Réglementation 18 juillet 2026 ⏱️ 5 min de lecture

Café aromatisé, allergènes, DLUO : ce que la loi exige sur votre sachet

Votre sachet de café n'est pas qu'un objet marketing : c'est un document légal. INCO, allergènes, DLUO, lot... Décryptage des mentions obligatoires et du risque pour le torréfacteur.

Par l'équipe Insurio Courtier responsable · ORIAS 22001730
⚡ L'essentiel
  • Le règlement européen INCO 1169/2011 s'applique au café préemballé : dénomination, DLUO, lot, origine et coordonnées sont obligatoires.
  • Le café aromatisé est le piège : un arôme peut contenir du lait, du gluten ou des fruits à coque, allergènes à déclarer en caractères distincts.
  • Une omission d'allergène engage votre responsabilité civile et peut entraîner un rappel produit coûteux.
  • La RC Pro couvre les conséquences d'un allergène non déclaré ; la traçabilité par lot rend le rappel ciblé et limite la casse.

Votre sachet est un document juridique, pas un emballage

Beaucoup de torréfacteurs soignent le visuel de leur sachet — origine, notes de dégustation, histoire du producteur — et traitent la réglementation en pied de page. C'est une erreur de hiérarchie. Dès lors que vous vendez du café préemballé au consommateur, votre étiquette est régie par le règlement européen INCO n° 1169/2011, le texte de référence sur l'information alimentaire. Une étiquette non conforme vous expose à un contrôle de la DGCCRF, à un rappel et, si un consommateur est lésé, à une mise en cause de votre responsabilité.

La bonne nouvelle : le café torréfié en grains ou moulu, non aromatisé, est un produit relativement simple à étiqueter. Les ennuis commencent presque toujours avec les cafés aromatisés et les assemblages, où des ingrédients invisibles s'invitent dans la liste.

Les mentions obligatoires sur un café préemballé

Voici le socle légal que doit porter tout sachet vendu au consommateur final :

  • La dénomination de vente : « café en grains », « café moulu », « café aromatisé caramel », etc. Une mention de fantaisie ne suffit pas seule.
  • La liste des ingrédients dès qu'il y en a plusieurs (café + arômes, mélange d'origines avec additifs).
  • Les allergènes mis en évidence dans la liste (gras, majuscules ou couleur), s'ils sont présents.
  • La quantité nette (250 g, 1 kg...).
  • La DLUO (« à consommer de préférence avant le... »), le café n'étant pas un produit microbiologiquement périssable.
  • Le numéro de lot, indispensable à la traçabilité et au rappel ciblé.
  • Le nom et l'adresse de l'exploitant responsable (vous).
  • Les conditions de conservation si elles conditionnent la qualité.

Le café 100 % grains nature est dispensé de liste d'ingrédients, mais conserve l'obligation de DLUO, lot, quantité et coordonnées.

Le piège des allergènes cachés dans l'arôme

C'est ici que le torréfacteur se fait surprendre. Les arômes du commerce — vanille, caramel, noisette, spéculoos — ne sont pas de simples molécules de parfum. Selon leur formulation, ils peuvent contenir, comme support ou ingrédient :

  • du lactose ou des dérivés du lait (arômes crémeux, caramel au beurre) ;
  • du gluten (arômes type biscuit, spéculoos) ;
  • des fruits à coque (arôme noisette, amande, praliné).

Sur les 14 allergènes à déclaration obligatoire en Europe, plusieurs peuvent ainsi entrer dans un café aromatisé sans que vous les ayez « ajoutés » consciemment. La règle est sans appel : vous devez réclamer la fiche technique de chaque arôme à votre fournisseur et reporter les allergènes présents sur votre étiquette, mis en évidence. Un consommateur allergique aux fruits à coque qui réagit à votre café noisette non signalé peut subir un choc grave — et vous en êtes responsable.

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Contamination croisée : l'allergène que vous n'avez pas mis

Un risque plus sournois encore : la contamination croisée. Si vous torréfiez ou moulez un café noisette puis enchaînez sur un café nature avec le même moulin, des traces de fruits à coque peuvent migrer. C'est l'objet de la mention « peut contenir des traces de... », qui n'est pas obligatoire mais devient une protection essentielle dès que vous manipulez des allergènes dans le même atelier.

La maîtrise passe par un plan de maîtrise sanitaire de bon sens : nettoyage du moulin entre deux références allergènes, ordonnancement des productions (le nature avant l'aromatisé), et information écrite. Ce sont les mêmes principes que l'HACCP appliqués à un atelier de torréfaction. La traçabilité par lot, déjà obligatoire, devient alors votre filet de sécurité : en cas de doute, vous rappelez un lot précis et non toute votre production.

Quand l'erreur d'étiquetage se transforme en sinistre

Imaginons : un client achète votre café aromatisé caramel, en offre une tasse à un proche allergique au lait, qui réagit. L'allergène n'était pas signalé. Le proche se retourne contre l'acheteur, qui se retourne contre vous. S'ajoute le risque d'un rappel produit ordonné ou volontaire : retrait des points de vente, information des clients, destruction des stocks, gestion de crise.

C'est exactement le terrain de la RC Pro, qui couvre les dommages corporels causés à un tiers par un allergène non déclaré, ainsi que les frais de défense si votre responsabilité est recherchée. Pour un atelier qui possède aussi une boutique, des machines et du stock, cette protection se complète utilement d'une Multirisque Professionnelle. Et pour comprendre l'ensemble des expositions propres à votre activité, consultez notre page dédiée au métier de torréfacteur artisan.

L'étiquetage rigoureux n'est donc pas une corvée administrative : c'est la première ligne de défense, et l'assurance la seconde.

Questions fréquentes

Oui. Le café n'étant pas microbiologiquement périssable, il porte une DLUO (« à consommer de préférence avant le... ») et non une DLC. Elle reste obligatoire sur tout sachet préemballé vendu au consommateur.

Non, un produit composé d'un seul ingrédient en est dispensé. Il doit toutefois mentionner la dénomination, la quantité nette, la DLUO, le numéro de lot et vos coordonnées d'exploitant.

En exigeant la fiche technique de chaque arôme auprès de votre fournisseur. Les arômes caramel, vanille, noisette ou spéculoos peuvent contenir lait, gluten ou fruits à coque, qui doivent alors figurer en évidence sur votre étiquette.

Elle n'est pas imposée par la loi, mais devient indispensable dès que vous manipulez des allergènes dans le même atelier, à cause du risque de contamination croisée via le moulin. C'est une protection à la fois sanitaire et juridique.

Votre responsabilité civile est engagée pour les dommages corporels. La RC Pro torréfacteur couvre ces conséquences ainsi que les frais de défense, et un éventuel rappel produit. La traçabilité par lot permet de cibler le rappel et d'en limiter le coût.

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Article rédigé et vérifié par l'équipe Insurio — Tutassûr, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 22001730. Information à caractère général ne se substituant pas aux conditions de votre contrat.

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