dédiée. Vérifiez aussi que votre bail ou votre règlement de copropriété n'interdit pas l'exercice d'une activité à domicile.

En principe oui : un local professionnel qui accueille du public relève de la réglementation ERP, en 5e catégorie vu l'effectif. Les obligations sont allégées mais réelles : registre de sécurité, moyen d'extinction, consignes d'évacuation, accessibilité et registre public d'accessibilité. Pour un public en situation de handicap ou de dépendance, l'accessibilité est de toute façon une évidence métier.

Uniquement si votre contrat comporte une garantie vol hors des locaux ou « tous lieux », qui reste optionnelle dans la plupart des multirisques. Elle s'accompagne de conditions contractuelles habituelles : véhicule verrouillé, matériel non visible de l'extérieur, et souvent exclusion du vol de nuit. En cas de vol, déposez plainte et déclarez le sinistre sous deux jours ouvrés (article L.113-2 du Code des assurances).

Non : la loi Hamon et le droit de rétractation de quatorze jours protègent les consommateurs et ne s'appliquent pas à un contrat souscrit pour les besoins d'une activité professionnelle. Vous pouvez résilier chaque année à l'échéance avec deux mois de préavis (article L.113-12), ou en cours d'année dans les cas prévus par l'article L.113-16, comme une cessation d'activité ou un déménagement.

Souscrivez votre assurance pro en 2 minutes

Toutes nos protections, devis immédiat — attestation immédiate, sans engagement.

🛡️ RC Professionnelle dès 9,90€/mois* Souscrire → En savoir plus
Recommandé pour vous 🏢 Multirisque Pro dès 14,90€/mois* Souscrire → En savoir plus
🔒 Assurance Cyber dès 19,90€/mois* Souscrire → En savoir plus
💻 Matériel IT dès 7,90€/mois* Souscrire → En savoir plus

* Tarifs indicatifs « à partir de », selon votre profil, votre activité et les garanties choisies. · Voir la fiche →

Article rédigé et vérifié par l'équipe Insurio — Tutassûr, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 22001730. Information à caractère général ne se substituant pas aux conditions de votre contrat.

Mon devis en 2 min multirisque pro · devis immédiat
Mon devis →