Réglementation 27 juillet 2026 ⏱️ 8 min de lecture

Vitrine brisée, tags et départ de feu : 80 690 € de dégâts, 14 700 € restés à votre charge — pourquoi ?

Tags, vitrine brisée, incendie criminel : les réflexes des 48 premières heures, ce que la garantie vandalisme exige, et les vrais recours.

Par l'équipe Insurio Courtier responsable · ORIAS 22001730
⚡ L'essentiel
  • Pénalement, la dégradation d'un bien d'autrui est punie de 2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende (art. 322-1 al. 1 du Code pénal) ; les simples tags avec dommage léger, de 3 750 € d'amende et d'un travail d'intérêt général (art. 322-1 al. 2). L'incendie volontaire d'un local relève de l'art. 322-6 (10 ans et 150 000 €). Ces délits se prescrivent par 6 ans (art. 8 du Code de procédure pénale).
  • Le délai de déclaration du sinistre à l'assureur est fixé par le contrat mais ne peut jamais être inférieur à 5 jours ouvrés (2 jours ouvrés en cas de vol) — art. L.113-2, 3° du Code des assurances. Une clause de déchéance pour déclaration tardive n'est opposable que si l'assureur prouve que le retard lui a causé un préjudice.
  • Les fonds de garantie ne sont pas une solution pour une entreprise : la CIVI (art. 706-14 du CPP) et le SARVI (art. 706-15-1 du CPP) sont réservés aux personnes physiques, sous conditions de ressources ou après décision pénale définitive. Le FGTI n'indemnise que les dommages corporels des victimes de terrorisme (art. L.126-1 C. ass.) ; les dommages matériels relèvent obligatoirement de votre assureur de biens (art. L.126-2 C. ass.).
  • Deux délais à ne pas laisser filer : toute action contre l'assureur se prescrit par 2 ans (art. L.114-1 C. ass.) ; et lorsque les dégradations résultent d'un attroupement, l'État est civilement responsable (art. L.211-10 du Code de la sécurité intérieure), une créance soumise à la prescription quadriennale (loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968).

Les 48 premières heures : ce qui se joue avant même d'appeler l'assureur

Un rideau métallique forcé, une vitrine étoilée, une façade taguée sur douze mètres, parfois un départ de feu dans la réserve : la dégradation volontaire d'un local professionnel se découvre presque toujours le matin, à l'ouverture. Ce que vous faites dans les deux jours qui suivent pèse davantage sur le montant final de votre indemnité que la rédaction de vos conditions générales.

Trois réflexes, dans cet ordre.

  • Sécuriser sans effacer. Mettez le local hors d'eau et hors d'air (bâchage, panneautage, gardiennage si nécessaire), mais ne nettoyez rien et ne jetez rien avant d'avoir tout photographié, et si possible avant le passage de l'expert. Les débris et les traces sont des éléments de preuve, pour l'enquête pénale comme pour l'assureur.
  • Documenter immédiatement. Photographies datées poste par poste, export des enregistrements de vidéosurveillance le jour même (beaucoup de systèmes écrasent automatiquement les images au bout de 7 à 30 jours), coordonnées des témoins et des commerçants voisins, inventaire des marchandises détruites ou disparues, factures d'achat retrouvées.
  • Déposer plainte, puis déclarer. Le récépissé de plainte est la première pièce que réclame un gestionnaire de sinistre en vandalisme.
DémarcheDélaiFondement
Mesures conservatoires et constat photographiqueImmédiatBonne pratique (et obligation contractuelle de limiter le dommage)
Dépôt de plainteAucun délai propre, mais sous 24 à 48 h en pratiqueArt. 15-3 du Code de procédure pénale
Action publique (délit de dégradation)6 ans à compter des faitsArt. 8 du Code de procédure pénale
Déclaration du sinistre à l'assureurDélai du contrat, jamais inférieur à 5 jours ouvrés (2 jours ouvrés si vol)Art. L.113-2, 3° du Code des assurances
Action de l'assuré contre l'assureur2 ansArt. L.114-1 du Code des assurances
Réclamation contre l'État (dégâts d'attroupement)Prescription quadriennaleLoi n° 68-1250 du 31 décembre 1968
Une main courante n'est pas une plainte. Elle horodate une déclaration mais ne saisit pas le procureur de la République et ne déclenche aucune poursuite. En vandalisme, la quasi-totalité des contrats exige une plainte.

Déposer plainte : la qualification pénale change tout

Les faits ne se valent pas juridiquement, et la qualification retenue conditionne la vigueur de l'enquête, l'ampleur des dommages-intérêts que vous pourrez réclamer et, parfois, l'attention que votre assureur portera au dossier.

Fait constatéTextePeine encouruePrescription
Tags, inscriptions ou dessins sans autorisation sur une façade, avec dommage légerArt. 322-1 al. 2 C. pén.3 750 € d'amende et travail d'intérêt général6 ans
Vitrine brisée, mobilier et agencements détruitsArt. 322-1 al. 1 C. pén.2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende6 ans
Dégradations aggravées, notamment commises en réunionArt. 322-3 C. pén.5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende6 ans
Incendie volontaire du local (moyen dangereux pour les personnes)Art. 322-6 C. pén.10 ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende6 ans
Incendie ayant blessé une personneArt. 322-7 et suivants C. pén.Réclusion criminelle20 ans

Le dépôt de plainte est un droit opposable : les officiers et agents de police judiciaire sont tenus de recevoir la plainte d'une victime, quel que soit le lieu de commission de l'infraction, et de délivrer un récépissé (art. 15-3 du Code de procédure pénale). Une copie du procès-verbal doit vous être remise immédiatement si vous la demandez : demandez-la systématiquement, c'est elle qui décrit les faits matériellement constatés et qui vaudra bien plus qu'un simple récépissé devant l'expert.

La pré-plainte en ligne est possible pour les atteintes aux biens commises par un auteur inconnu ; elle ne dispense pas de se présenter ensuite pour signer. Si la plainte est classée sans suite, ou si elle reste sans réponse pendant trois mois, une société peut déposer plainte avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d'instruction (art. 85 du Code de procédure pénale) — une consignation est alors fixée. Lorsqu'une garantie protection juridique est souscrite, elle prend généralement en charge les honoraires d'avocat, avec liberté de choix du conseil (art. L.127-3 du Code des assurances).

Vandalisme, bris de glace, incendie : trois garanties distinctes dans un même contrat

L'erreur la plus fréquente consiste à parler d'« une » garantie vandalisme. Dans une multirisque professionnelle, une même nuit de dégradations mobilise en réalité plusieurs garanties, avec chacune ses limites, ses franchises et ses exclusions propres.

Dommage subiGarantie habituellement mobiliséePoint de vigilance
Vitrine, glace, enseigne lumineuseBris de glacesFranchise et plafond spécifiques ; les enseignes non déclarées sont fréquemment hors garantie
Tags et graffitis sur la façadeVandalisme / actes de malveillance, parfois via les embellissements extérieursSous-limite fréquente ; les dégradations en façade extérieure sont parfois exclues
Mobilier, agencements, matériel saccagésVandalisme, souvent adossée à la garantie VolLe respect des moyens de protection déclarés est généralement une condition de garantie
Incendie criminelIncendieL'origine volontaire ne fait pas obstacle à la garantie ; une enquête technique est fréquente
Marchandises et stocks détruitsContenu / marchandisesRègle proportionnelle si le capital déclaré est inférieur à la valeur réelle (art. L.121-5 C. ass.)
Arrêt ou ralentissement d'activitéPertes d'exploitation (option)Suppose un dommage matériel garanti ; franchise exprimée en jours
Dommages résultant d'un acte de terrorismeExtension légale obligatoireArt. L.126-2 C. ass. : tout contrat garantissant l'incendie doit couvrir ces dommages matériels
Émeutes et mouvements populairesExtension facultativeAucune obligation légale : souvent exclus par défaut, à négocier

Cette dernière ligne mérite d'être soulignée. La couverture des dommages matériels résultant d'un acte de terrorisme est imposée par la loi aux assureurs de biens. La couverture des émeutes et mouvements populaires, elle, relève de la seule liberté contractuelle : elle est très souvent exclue, ou plafonnée. Vérifiez ce point précis dans vos conditions particulières si votre local se situe sur un axe commercial exposé.

Cas pratique : 80 690 € de dégâts, 65 990 € d'indemnité, 14 700 € pour le commerçant

Boutique de prêt-à-porter, 95 m², centre-ville. Nuit du samedi au dimanche : rideau forcé, vitrine et enseigne détruites, façade taguée, agencements incendiés dans la réserve, stock partiellement détruit. Plainte déposée le dimanche matin, sinistre déclaré le lundi, expert mandaté le mercredi. Contrat multirisque commerce avec pertes d'exploitation, capital marchandises déclaré à 60 000 € alors que la valeur au jour du sinistre s'établit à 75 000 €.

PosteDommageTraitement contractuelIndemnitéReste à charge
Vitrine et enseigne5 400 €Bris de glaces, franchise 150 €5 250 €150 €
Nettoyage des graffitis2 300 €Sous-limite graffitis 1 500 €1 500 €800 €
Agencements incendiés24 000 €Vétusté 12 % non rachetée21 120 €2 880 €
Marchandises détruites31 000 €Règle proportionnelle 80 % (60 000 / 75 000)24 800 €6 200 €
Matériel de caisse et informatique3 800 €Valeur à neuf, matériel de moins de 3 ans3 800 €0 €
Franchise générale dommagesAppliquée une fois− 800 €800 €
Pertes d'exploitation (11 jours, marge brute 1 290 €/jour)14 190 €Franchise de 3 jours, 8 jours indemnisés10 320 €3 870 €
Total80 690 €65 990 €14 700 €

Le taux d'indemnisation ressort à 81,8 %. Le point décisif est ailleurs : sur les 14 700 € restants, 9 080 € — soit 62 % — ne proviennent ni de la franchise ni du vandale, mais de deux choix de couverture : un capital marchandises sous-évalué (6 200 €) et une vétusté non rachetée (2 880 €). Ces deux lignes se corrigent à la souscription ou lors d'un avenant, pour un surcoût de cotisation sans commune mesure avec le montant en jeu.

La règle proportionnelle de capitaux (art. L.121-5 C. ass.) n'est pas une sanction : sauf convention contraire, l'assuré qui a déclaré une valeur inférieure à la valeur réelle reste son propre assureur pour l'excédent et supporte une part proportionnelle du dommage. Un stock qui gonfle avant les fêtes suffit à déclencher le mécanisme.
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Ce que l'assurance couvre — et ce qu'elle exige de vous

Un sinistre vandalisme mal indemnisé est presque toujours un sinistre où une exigence a été confondue avec une simple recommandation. La distinction suivante mérite d'être posée noir sur blanc avant de discuter avec un gestionnaire.

ExigenceNatureConséquence si elle n'est pas respectée
Déclarer le sinistre dans le délai du contrat (≥ 5 jours ouvrés, ≥ 2 jours ouvrés si vol)Obligation légale — art. L.113-2, 3° C. ass.Déchéance possible, mais seulement si l'assureur démontre un préjudice causé par le retard
Déclarer exactement le risque et les capitauxObligation légale — art. L.113-2, 2° et L.113-9 C. ass.Réduction proportionnelle de l'indemnité en cas d'omission ou d'inexactitude non intentionnelle
Ne pas provoquer intentionnellement le sinistreObligation légale — art. L.113-1 al. 2 C. ass.Aucune garantie pour la faute intentionnelle ou dolosive de l'assuré
Fournir le récépissé ou le procès-verbal de plainteExigence contractuelle quasi systématiqueIndemnisation suspendue tant que la pièce n'est pas produite
Maintenir les moyens de protection déclarés (serrures, rideau, alarme, télésurveillance)Exigence contractuelleNon-garantie ou réduction d'indemnité selon la clause ; c'est souvent une condition de la garantie Vol/Vandalisme
Conserver les biens endommagés jusqu'au passage de l'expertExigence contractuelleDifficulté de preuve, chiffrage revu à la baisse
Exporter la vidéosurveillance le jour mêmeBonne pratiquePerte d'un moyen de preuve décisif pour l'enquête et l'expertise
Tenir un inventaire de stock daté et des factures d'agencementBonne pratiqueChiffrage contesté, délais d'instruction allongés

Un mot sur la déchéance : elle est souvent brandie, rarement acquise. Le dernier alinéa de l'article L.113-2 du Code des assurances impose à l'assureur, lorsqu'une clause de déchéance pour déclaration tardive existe, d'établir que le retard lui a causé un préjudice. Elle ne peut pas non plus être opposée lorsque le retard résulte d'un cas fortuit ou de force majeure. Si votre déclaration a été faite avec quelques jours de décalage, la discussion reste ouverte. Sur les points de couverture propres aux murs, aux agencements et aux aménagements pris à bail, reportez-vous à ce qui distingue les garanties applicables aux locaux professionnels.

Fonds de garantie, État, auteur : qui peut réellement payer le reste ?

C'est le point sur lequel circulent le plus d'idées fausses. Les dispositifs publics d'indemnisation des victimes d'infractions existent, mais ils n'ont pas été conçus pour les entreprises.

Voie de recoursOuverte à une société ?Ce qu'elle permetTexte
Garantie vandalisme / incendie de la multirisqueOuiIndemnisation des dommages garantis, sous déduction des franchises et limitesContrat et Code des assurances
Action civile contre l'auteur identifiéOuiRéparation intégrale du préjudice prouvé, y compris ce que l'assureur n'a pas pris en chargeArt. 2 et 85 du CPP
SARVI (aide au recouvrement)NonRéservé aux personnes physiques constituées partie civile, après décision définitiveArt. 706-15-1 du CPP
CIVI (commission d'indemnisation)NonRéservé aux personnes physiques, sous condition de ressources et de situation grave, indemnité plafonnéeArt. 706-14 du CPP
FGTI, volet terrorismeNon pour les biensIndemnise les dommages corporels des victimes ; les dommages matériels relèvent de l'assureurArt. L.126-1 et L.126-2 C. ass.
Responsabilité civile de l'État (attroupement)OuiDommages résultant de crimes et délits commis à force ouverte ou par violence par un attroupementArt. L.211-10 du Code de la sécurité intérieure

À retenir : aucun fonds de garantie n'indemnisera votre société pour un local dégradé. La CIVI et le SARVI visent les personnes physiques ; le FGTI, en matière de terrorisme, prend en charge le corporel, tandis que les dommages matériels sont obligatoirement couverts par votre assureur de biens dès lors que votre contrat garantit l'incendie.

Reste la voie de l'attroupement, méconnue et parfois décisive lors de nuits d'émeutes urbaines. L'État est civilement responsable des dégâts causés par des attroupements ou rassemblements, armés ou non. Le contentieux relève du juge administratif, et la créance est soumise à la prescription quadriennale des créances publiques. Deux réserves : le juge écarte régulièrement l'indemnisation lorsque les dégradations procèdent d'une action préméditée d'un groupe organisé plutôt que d'un véritable attroupement ; et si votre assureur vous a déjà indemnisé, il exerce lui-même ce recours par subrogation (art. L.121-12 C. ass.) — vous ne pouvez réclamer que votre reste à charge.

Après le sinistre : franchise, cotisation, résiliation — les règles applicables aux pros

Un sinistre lourd ouvre presque toujours une seconde négociation, quelques mois plus tard, au moment de l'échéance. Là encore, le régime professionnel n'est pas celui des particuliers.

  • Résiliation à l'échéance annuelle : article L.113-12 du Code des assurances, avec un préavis de deux mois. C'est la voie de droit commun pour une entreprise.
  • Changement de situation ou cessation d'activité : l'article L.113-16 permet une résiliation lorsque l'événement modifie le risque garanti, la demande devant être formée dans un délai de trois mois suivant l'événement, par lettre recommandée. La portion de cotisation correspondant à la période non courue est restituée (art. L.113-3).
  • Résiliation après sinistre par l'assureur : possible uniquement si une clause du contrat le prévoit (art. R.113-10 C. ass.) ; l'assuré peut alors résilier ses autres contrats souscrits auprès du même assureur dans le délai fixé par ce texte.
  • Ce qui ne s'applique pas : la résiliation infra-annuelle dite « loi Hamon » (art. L.113-15-2 C. ass.) vise les personnes physiques en dehors de leur activité professionnelle. Le droit de rétractation de quatorze jours issu du Code de la consommation ne concerne pas davantage un contrat souscrit pour les besoins de l'entreprise. Un contrat professionnel se résilie à l'échéance, sauf cas particuliers prévus par la loi ou par le contrat.

Deux vigilances pour finir. D'abord le délai : toute action dérivant du contrat se prescrit par deux ans (art. L.114-1 C. ass.). Ce délai s'interrompt notamment par une lettre recommandée avec accusé de réception relative au règlement de l'indemnité, par la désignation d'un expert ou par une citation en justice (art. L.114-2). Si une discussion s'enlise sur le chiffrage, écrivez en recommandé plutôt que de relancer par courriel.

Ensuite l'après-coup : la franchise n'a rien d'un montant légal en vandalisme, elle est purement contractuelle et donc négociable, tout comme la sous-limite « graffitis », le rachat de vétusté ou la franchise en jours des pertes d'exploitation. Le cas pratique ci-dessus le montre : l'essentiel du reste à charge se décide au moment de la souscription, pas au moment du sinistre. Faire réexaminer ses capitaux tous les douze à dix-huit mois, en tenant compte de l'évolution du stock et des travaux d'agencement réalisés, reste le levier le plus rentable.

Questions fréquentes

Une main courante ne vaut pas plainte : elle horodate une déclaration mais ne saisit pas le procureur. La plupart des contrats subordonnent le règlement d'un sinistre vandalisme à la production d'une plainte. Retournez déposer plainte : les services de police et de gendarmerie sont tenus de la recevoir quel que soit le lieu de l'infraction et de vous délivrer un récépissé (art. 15-3 du Code de procédure pénale). Demandez en outre une copie du procès-verbal, qui décrit les faits constatés. Le dépôt tardif n'est pas rédhibitoire en lui-même : ce qui compte, c'est la date de votre déclaration à l'assureur, et une déchéance pour déclaration tardive ne peut vous être opposée que si l'assureur prouve un préjudice (art. L.113-2 C. ass.).

Cela dépend de la rédaction de votre garantie. Beaucoup de contrats rattachent le vandalisme à la garantie Vol et exigent une effraction ou une intrusion dans les locaux : dans ce cas, un graffiti sur la façade extérieure, réalisé depuis la voie publique, n'est pas garanti. D'autres prévoient une garantie « actes de malveillance » autonome, ou une extension « embellissements extérieurs », presque toujours assortie d'une sous-limite de quelques centaines à quelques milliers d'euros. Vérifiez dans vos conditions particulières la rubrique consacrée aux dégradations extérieures et le montant de la sous-limite. Si votre local est régulièrement tagué, faire relever cette sous-limite par avenant coûte généralement peu.

Prudence : les dégradations commises par un préposé, un salarié ou une personne vivant sous le même toit que l'assuré font l'objet d'une exclusion très fréquente dans les garanties Vol et Vandalisme. La question se déplace alors sur le statut de la personne au moment des faits : un salarié licencié dont le contrat était rompu, entré par effraction hors de tout cadre professionnel, n'est plus un préposé. Communiquez à l'assureur la date de fin de contrat, les modalités d'entrée dans les locaux et le procès-verbal de plainte. Si l'exclusion est finalement opposée, le recours civil contre l'auteur, engagé au pénal par constitution de partie civile, reste ouvert.

Non, pas immédiatement, sauf clause spécifique. Pour un contrat professionnel, le régime applicable est celui de l'article L.113-12 du Code des assurances : résiliation à l'échéance annuelle, avec un préavis de deux mois. La résiliation infra-annuelle dite « loi Hamon » (art. L.113-15-2) est réservée aux personnes physiques hors activité professionnelle et ne vous est pas ouverte, pas plus que le droit de rétractation de quatorze jours du Code de la consommation. En revanche, si votre contrat comporte une clause de révision de cotisation, vérifiez si elle ouvre une faculté de résiliation en cas de majoration. Et si l'assureur résilie lui-même après sinistre (art. R.113-10), vous pouvez résilier vos autres contrats souscrits auprès de lui dans le délai prévu par ce texte.

Non. Le SARVI (art. 706-15-1 du Code de procédure pénale) comme la CIVI (art. 706-14 du même code) sont réservés aux personnes physiques ; une société ne peut pas les saisir pour des dégradations subies par son local ou son stock. Le FGTI, en matière de terrorisme, indemnise les dommages corporels, tandis que les dommages matériels de l'entreprise relèvent obligatoirement de votre assureur de biens (art. L.126-2 C. ass.). Concrètement, votre reste à charge se traite sur trois fronts : ajuster les garanties pour l'avenir (capitaux, rachat de vétusté, sous-limites), poursuivre l'auteur au civil même si le recouvrement est incertain — un titre exécutoire reste valable plusieurs années —, et vérifier si les faits s'inscrivent dans un attroupement, auquel cas la responsabilité civile de l'État peut être recherchée devant le juge administratif (art. L.211-10 du Code de la sécurité intérieure).

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Article rédigé et vérifié par l'équipe Insurio — Tutassûr, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 22001730. Information à caractère général ne se substituant pas aux conditions de votre contrat.

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