Sinistre 17 juillet 2026 ⏱️ 8 min de lecture

Un carton de porcelaine se brise en réserve : qui paie la casse ?

Bris de porcelaine, verre fêlé, service incomplet : la casse de stock est le risque numéro un de votre boutique. Voici qui paie, dans quels cas, et avec quelle franchise.

Par l'équipe Insurio Courtier responsable · ORIAS 22001730
⚡ L'essentiel
  • La garantie casse de stock n'est jamais automatique dans une multirisque : elle s'ajoute en option et fait l'objet de conditions de stockage précises.
  • La cause de la casse change tout : une chute accidentelle est couverte, l'usure, le défaut de fabrication ou la manipulation maladroite répétée souvent non.
  • Une franchise par sinistre et un plafond annuel s'appliquent presque toujours : sur des pièces unitaires de faible valeur, l'indemnité peut être nulle.
  • Déclarer la vraie valeur de votre stock fragile et respecter les règles de rangement déclarées conditionne le paiement le jour du sinistre.

La casse, ce risque que les autres commerces ne connaissent pas

Un fleuriste perd des fleurs fanées, un libraire des invendus. Vous, vous perdez une assiette en porcelaine de 90 € parce qu'un carton mal calé a glissé de l'étagère du fond. La fragilité physique de votre marchandise fait de la casse de stock votre sinistre le plus fréquent, et le plus banalisé : on l'absorbe dans la marge, on la considère comme une fatalité du métier.

C'est une erreur. Sur une année, la casse cumulée d'un magasin d'arts de la table de taille moyenne représente souvent plusieurs milliers d'euros : déballage de livraisons, manipulation par les clients, transport vers une exposition, déménagement de réserve, services dépareillés parce qu'une seule pièce s'est brisée. Or une multirisque professionnelle standard ne couvre pas spontanément ce risque. Elle protège votre local contre l'incendie, le dégât des eaux ou le vol, mais la casse accidentelle de marchandise fragile est une garantie distincte, optionnelle, qu'il faut demander expressément.

La nuance est capitale. Beaucoup de commerçants découvrent au moment du sinistre que leur contrat couvre le contenant (le mobilier, les vitrines) mais pas le contenu fragile lui-même. D'où la première règle : vérifiez noir sur blanc que la mention « bris de marchandises » ou « casse de stock » figure dans vos conditions particulières.

Ce que la garantie casse couvre vraiment

La garantie casse de stock indemnise la destruction ou la détérioration accidentelle, soudaine et imprévue de votre marchandise fragile. Le mot-clé est « accidentelle ». L'assureur paie quand un événement extérieur identifiable provoque le bris : une étagère qui cède, un client qui fait tomber un saladier, un carton qui chute pendant le rangement, un chariot qui heurte une table d'exposition.

Concrètement, sont généralement pris en charge :

  • le bris de vaisselle, porcelaine, faïence et grès exposés en boutique ou stockés en réserve ;
  • la casse de verrerie et de cristal, particulièrement vulnérables aux chocs et aux écarts de température ;
  • la détérioration d'un service complet rendu invendable par la perte d'une seule pièce (assiette, verre, tasse) ;
  • la casse survenue lors d'une manutention interne ou d'un réagencement de la boutique.

L'indemnisation se fait en principe sur la valeur d'achat du stock (votre prix de revient, hors marge commerciale), et non sur le prix de vente affiché en vitrine. C'est une source fréquente de déception : vous ne récupérez pas la marge que vous auriez réalisée, seulement ce que la pièce vous a coûté.

Les exclusions qui vident la garantie de son sens

C'est ici que se jouent les refus d'indemnisation. La garantie casse comporte des exclusions structurelles qu'il faut connaître avant de signer, pas après le sinistre.

La casse n'est couverte que si elle est accidentelle. Tout ce qui relève de l'usure, du vice de l'objet ou d'une manipulation habituelle est exclu d'office.

Sont classiquement écartés :

  • l'usure et la dégradation progressive : une fêlure apparue lentement, un émail qui s'écaille avec le temps ;
  • le vice propre ou le défaut de fabrication : une pièce qui se brise seule à cause d'un défaut de cuisson relève de la garantie du fournisseur, pas de votre assureur ;
  • les rayures, ébréchures et écaillures superficielles qui n'empêchent pas la vente, souvent exclues car jugées non significatives ;
  • la casse pendant le transport par un tiers : elle relève en principe d'une assurance transport de marchandises distincte ;
  • la négligence caractérisée : stockage non conforme aux conditions déclarées, empilement excessif, absence de calage.

Cette dernière exclusion est décisive. Si vous avez déclaré ranger votre porcelaine sur des rayonnages fixes avec séparateurs et que le sinistre survient parce que les cartons étaient empilés au sol sans protection, l'assureur peut réduire ou refuser l'indemnité. Les conditions de stockage déclarées font partie du contrat : elles vous engagent.

Franchise et plafond : le calcul qui décide de tout

Imaginez le scénario : une étagère cède un samedi matin, douze assiettes en porcelaine se brisent. Valeur d'achat unitaire : 22 €, soit 264 € de stock détruit. Votre garantie casse prévoit une franchise de 250 € par sinistre. Résultat : vous touchez 14 €. La franchise a presque tout absorbé.

Ce mécanisme explique pourquoi la garantie casse ne « rembourse » pas la casse au quotidien. Elle est conçue pour les sinistres significatifs : un meuble entier qui s'effondre, une vitrine qui éclate sur une collection de cristal, une réserve inondée qui fait basculer des rayonnages. Pour la casse de routine, vous restez votre propre assureur.

ScénarioStock détruitFranchiseIndemnité
Carton de 6 verres54 €250 €0 €
Étagère d'assiettes264 €250 €14 €
Effondrement vitrine cristal3 200 €250 €2 950 €

S'ajoute un plafond annuel : au-delà d'un certain cumul d'indemnités sur l'année, l'assureur ne paie plus. Vérifiez que ce plafond est cohérent avec la valeur réelle de votre stock fragile, surtout si vous vendez des pièces de grandes maisons à forte valeur unitaire. Pour ces objets, une déclaration de valeur spécifique vaut mieux qu'un plafond global vite atteint.

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Casse en boutique, casse en réserve : deux risques à distinguer

Tous les lieux de casse ne se valent pas aux yeux de l'assureur. La casse en boutique, en présence du public, mêle votre risque propre et celui causé par les clients qui manipulent les pièces. La casse en réserve, elle, dépend presque exclusivement de votre organisation du stockage. Cette distinction a des conséquences concrètes sur la garantie mobilisée.

Lorsqu'un client fait tomber et brise une pièce qu'il manipulait, deux situations se présentent. Si la pièce était votre marchandise non encore vendue, c'est votre garantie casse de stock qui joue : le bien vous appartenait toujours. Si, en revanche, la chute d'une de vos pièces blesse le client ou abîme un bien lui appartenant, on bascule sur le terrain de la responsabilité civile, un autre contrat, une autre logique d'indemnisation.

En réserve, le sinistre est presque toujours rattaché à vos conditions de stockage. Un effondrement de rayonnage surchargé, des cartons empilés trop haut, un stockage au sol sans protection contre le dégât des eaux : autant de configurations que l'expert examine en premier. Quelques mesures réduisent nettement le risque et sécurisent l'indemnisation :

  • des rayonnages fixes et dimensionnés pour la charge réelle des pièces lourdes (plats, soupières, services complets) ;
  • des séparateurs et calages entre les pièces fragiles, conformes à ce qui a été déclaré ;
  • une hauteur d'empilement limitée pour les cartons de verrerie et de porcelaine ;
  • un stockage surélevé en zone sensible au dégât des eaux, afin de cumuler protection casse et protection inondation.

En clair, la prévention en réserve n'est pas qu'une bonne pratique logistique : c'est elle qui détermine si l'assureur paiera le jour où une étagère cède.

Comment éviter le refus d'indemnisation

Le jour du sinistre, l'assureur applique le contrat tel qu'il a été déclaré. Quelques réflexes en amont changent radicalement l'issue.

  1. Déclarez la vraie valeur de votre stock. Un stock fragile sous-déclaré entraîne la règle proportionnelle : si vous avez déclaré 30 000 € de stock pour 60 000 € réels, l'assureur n'indemnise que la moitié de chaque sinistre.
  2. Respectez à la lettre les conditions de stockage décrites dans votre contrat : type de rayonnage, hauteur d'empilement, séparateurs, protection en réserve. C'est le premier point que vérifie l'expert.
  3. Photographiez et inventoriez les pièces de valeur, services complets et collections de grandes maisons. En cas de litige, la preuve de la valeur vous incombe.
  4. Conservez les éléments brisés jusqu'au passage de l'expert : jeter les débris avant la constatation peut justifier un refus.
  5. Déclarez le sinistre dans les délais prévus, généralement cinq jours ouvrés, photos et facture d'achat à l'appui.

Pour bâtir une couverture qui colle à votre activité, l'assurance multirisque professionnelle reste le socle : elle combine la protection du local, du mobilier et l'option casse de stock. Et si la chute d'un objet blesse un client ou endommage le bien d'un tiers, c'est votre RC Pro qui prend le relais. Pour une vue d'ensemble des garanties propres à votre boutique, consultez notre page dédiée au magasin d'arts de la table.

Questions fréquentes

Non. C'est une garantie optionnelle qu'il faut demander expressément. Une multirisque standard couvre l'incendie, le dégât des eaux et le vol, mais pas spontanément le bris accidentel de marchandise fragile.

En principe au prix d'achat, c'est-à-dire votre coût de revient hors marge. Vous ne récupérez pas le bénéfice que la vente aurait dégagé, seulement ce que la pièce vous a coûté.

Souvent oui, car la perte d'une pièce rend l'ensemble du service invendable. Vérifiez toutefois la clause spécifique de votre contrat, qui peut limiter l'indemnité à la pièce brisée.

À cause de la franchise par sinistre, souvent de 150 à 300 €. Tant que le montant du stock détruit reste sous ce seuil, l'indemnité est nulle. La garantie vise les sinistres importants, pas la casse de routine.

L'assureur peut réduire ou refuser l'indemnité. Le mode de rangement déclaré fait partie du contrat : empilement non conforme, absence de séparateurs ou stockage au sol peuvent être considérés comme une négligence excluant la garantie.

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Article rédigé et vérifié par l'équipe Insurio — Tutassûr, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 22001730. Information à caractère général ne se substituant pas aux conditions de votre contrat.

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