Guide 21 juin 2026 ⏱️ 7 min de lecture

Avant la première pression : recueillir les contre-indications en shiatsu

Cinq minutes d'entretien avant la séance valent plus que n'importe quelle clause de contrat. Voici comment recueillir les contre-indications et adapter vos pressions.

Par l'équipe Insurio Courtier responsable · ORIAS 22001730
⚡ L'essentiel
  • L'entretien préalable (anamnèse) identifie les contre-indications avant que vos mains ne touchent le client : c'est le premier outil de prévention du praticien shiatsu.
  • Grossesse, ostéoporose, traitement anticoagulant, phlébite, hypertension non contrôlée et fièvre imposent d'adapter ou de reporter la séance.
  • Un recueil tracé protège juridiquement : il prouve votre diligence et pèse dans le partage de responsabilité en cas de litige.
  • L'anamnèse ne remplace pas la RC Pro, mais elle réduit la fréquence des sinistres et conforte votre couverture le jour où un incident survient.

Pourquoi l'entretien préalable est votre meilleur outil

Le shiatsu se pratique habillé, par pressions des doigts et des paumes le long du corps. Geste doux en apparence, mais qui mobilise une force réelle sur des structures parfois fragiles. Or vous ne voyez pas, à l'œil nu, qu'un client est enceinte de quelques semaines, sous anticoagulants ou atteint d'ostéoporose. Ces informations, seul l'entretien les fait remonter.

L'anamnèse — le recueil d'informations avant la séance — n'est pas un formalisme administratif. C'est l'acte qui transforme un praticien attentif en professionnel prudent. Cinq minutes de questions bien posées suppriment la majorité des situations à risque, parce qu'elles vous permettent d'adapter la séance ou de la reporter avant le premier geste.

Elle a aussi une fonction protectrice que beaucoup sous-estiment : en cas de litige, elle prouve que vous avez agi en professionnel diligent. Comme nous l'avons montré dans notre analyse d'un sinistre corporel, la qualité de l'entretien initial pèse souvent plus lourd dans le partage de responsabilité que le geste lui-même.

Les contre-indications absolues : reporter ou renoncer

Certaines situations excluent une séance de shiatsu, ou en tout cas la séance habituelle, jusqu'à avis médical. Les connaître, c'est savoir dire non au bon moment.

  • Fièvre et infection aiguë. Le corps lutte ; la stimulation est contre-productive et la séance se reporte.
  • Phlébite ou thrombose récente. Toute pression sur une jambe concernée fait courir un risque grave de migration du caillot. Contre-indication formelle.
  • Traumatisme récent non diagnostiqué. Fracture, entorse, blessure : pas de pression tant qu'un médecin n'a pas statué.
  • Poussée inflammatoire aiguë. Articulation chaude et gonflée : on s'abstient sur la zone.
  • Pathologie cardiaque instable. En l'absence de feu vert médical, on s'abstient.

Reporter une séance n'est jamais une perte. C'est l'inverse : c'est la décision qui vous évite de devenir la cause d'un dommage que vous auriez pu anticiper.

Les contre-indications relatives : adapter la pression

D'autres situations n'interdisent pas la séance mais imposent de moduler la technique : pressions allégées, zones évitées, durée réduite.

Situation du clientAdaptation recommandée
GrossesseÉviter certains points (notamment ceux dits stimulants), pressions douces, position adaptée
OstéoporoseBannir les pressions appuyées sur thorax, côtes et colonne
Traitement anticoagulantPressions légères : risque d'hématomes même sur geste modéré
Hypertension non contrôléeSéance apaisante, surveiller les sensations, éviter l'intensité
Diabète avec neuropathiePrudence sur les extrémités où la sensibilité est altérée
Cancer / suivi oncologiqueAccord médical préalable, approche très douce, zone tumorale évitée

La règle d'or : dans le doute, allégez. Une pression trop faible n'a jamais causé de sinistre ; une pression trop forte sur un terrain fragile, si.

Comment mener l'entretien concrètement

Un bon recueil tient en une fiche simple, remplie lors du premier rendez-vous et actualisée si l'état du client évolue. Voici la trame.

  1. Motif de la venue. Détente, gestion du stress, accompagnement bien-être — sans jamais entrer dans une logique de soin.
  2. Antécédents et état de santé. Grossesse, opérations récentes, fractures, pathologies connues, problèmes circulatoires ou cardiaques.
  3. Traitements en cours. Anticoagulants, traitements lourds : décisifs pour le dosage des pressions.
  4. Zones sensibles ou douloureuses. Localisez ce qui doit être évité ou abordé avec précaution.
  5. Rappel du cadre bien-être. Précisez que le shiatsu ne remplace pas un avis médical et invitez à consulter un médecin pour tout problème de santé.

Conservez cette fiche dans le respect du RGPD : les données de santé sont sensibles, recueillez-les avec le consentement du client, stockez-les de façon sécurisée et n'en collectez pas plus que nécessaire. Une fiche bien tenue est à la fois un outil de prévention et une pièce de défense.

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Surveiller pendant la séance, pas seulement avant

L'anamnèse cadre le départ, mais la vigilance ne s'arrête pas une fois les mains posées. Le corps du client envoie des signaux en temps réel qu'un praticien attentif sait lire.

  • La crispation. Un corps qui se raidit sous la pression vous dit que vous allez trop loin ou trop vite. Relâchez l'intensité.
  • Le changement de respiration. Un souffle qui se bloque ou s'accélère signale un inconfort, parfois une douleur que le client n'ose pas verbaliser.
  • La pâleur ou les sueurs. Signes possibles d'un malaise vagal naissant : interrompez, relevez doucement le client, faites-le boire.
  • Le retour verbal. Encouragez explicitement le client à signaler toute gêne. Beaucoup se taisent par politesse et ne parlent qu'une fois rentrés chez eux, quand le mal est fait.

Cette lecture continue est ce qui distingue le geste mécanique du geste professionnel. Elle prévient le sinistre au moment précis où il pourrait naître, et elle nourrit la relation de confiance qui, souvent, désamorce un litige avant qu'il n'éclate.

Quand la prévention rencontre l'assurance

L'anamnèse réduit la fréquence des incidents, mais ne les supprime pas : un client peut omettre une information, ou une fragilité peut être inconnue de lui-même. C'est précisément l'angle mort que couvre l'assurance.

La RC Professionnelle et la prévention forment un couple indissociable. La première vous indemnise et vous défend quand l'accident survient malgré tout ; la seconde fait en sorte qu'il survienne le moins souvent possible et que, le cas échéant, vous puissiez prouver votre diligence.

Un praticien qui mène un entretien sérieux, trace ses séances et détient une RC Pro adaptée a construit une chaîne de protection complète : il prévient, il documente, il est couvert.

Pour une cotisation à partir de 9,90 €/mois, vous transformez chaque séance — en cabinet, à domicile ou en entreprise — en prestation maîtrisée. L'anamnèse est votre première ligne de défense ; l'assurance est la seconde. Ensemble, elles vous laissent exercer l'esprit libre.

Questions fréquentes

Oui, mais avec des adaptations strictes : pressions douces, position confortable et évitement de certains points considérés comme stimulants, en particulier durant le premier trimestre. En cas de grossesse à risque ou de doute, demandez l'accord du médecin ou de la sage-femme avant toute séance.

C'est une contre-indication relative. Le risque principal est l'apparition d'hématomes, même sur des pressions modérées. Vous pouvez généralement pratiquer en allégeant nettement vos pressions et en surveillant les réactions cutanées, mais la prudence s'impose et un report reste préférable en cas de doute.

Oui, c'est même un élément central. En cas de litige, une fiche de recueil prouve que vous avez agi en professionnel diligent et que vous avez interrogé le client sur ses contre-indications. Cela atténue votre responsabilité si le client a omis une information déterminante.

Ces données sont sensibles au sens du RGPD. Recueillez-les avec le consentement du client, limitez-vous au strict nécessaire, stockez-les de façon sécurisée (classeur fermé ou outil chiffré) et ne les conservez pas au-delà de l'utile. Le client a le droit d'y accéder et de demander leur suppression.

Pour les contre-indications absolues (fièvre, phlébite, traumatisme non diagnostiqué), oui : reportez la séance et orientez vers un médecin. Pour les contre-indications relatives, vous pouvez généralement pratiquer en adaptant fortement la technique. Refuser ou reporter au bon moment est un acte professionnel, pas un échec commercial.

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Article rédigé et vérifié par l'équipe Insurio — Tutassûr, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 22001730. Information à caractère général ne se substituant pas aux conditions de votre contrat.

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