Réglementation 22 juin 2026 ⏱️ 6 min de lecture

Ouvrir une pension féline : CCAD, DDPP et normes, ce que la loi exige

Avant le premier chat accueilli, un cattery doit franchir un parcours réglementaire précis. CCAD, déclaration en préfecture, normes sanitaires : voici la feuille de route.

Par l'équipe Insurio Courtier responsable · ORIAS 22001730
⚡ L'essentiel
  • Toute personne exerçant une activité de garde de chats contre rémunération doit détenir le CCAD (Certificat de capacité des animaux de compagnie d'espèces domestiques) ou une attestation de connaissances.
  • L'activité doit être déclarée à la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) avant toute ouverture.
  • Les locaux doivent respecter des normes d'hygiène, de bien-être et de sécurité : surfaces minimales, séparation sanitaire, gestion des effluents, registres obligatoires.
  • Le non-respect expose à des sanctions administratives et pénales, et un sinistre dans des locaux non conformes peut compromettre votre couverture d'assurance.

Le CCAD : la clé d'entrée du métier

On ne peut pas accueillir des chats contre rémunération sans détenir le Certificat de capacité des animaux de compagnie d'espèces domestiques (CCAD), ou être en mesure de justifier de connaissances suffisantes via une attestation de connaissances délivrée à l'issue d'une formation reconnue par le ministère de l'Agriculture.

Concrètement, au moins une personne en contact direct avec les animaux dans votre établissement doit en être titulaire. Ce certificat atteste de votre capacité à assurer :

  • le respect des besoins biologiques et comportementaux du chat ;
  • la connaissance des principales pathologies et des gestes de premiers soins ;
  • la maîtrise des règles d'hygiène et de prophylaxie ;
  • la connaissance du cadre réglementaire applicable.

Sans ce sésame, l'activité est illégale, peu importe la qualité de vos installations. C'est la toute première brique à poser, avant même la recherche d'un local.

Bon à savoir : ce certificat est rattaché à une personne, pas à l'établissement. Si la personne titulaire quitte la structure, vous devez vous assurer qu'un autre membre du personnel en contact avec les animaux dispose bien de la qualification. La formation préalable, dispensée par un organisme habilité, porte sur sept domaines de compétences allant du logement à l'alimentation, en passant par la santé, le comportement et le droit. Anticipez ce délai de formation dans votre calendrier d'ouverture, car il peut représenter plusieurs semaines.

La déclaration à la DDPP : une formalité qui conditionne tout

Une pension féline relève des établissements détenant des animaux de compagnie. À ce titre, l'activité doit faire l'objet d'une déclaration auprès de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) de votre département, avant toute mise en service.

Cette déclaration n'est pas une simple inscription administrative. Elle déclenche un cadre de contrôle : les services vétérinaires peuvent inspecter vos locaux à tout moment pour vérifier la conformité sanitaire et le bien-être des animaux. Vous devez pouvoir présenter, lors d'un contrôle :

  • votre justificatif de CCAD ou d'attestation de connaissances ;
  • le règlement sanitaire de l'établissement, visé par un vétérinaire ;
  • les registres d'entrée et de sortie des animaux ;
  • le registre de suivi sanitaire et de santé.

Une activité non déclarée, c'est l'exposition à une fermeture administrative et à des poursuites. C'est aussi un terrain glissant en assurance, où le défaut d'autorisation peut être opposé en cas de sinistre.

Les normes des locaux : hygiène, bien-être et sécurité

Le cœur de la réglementation porte sur les conditions matérielles d'accueil. Les chatteries doivent garantir un espace suffisant, une bonne aération et une séparation permettant d'éviter la propagation des maladies.

Les exigences structurelles

  • Surfaces et volumes minimaux par chat, avec accès à une zone de repos en hauteur et à une zone d'élimination distincte de la zone d'alimentation.
  • Matériaux lavables et désinfectables sur les sols et parois, pour permettre un nettoyage efficace.
  • Séparation sanitaire : un local ou une zone d'isolement (infirmerie) pour les chats malades ou suspects, distinct des chatteries d'accueil.
  • Gestion des effluents et des déchets conforme aux règles d'hygiène.

La prophylaxie

Vous devez exiger les vaccinations à jour à l'arrivée (typhus, coryza, leucose selon les cas) et tenir un registre du suivi sanitaire. Ces exigences protègent l'ensemble des pensionnaires et limitent votre exposition en cas de maladie contractée pendant le séjour.

Le règlement sanitaire de votre établissement, document obligatoire visé par un vétérinaire sanitaire, formalise l'ensemble de ces règles : protocole de nettoyage et de désinfection, fréquence des opérations, conduite à tenir en cas de suspicion de maladie contagieuse, plan de lutte contre les parasites et les nuisibles. Ce document n'est pas une formalité de classeur : il doit être appliqué au quotidien et présentable lors d'un contrôle. En cas d'épidémie, il sera la première pièce examinée pour déterminer si vous avez respecté vos obligations. Un cattery sérieux affiche d'ailleurs ses exigences vaccinales dès la réservation, ce qui évite les refus de dernière minute à l'arrivée et clarifie la relation avec le propriétaire.

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Conformité et assurance : un lien direct trop souvent ignoré

Beaucoup de gérants considèrent la réglementation et l'assurance comme deux mondes séparés. C'est une erreur. Vos garanties s'appuient en réalité sur votre conformité.

Si un incendie détruit votre cattery, l'expert de l'assurance vérifiera la conformité de l'installation électrique et le respect des normes de sécurité. Si une épidémie de typhus frappe vos pensionnaires, on examinera votre respect des règles de prophylaxie et l'existence d'une zone d'isolement. Dans les deux cas, une non-conformité grave peut réduire, voire annuler, votre indemnisation.

L'assurance multirisque professionnelle protège vos locaux, votre matériel et votre activité (incendie, dégât des eaux, vol, perte d'exploitation). Mais elle suppose des installations conformes. La réglementation n'est donc pas une contrainte parallèle : c'est le socle qui rend votre couverture pleinement opposable.

En complément, la RC Pro couvre les dommages aux chats confiés et aux tiers, là encore d'autant plus solidement que votre établissement respecte le cadre légal.

Votre check-list d'ouverture, dans le bon ordre

Pour ne rien oublier, voici la séquence recommandée, du premier jour à l'accueil du premier chat.

ÉtapeAction
1Obtenir le CCAD ou l'attestation de connaissances
2Concevoir des locaux conformes (surfaces, isolement, matériaux lavables)
3Faire viser le règlement sanitaire par un vétérinaire
4Déclarer l'activité à la DDPP
5Mettre en place les registres (entrées/sorties, suivi sanitaire)
6Souscrire RC Pro et multirisque adaptées au cattery
7Accueillir le premier chat, dossier de garde signé

Pour découvrir le détail des garanties pensées pour votre activité, consultez notre page pension féline.

Questions fréquentes

Oui. Dès lors que vous accueillez des chats contre rémunération, au moins une personne en contact avec les animaux doit détenir le CCAD ou une attestation de connaissances reconnue. La taille de la structure ne change rien à cette obligation.

À la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) de votre département, avant la mise en service. Cette déclaration ouvre un droit de contrôle des services vétérinaires sur vos locaux et vos registres.

Au minimum un registre d'entrées et de sorties des animaux et un registre de suivi sanitaire et de santé. Ils doivent pouvoir être présentés lors d'un contrôle et constituent aussi une preuve utile en cas de litige ou de sinistre.

Oui. En cas de sinistre, l'assureur peut vérifier le respect des normes de sécurité et d'hygiène. Une non-conformité grave et en lien avec le sinistre peut réduire ou supprimer l'indemnisation. La conformité est le socle d'une couverture efficace.

Oui, dans le cadre de votre obligation de prophylaxie. Exiger les vaccinations à jour (typhus, coryza, et selon les cas leucose) protège l'ensemble des pensionnaires et limite fortement votre exposition en cas de maladie contractée pendant le séjour.

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Article rédigé et vérifié par l'équipe Insurio — Tutassûr, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 22001730. Information à caractère général ne se substituant pas aux conditions de votre contrat.

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